CHAPITRE PREMIER
LE MOYEN AGE
Fondation de Munich: première et seconde enceintes; les tours; les quartiers. — ^-architecture privée : la Maison Gollir; architecture publique : l'Hôtel de Ville, la Vieille Résidence; architecture religieuse ; églises Saint-Pierre, du Saint-Esprit, Notre-Dame [Friiuciikirclic], de la Croix et du Sauveur.
Il n'est pas un étranger, particulièrement un Français, que le premier aspect de Munich ne déconcerte, et, pour tout dire, n'indispose. Parmi tant de monuments divers, il ne songe à remarquer d'abord, pour les railler, que les pastiches et les disparates, celles-ci étant une conséquence de ceux-là. Il s'égaye à voir ainsi rapprochés le portique grec des Propylées et la bâtisse florentine de la Résidence ; à retrouver ici une copie de la Loggia dcL Lan\i, et plus loin un amalgame des palais Rucellai et Pitti ;
il sourit encore de découvrir la basilique romaine de Saint-Boniface tour- •'
nant le dos au temple grec de la « Sécession » qui lui-même fait face à cet '
autre temple hellénique : la Glyptothèque. Quoi ! c'est là Munich, cette ■
ville tant vantée : un musée de moulages de l'architecture 1 Parcourt-il les ;
rues de la vieille ville, il blâme les surcharges dont le zèle allemand a pu
encombrer le rococo à l'église de Saint-Jean-Népomucène; à contempler !
la masse nue et sévère de Téglise Notre-Dame {Fraiienkirche) il s'étonne ^
que Tart gothique, si somptueux à Reims, à Strasbourg, puisse être ici
tellement dépouillé ; les portes mêmes de l'ancien Munich, Tlsartor, le * •
Sendlingertor, le Karlstor, privées de leurs tours, de leurs barbacanes, de
leurs mâchicoulis, lui semblent chétives et rapiécées auprès de la cein--
ture intacte de Rothenbourg ou des fortifications massives du vieux
Nuremberg. Et partout, ce badigeon couvrant les briques pour imiter la
pierre, ce badigeon d'abord savonneux, qui bientôt se ternit, se crève, se •
fend, se soulève en plaies lamentables, et qu'il faut rafraîchir d'âge en \
âge, fard sordide et instable quand on le compare à la patine dont nos [
soleils savent cuire et pénétrer nos pierres. !
Or, pour peu qu'il y séjourne quelques semaines, parfois quelques jours seulement, pas un étranger — et celui-là même qui d'abord aura le plus raillé ou le plus décrié Munich — ne quitte cette ville sans esprit de retour et sans un attachement profond auquel tout contribue alors de ce qui avait pu offusquer son premier regard. Mystérieuse CQnquête, dont on ne sent les chaînes qu'une fois fermées, et seulement à leur douceur ! La vie de Munich, si simple, si cordiale et si variée, où le travail est si facile et le loisir si largement distribué, où l'intelligence et le goût reçoivent tant de satisfactions sans que rien surmène ou irrite les nerfs, où les attraits d'une capitale ont à peine compromis un calme provincial, cette vie harmonieuse ne suffit pas à expliquer une pareille conversion, et si infaillible. L'aspect même de la ville, le caractère de ses rues, les images de ses monuments y collaborent : effet ou cause, peu importe; l'un et l'autre sans doute. Les disparates s'accordent, ou s'opposent en contrastes amusants ; les pastiches s'animent d'une vie individuelle et presque originale. Dans leur , variété, qui avait pu surprendre d'abord l'arrivant, le promeneur familier reconnaît et admire l'unité d'un effort qui s'est perpétué d'âge en âge, soit dans la dynastie régnante des Wittelsbach, soit dans les familles nobles, soit dans la bourgeoisie et parmi les artistes, pour créer d'abord, pour orner ensuite et rendre chaque jour plus aimable une des villes où l'Europe moderne peut le mieux trouver l'exemple de la civilisation intégrale.
Essayant de dégager et de caractériser les différentes stratifications qui composent, pour ainsi dire, le sol artistique de Munich, ce petit livre qui ne veut pas être un guide et ne peut pas être une histoire, remplirait son objet s'il facilitait à quelques-uns cette acclimatation nécessaire à Munich, après laquelle chacun de nous a mieux connu le bonheur de vivre. Peutêtre permettra- t-il, par surcroît, de comprendre comment Munich, à essayer ainsi tous les arts et tous les styles, est devenu au xix* siècle Técole et
Cliché de M. Paul Sachs.
