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de la terre Tusage de ses proportions imposantes, de ses amples ou massives décorations. Munich n'a alors ni une aristocratie assez opulente, ni une bourgeoisie assez riche pour que des constructions privées s'inspirent

Résidence. Salle des glaces des a Riches appartements ».

des modèles donnés par Maximilien T' ou Ferdinand-^laria. L'art du XVIII' siècle comporte moins de grandeur : il s'accommode des petits espaces, et même les recherche ; il s'amenuise ; il sait donner la mesure de sa finesse et de sa virtuosité jusque dans un bibelot. Les princes eux-mêmes.

à côté de leurs vastes palais, édifient dans leurs parcs des pavillons plus intimes, commelsL Pûgodenburgyla, Badenburg, VAmalienburgde^ymphenbourg. Ce style condescend aux fantaisies du particulier : aussi verrons-nous s^élever à Munich au xviii* siècle tout un quartier d'hôtels élé-

Résidence. Cabinet des miniatures des « Riches appartements > .

gants, de maisons jolies, dont le nombre diminue malheureusement chaque jour mais dont quelques-unes subsistent, surtout dans la Theatinerstrasse et la Promenadenstrasse. Le palais du comte Torring Guttenzell, élevé par Cuvillier, dans la Residenztrasse, élégant et sobre, abrite aujourd'hui la Poste centrale, et a été flanqué au début du xix* siècle, d'une colonnade sur le Max-Josephplatz, qui rappelle l'Hôpital des Innocents de

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Florence. De Cuvillier également est Tancien palais Porcia, Promenadenstrasse, déparé aujourd'hui par deux magasins qui ont é ventre son rez-de chaussée. Le palais des comtes de Preysing, construit par Effner en 1740 présente sur la Residenzstrasse et la Theatinerstrasse deux façades fort élégantes surmontées d'un fronton soutenu par quatre pilastres, et dont le champ renferme les armes de la famille. L'ornementation des fenêtres

Salle du Resideu:^-Ti)€ater,

offre la plus amusante variété qui va des motifs héroïques où le casque paraît toujours être, au xviii" siècle, celui que Mars vient d'abandonner aux pieds de Vénus, jusqu'aux frontons circonflexes qui nous parlent de pagodes et de chinoiseries. La conversion de cette aimable demeure en Banque hypothécaire, et la construction sur son flanc de la Felàhcrrnhallc (1844) lui ont fait quelque tort, sans la dépouiller de son charme. D'une élégance non moins fine, mais plus discrète, sont l'ancien palais Piosasque de Non, et surtout l'ancien palais Konigsfeld, aujourd'hui palais archiépiscopal, sur la Promenadenstrasse. Le motif le plus remarquable, sur la façade de celui-ci, est l'encadrement des fenêtres du rez-de-

chaussée, qui se noue et repart en sens inverse pour comprendre dans ses boucles les lucarnes rondes de Tentresol, comme en un jeu d'une aisance et d'une fantaisie exquise. C'est aussi une œuvre de Cuvillier.

Plus d'une maison, de proportions moindres, mais ornée avec grâce,

Ancien hôtel du comte de Preysing (taçade sur la Residenzstrassc)

se rencontre encore dans les Weinstrasse, Theatinerstrasse , Prannerstrasse, pour témoigner du goût que l'art français avait alors implanté à Munich.

En revanche, depuis ledernier tiers du xviiT siècle jusqu'à l'année 1810 ou 18 15, le mouvement artistique fléchit et semble même presque arrêté à Munich. L'électeur Karl-Theodor (1777-1799), prince palatin, appelé au

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trône de Bavière par la surprise des conjonctures dynastiques, se regardait comme en exil à Munich; songeant même à échanger la Bavière, avec l'Autriche, contre un pays plus voisin de son cher Palatinat, il fit peu pour l'ornement de Munich. La longue « galerie » qui limite au nord le

Palais archiépiscopal (ancien hôtel Konigsfeld).

jardin de la Cour s'éleva en 1779 : les fresques en grisailles qui la décoraient à l'extérieur, sur la Galleriestrasse, ont aujourd'hui disparu. Une restauration du Neuhauserlor, connu depuis sous le nom de Karlstor, et l'arrangement d'une place semi-circulaire devant cette vieille porte, remontent aussi au règne de Karl-Theodor, dont le soin le plus sage.

pour Tavenir de sa capitale, fut de décider en 1791 que les fortifications en seraient démolies, les murs rasés, et les fossés comblés. Pour le reste, les constructions publiques ou privées de cette époque perdent rapidement tout caractère : c'est comme un triste automne où Von voit tomber les gais feuillages de la saison luxuriante qui a fait fleurir le rococo.

Ancien hôtel Porda [Muséum),

La Glyptothèque.

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