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CONCLUSION

toutes choses, le beau ou le bon côté : la leçon d'histoire, à Munich, devient ainsi une délicieuse leçon d'optimisme.

Et puis Munich, avec ses monuments discutables, a des jardins nombreux et magnifiques. Le Jardin Anglais n'a pas pour seul mérite d'être un vaste et libre parc : il a donné à Munich, jadis chauve entre ses vieux murs, l'amour des arbres. Grâce à lui, la ville est devenue verdoyante et fleurie. La rive droite de l'Isar, d'un faubourg à l'autre, n'est plus qu'un long jardin accidenté. Rentrant dans la ville même nous pouvons

Cliché lie M. Paul Sacha.

Villa du Baron de Freyberg Schûtz. (Carolinenplatz, au coin de Barcrstrasse.)

la traverser presque tout entière à l'ombre des arbres. Après le somptueux et naturel Jardin Anglais, ce sont immédiatement les parterres corrects du Jardin de la Cour, ses soigneuses guirlandes de verdure, ses cordons de feuillages, ses sages plates-bandes, ses bordures bien tondues. A peine quelques pas et vous joignez l'ancien glacis, qui s*est partout planté : c'est le Maximiliansplatz, jardin que d'autres jardins rejoignent à ceux d'Ottostrasse. Jardins aussi les terres-pleins du Karlsplatz, où s'ouvre le Jardin Botanique, et ceux de la Sonnenstrasse qui lui fait suite, avant de s'épanouir elle-même en un jardin plus grand, entre le Sendlingertor et rilôpital général, tout près de ce vaste espace de nature qu'est la Thcresienwiese^ siège de l'imposant Temple de la Gloire et de la rabelài-

sienne fête d'Octobre. Et sous ces arbres jaillit l'eau de fontaines, décoratives ou burlesques, XeWittelsbacherbrunnen, leGermanenbrunnen, le Brunnenbuberî. Ailleurs les arbres et les gazons concourent à Teôet des édifices, pour les rehausser, parfois en les corrigeant : le Kônigsplatz, avec ses trois monuments grecs, dont les arêtes reposent sur des coussins de verdure, en est le meilleur exemple. Pareillement, les deux rues, Briennerstrasse et Ottostrasse, malgré la diversité de leurs façades, auraient l'aridité de Ludwigstrasse, si une bordure de jardinets n'y venait mettre le caprice de ses frondaisons et de ses fleurs. Sur certaines maisons, un tapis de plantes grimpantes, vigne vierge ou treille, devient partie intégrante de la décoration extérieure : témoin la jolie villa du baron Alfred de Freyberg-Schùtz, au coin de Carolinenplatz et de Barerstrasse. Demain l'austère place Wittelsbach s'assouplira de quelques plates-bandes et arbustes. A voir ta^nt de jardins, tant d'arbres, tant de verdures riantes autour et au milieu même de leur ville, les munichois ont pris pour les fleurs un goût très "vif, encouragé avec raison par l'autorité municipale. Aux balcons les plus luxueux comme aux fenêtres modestes de certains vieux quartiers, c'est une profusion de fleurs : géraniums et fuchsias jettent leurs taches vives sur la blancheur des façades. Quelques aspects villageois — chaque année plus rares — subsistent encore dans les faubourgs de l'Au et de Schwabing : telle la petite place du Kirchbcrg. Ainsi Munich, ville d'art, sait être aussi une ville de nature. Enfin, pourquoi ne pas dire la simplicité de ses mœurs, cette bonhomie et cette cordialité qui, au sens propre du terme, courent les rues. En devenant une grande ville, Munich a su conserver son calme placide et sa bonne humeur; mais sous cette avenante rondeur perce une pointe de fantaisie aimable qui n'est ni la sèche blague berlinoise, ni l'épaisseur saxonne, ni la nonchalance viennoise. La Bavière est un pays de nerveux, comme la famille même des Wittelsbach, qui règne sur elle : chez les plus sains et les plus pacifiques de ses enfants, il n'est pas rare de rencontrer ce grain d' « originalité » d'où germe l'humour. Ce caractère impalpable assure à Munich l'harmonie des contraires et lui permet d'être la ville des Musées, mais celle aussi des ripailles et beuveries, celle où, à la saison wagnérienne du Prinz-Regententheater et aux deux salons du Glaspalast et de la Sccession, succède l'exubérante fête d'Octobre, avant les familiales réjouissances de Noël et les folies funambulesques du Carnaval. Et ce n'est point déroger, en somme, pour une ville d'arts, que d'être celle où l'on pratique le mieux le premier de tous : l'art de vivre.

Ciictié do M.Paul âacht.

Angle de Otlostrasse et Briennerstrasse.

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