Vieilles maisons sur Tlsar.
comme le laboratoire du goût allemand, et comment ainsi cette ville d'art, de toutes celles qui a le plus emprunté au passé, est une de celles qui promettent le plus à l'avenir.
L'origine de Munich est relativement récente, et digne de prendre place parmi les exploits de quelque Tyl Eulenspiegel.
Au XII' siècle les évêques de Fohring possédaient depuis deux cents ans, sur un pont de l'Isar, un dépôt de sel et un octroi auquel se trouvaient soumis, pour le plus grand profit de la mense épiscopale, tous les convois marchands qui, de Reichenhall, se rendaient en Bavière, en Franconie, en Souabe, et de là jusqu'en Bourgogne. Le duc de Bavière, Henri
le Lion, prétendit voir dans ce privilège des évêques une atteinte à sa souveraineté et essaya d'en négocier la reprise avec Tévêque de Fôhring. Devant la résistance du prélat, il recourut aux grands moyens, attaqua Fohring à main armée, emporta d'assaut le château épiscopal, le ruina, et détruisit le pont : cela se passait vers 1 156 ou 1157. Remontant Tlsar, le duc victorieux chercha ensuite un endroit favorable pour y construire un nouveau pont et y établir, cette fois à son bénéfice, un nouvel octroi.
Ulsartor en 181 2.
Il se décida pour la place où une route, venant elle aussi de Reichenhall, conduisait au vieux bourg d'Haidhausen et où convergeaient vers un pont de risar deux autres routes, celles de Sendling et de vSchwabing. L'évèque de Fôhring en appela vainement à la justice de l'empereur Frédéric Barberousse : celui-ci, par un jugement du 14 juin 1158, confirma le duc Henri dans le droit de la force, moyennant une redevance à l'évèque dépossédé.
Ce décret de Frédéric Barberousse peut donc être regardé comme l'acte de naissance de Munich, ou comme la reconnaissance de cet enfant illégitime, né d'une violence. Dans ce document, le Miinchcn d'aujourd'hui porte déjà le nom de Villa Munichen. Pendant sept cents ans on a relié sans scrupules au mot Mônch (moine) l'étymologie du nom de Mûnchen^ que
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le célèbre historien bavarois Aventinus ou Aventin écrit même expressément Monchen. Il appartenait à Térudition imaginative de la philologie allemande moderne d'anoblir le nom de Munich, ou du moins de s*y évertuer : en 18 14, au début de cette période antiquisante à laquelle Munich devra la Glyptothèque, les Propylées et d'autres monuments helléniques, Lipowsky, dans ses Urgeschichtcn dcr Stadt Miinchcn, s avisant à la fois que Munich située au bord de l'Isar (qui du reste n'y est point navigable) avait dû ou pu être un port fluvial, et que jadis une partie du port d'Athènes s'appelait ;jLO'jviyia, trouva que c'était assez pour faire de
Ulsartor (état actuel).
Munich une fille de Pallas. En 1838, le D' Heinrich Wolf, dans son Ortsgeschlchte von Mûnchen^ chercha dans le mot latin municipium l'origine du mot Miinchcn : la Bavière n'est-elle pas riche en débris de l'époque romaine? Mais sept ans plus tard, en 1845, dans VUrkundiiche Chronik der Stadt Miinchcn, Wolf lui-même renonçait à son explication trop ingénieuse et trop fragile. Désormais le nom allemand de Munich reste attaché par un indestructible lien au nom du moine que la ville porte dans ses cachets.
Ce moine apparaît sur les premiers sceaux de la ville, dès 1239. On l'y retrouve en 1313, en 1356, en 1478, en 1559, en 1613, en 1778, en 1835, soit orné d'une mystique auréole, soit, plus souvent, coiffé d'un bon petit capuchon. Dans sa main gauche, il tient un livre sacré, décoré d'une croix : sa main droite, qui se lève dans un geste de bénédiction, porte
parfois une clef. Faut-il rappeler qu'à ces deux attributs pieux, l'humour munichois substitue volontiers dans les mains de son patron familier deux objets d'ordre plus temporel et de caractère plus local, le radis noir ventru, allumeur de la soif, et pour éteindre cette soif, qui sans cesse se ravive, la grise cruche de bière. Si le moine parlait, il ne dirait pas Amcfit mais Prosit !
Aile Schuld ràcht sich anf Erden ; sept siècles avant que Gœthe le proclamât, Henri le Lion, duc de Bavière, s'en était avisé. Craignant un
Musée municipal et collection Maillinger (ancienne maison Gollir),
retour de fortune, et pour protéger la ville nouvelle contre le droit du plus fort, il la munit de tours, reliées entre elles par des murs peut-être, plus probablement par des fossés. De ces tours une seule subsiste, reconstruite d'ailleurs au xv** siècle, soit après l'incendie de 141 8, soit après celui de 1460, modernisée en 1 863-1 864 par l'architecte Zenetti, rafraîchie encore en 1896: c'est l'ancienne Thalburg ou Thalbrucktor, qui fait corps aujourd'hui avec l'ancien Hôtel de Ville, et dont les guichets sombres relient le Marienplatz au Rindesmarkt. Les autres portes ne demeurent que dans le souvenir des historiens et dans des inscriptions ou peintures sur la façade des maisons construites à la place qu'elles occupaient; telles sont la maison Ruffini, l'hôtel d'Angleterre, le bâtiment de la Police, et la maison qui, dans Kaufingerstrasse, a remplacé la « Belle
LE MOYEN AGE
Tour ». Si les tours (hormis un fragment du Lœwenturm enchâssé dans le Kaiserludwigpassage), ont disparu, Tenceinte elle-même, qui comprenait à peine quelques centaines de pas dans chaque dimension, est recon-
Le Vieil Hôtel de Ville^ vu du Marienplatz.
naissable, soit à vol d'oiseau, soit sur un plan de la ville, en relief, tel que celui de Sandtner (1570) conservé au Musée National. Elle suivait les rues actuelles du Fàrbergraberiy du Rosenthal, suivait le Victtialienmarkt, pour rejoindre le Plat^l^ où s'élève la Brasserie de la Cour, puis regagnait le Hojgraben actuel, suivait les Schramier et Sch'àfflcrstrassen. Ce premier noyau de Munich a conservé non seulement ses linéa-
lO
ments externes, mais les voies principales qui le divisaient en quatre quartiers et forment le Marienplatz d'aujourd'hui.
Mais la ville déborda cette enceinte originaire qu'il fallut remplacer, au début du xiV siècle, par une seconde ceinture, concentrique à la pre-
Le Vieil Hôtel de Ville. Salle gothique.
mière, et qui devait borner Munich jusqu'à l'année 1791, époque où elle fut détruite pour permettre de tracer à sa place les SonncnstrassCy Blunienstrasse d'un côté, et de l'autre la Bricnncrstrasse, le Maximiliansplat^ et le Karlsplat^. Rien ne reste de ses murs, hormis, semble-t-il. quelques fragments dans la Jungfernturmstrasse où s'élevait la tour des supplices, renfermant cette vierge d'acier dont les pointes perçaient la chair des condamnés. Mais trois portes sont encore debout, la porte de l'Isar [Isartor) celle de Sendling {Scndlingertor) et le Karlstor, Elles ne
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ressemblent plus guère à ce qu'elles furent : elles ont souffert de cruelles mutilations, et des restaurations indiscrètes. La mieux conservée et conséquemment hélas ! la plus retouchée, est l'Isartor : elle a encore sa tour centrale, ses deux petites avant-tours, sa fausse-braie, mais les frises dont Taflubla en 1833-35 l'architecte Gartner, la fresque où le peintre Neher a représenté le cortège de Louis le Bavarois après la bataille d'Ampfing,
Salle du Vieil Hôtel de Ville. Danseurs (figurines de bois).
les deux statues enfin dont Eberhard a flanqué le guichet central, ont converti ce moignon de forteresse en décor d'opéra-comique. Pour le Karlstor, c'est autre chose : une explosion de poudre l'a décapité de sa tour en 1857; dans ces dernières années, on l'a englobé dans un hémicycle de hautes maisons blanches, qui le dépassent, l'écrasent, et l'éclipsent presque. La pauvre vieille porte, vénérable, surannée et refaite, n'est plus qu'une aïeule ratatinée qu'on a fait « entrer dans la ronde » . La porte de Sendling, plus isolée, et ombragée, avec ses briques nues, a moins souffert de la restauration à laquelle la soumit, en 1860, l'adroit Zenetti. Telle était l'enceinte définitive de Munich, tels en "sont les restes. A
l'intérieur de ces murs, la ville était pauvre et sale, avec des maisons de bois à galeries extérieures, comme on en trouve encore, quoique plus récentes, dans les quartiers de Schwabing et de TAu. Les toits étaient de chaume et le fumier croupissait devant les portes. De nombreux et violents incendies — le plus terrible détruisit, en 1327, une moitié de la ville — firent adopter Tusage des briques pour la construction des murs, et des tuiles pour la couverture des toits. Ces maisons formaient des rues étroites et sans alignement, mais les voies principales de la première
Ulicbé de M. Paul Saclii.
Cour de l'ancienne Résidence [AlUr Hof).
enceinte, prolongées plus tard jusqu'aux limites de la seconde, y déterminèrent quatre quartiers dont la figure, aujourd'hui encore, subsiste dans le plan de la ville, et le nom dans l'usage courant : ce sont VAngervlertel, le Hackenviertely le Kreu^viertcl et le Graggcnaucrvicrtel . Un seul monument privé de cette époque obscure et pauvre reste encore debout, la maison GoUir qui, construite en vraie pierre, a pu survivre. C'est une construction rude, massive, fruste, mais non sans caractère. Les fenêtres ogivales de son rez-de-chaussée un peu enfoncé, les tourelles aux flèches aiguës qui ornent ses angles, disent son âge. Il est bon que cette antique demeure bourgeoise, la plus vieille peut-être de Munich, abrite aujourd'hui le Musée Municipal et la « collection Maillin-
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ger w, où s'inscrit, comme en notre Musée Carnavalet, l'histoire de la ville. La vénérable bâtisse a trouvé là une retraite digne de sa vieillesse, sûre maintenant d'être respectée, et les souvenirs du vieux temps gardent mieux qu'ailleurs, entre des murs si éprouvés, leur précieux bouquet d'ancienneté.
Du moyen âge datent encore les parties anciennes de l'Hôtel de Ville, et les premiers bâtiments de la Résidence ducale, désignés aujourd'hui
Le '• Marché aux Victuailles » l'église Saint-Pierre et le Vieil Hôtel de Ville.
sous le nom de Vieille Cour {Al ter Ho/). Munich avait été doté, dès le commencement du xiv^ siècle, d'un Hôtel de Ville [Rathaiis) qui, incendié plusieurs fois, fut reconstruit de 1470 a 1474 par Jorg Ganghofer, contre le Thalburgtor. Ce sont les bâtiments qui comprennent aujourd'hui la grande salle gothique, et les archives municipales avec l'état civil. Sa façade ouest, donnant sur le Marienplatz, subit au xviii* siècle une restauration terrible : en 1778, le peintre Demmel la peignit en camaïeu jaune, l'orna de pilastres, de guirlandes de fleurs et de fruits, et d'une statue représentant Otto de Wittelsbach, duc de Bavière. En 1863, l'architecte Zenetti lui rendit un aspect de style avec un pignon à degrés, orné de flèches
et de tourelles pointues. Lorsque, quelques années plus tard, on construisit sur un autre côté de la même place un nouveau Rathaus, c'est le style
gothique de Zenetti qui fournit le motif dont s mspira l'architecte,
M. von Hauberrisser, pour donner à la place entière un aspect homogène. C'est ensuite, de 1903 à 1905, à ce spécimen de gothique de troisième cuvée que le même architecte se conforma, très librement, pour mener les
bâtiments du Rathaus jusqu'à l'extrémité de la place. Ainsi, un monument dont il ne reste aujourd'hui peut-être pas une pierre datant de sa fondation, a déterminé l'aspect néo-gothique de la place la plus centrale et la plus populaire de Munich. A Munich, la tradition tient lieu volontiers d'authenticité ; mais, malgré tout ce qu'elle laisse en route — et tout ce dont elle se charge — elle reste pittoresque, et inspiratrice soit de formes architecturales, soit de fresques décoratives. Les avatars du style gothique, sur le Marienplatz, sont à cet égard très instructifs, et les reliefs archaïques dont M. Grsessel, par exemple, a récemment décoré la maison dite « maison d'Onuphre » (n" 17), d'une virtuosité fort divertissante.
Quant à la grande salle gothique du vieux Rathaus, avec sa sombre voûte plafonnée, pareille à une coque de navire renversée, avec sa frise garnie d'armoiries, ses portes massives où le fer forgé court comme un lierre, avec ses étendards corporatifs, c'est un bon décor de théâtre. Maître Erasmus Grasser, sculpteur, a taillé dans le bois pour l'orner, seize figurines de danseurs, dont dix seulement sont conservées et juchées à hauteur d'imposte : ce sont les Maruskatàn^er^ bonshommes grotesques et dégingandés, qui tiennent de l'Elfe et du bouffon, du sorcier et du baladin, du gnome et du jongleur, ainsi que le moyen âge aimait à mêler le mystère et la farce.
Depuis 1255, les ducs de Bavière avaient établi à Munich leur « Résidence » ; ils s'y firent donc édifier un palais, la Ltidwigsburg ou Altc
Église Saint-Pierre.
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Veste, aujourd'hui Aller Hof, Ces bâtiments, froids et nus, ont éprouvé de telles transformations que rien ne rappelle — au moins à Textérieur — leur origine. Et l'on est presque surpris de voir fleurir, le long de ces
Église Saint-Pierre. Vue intérieure.
murs si tristes, une haute échauguette de bois, à trois étages, qui, seule, parle encore de l'époque gothique.
Pauvre en bâtiments civils, privés, publics ou princiers, le moyen âge a orné Munich d'églises nombreuses, et dont plusieurs sont encore debout, mais dont plusieurs aussi ont été victimes, au xvill" siècle sur-
tout, d'une furie restauratrice qui les rend méconnaissables. Plus d'une a eu le sort du fameux a couteau de Jeannot ».
La plus ancienne de toutes, Saint- Jacques, dans le quartier de l'Anger, fut fondée dès 1204 par Louis le Sévère, pour les Minorités, agran-
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Église Saint-Pierre.
Pierre tombale d'Ulrich Aresinger.
Église Saint-Pierre.
Pierre tombale de Bahhasar Botschner (i S05),
die en 1286 lorsqu'elle passa aux Clarisses, reconstruite en 1404, italianisée en 1810 par C. von Fischer au point de perdre tout caractère.
L'église Saint- Pierre a subi le même destin. Treize ans à peine après la fondation de la ville, une paroisse de Saint-Pierre y est mentionnée, et de nos jours cette église de Saint-Pierre existe encore ; mais quantiun imitata! Ce fut d'abord une basilique romane à trois nefs, à toit plat, et dont la longueur ne dépassait pas celle des cinq premières travées actuelles, depuis les tours. Plus tard, soit après la restauration de 1281-1290, soit
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après l'incendie de 1327, les trois nefs se prolongèrent de deux travées et l'église fut voûtée Sur la façade s'élevaient deux tours, surmontées chacune d'une flèche, qu'un incendie causé par la foudre ruina en 1607 et qui durent être remplacées par la tour unique qui se dresse aujourd'hui encore audessus du portail médian. En 1630, l'église s'accrut en longueur de deux travées: on la flanqua de dix-huit chapelles ; le chœur fut reporté derrière le transept, du reste assez étriqué, qu'on venait de construire.
Les restaurateurs du xvii*' siècle, malgré l'audace de leurs entreprises, avaient, de gré ou de force, conservé à l'église son caractère gothique : il appartenait au siècle du rococo d'efi^acer les dernières traces de la « barbarie ». Au-dessus du maître-autel s'élevait un triptyque sculpté du xv^ siècle, il fut remplacé en 1745 par un tumultueux autel de marbre par Sterber, surmonté d'une statue assise de saint Joseph, par J. Greif; seuls, les volets du vieux triptyque, représentant des scènes de la vie de saint Pierre, ont trouvé un obscur refuge dans le chœur et le transept. Avec les deux petites portes ogivales des tours,
sous la tribune de l'orgue, l'église Saint- Pierre ne conserve plus guère, comme souvenir de l'âge gothique, — outre quelques pierres ou plaques tombales, celles notamment d'Ulrich Aresinger [1482) et de Balthasar Botschner (1505), — qu'un retable de bois sculpté, conservé dans une
Église Saint-Pierre. Le retable Schrenk.
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Mi;Mt ji
( Iiapell<* ilii bas t uW* (U* ^au< hc, ai connu sous le nom de Schrenkaltar, f*\\ hoiiv<Miir i\it HarthoIom^M* ox J.auront Schrenk, qui TofFrirent à la p.irnirï'^t* vi'r'» lyt'j. Ka f»artif* inf(*rieure montre le Christ en croix, avec Marlc% ^aint Pinrrtî et saint Martin offrant son manteau à un pauvre. \m riAW\ su|)tVi<îur, plus charj^/*, fij^ure la procession des bienheureux cjtn'ant Jc'*ru'»al(*in dr)nt saint Pic»rre va ouvrir les portes : au milieu, des
tombeaux s'ouvrent sous l'effort des ressuscitj'îs, que dominent les douze apôtres, assis sur deux rangs. Un fronton pointu, trrs orné de rosaces et terminé par une croix, couronne l'ensemble: dans le tympan sièj^e le Christ ; à ses côtés sont aj^en(3uillés Marie et Jean ; derrière chacun d'eux, un ange sonne la trompette sacrée. Composition plus naïve que belle, mais dont l'authenticité — malgré la réfaction de la peinture — nous touche, au milieu d'une église aussi frelatée.
Comme Saint-Pierre, dont la tour voisine avec la sienne dans le ciel de Munich, l'église du Saint-Esprit date du xill* siècle, fut reconstruite après Tincendie de 13J7, déguisée en rococo par les frères Asam, de 1724 à 1730, et réparée une fois de plus, de 1886 à i88g. Bien fin qui, dans ces chapiteaux frisés, dans ces voûtes ondulées, encadrant des fresques d'ailleurs fort dégradées aujourd'hui, devinerait le squelette d'une église gothique.
Par bonheur, pour témoigner sincèrement do celle épiupie. Munich a conservé - - et mieux respecté — son èi;hxo Notro-Damo, celle IvMUiikirche dont les deux minces tours r\>Uj;eN» surmonleo d'un heaume de cuivre vert, vous saluent de loin <\ l\ariveo, ne cessent de veiller sur vous pendant le séjour et vous suivent longtemps au départ.
l>^s Tau »-iv\ une )H*t:le église ci^nsaoree à Notre-Dame s'élevait, à Mvin\vh, dans ;e quartier de la Crxvlx: d aK^rdsimp'.e succursale de Saint- Pietiv, eV»e prit, en 1^71, le rar.g d\\iV:se paroissiale, pour répv^nvire à un avVu^NMMueu: vie iHn^ula::v^n * vtui -e rer:r.t::a:t p.us que .a v:-.e iu:e"^e.
l-j;luc viu Siiinl I Nprit.
LE MOYEN AGE
sans danger pour le salut des âmes ». soumise à l'autorité d'un seul pasteur. Les fondations de cette église, retrouvées en 184g, laissent supposer qu'elle
Église du Saint-Esprit. Vue intérieure.
était de style roman, longue d'environ vingt-quatre mètres, large de neuf et pourvue de deux tours, sur l'emplacement actuel de la Liebfrauenstrasse : rien d'étonnant à ce qu'un sanctuaire de proportions aussi restreintes n'ait pas tardé à devenir insuffisant. Une souscription s'ouvrit
^o MUNICH
donc, en 1443, pour la construction d'une église monumentale, aux abords de la première. La ville de iMunich offrit le bois de ses forêts, les briques de se» atelier», et choisit pour architecte maître Jorg Ganghofer, de PoUing ou de Ifalspach, c|u'elle envoya d'abord en mission à Ausbourg et Ulm, pour y étudier le» cathédrales et s'instruire auprès de leurs auteurs. Le duc Sigismond, venant d'abdiquer en faveur de son frère Albert IV, posa en i \f)H la première pierre de la nouvelle église qui, dès 1473, s'élevait
l-.gUse Notre-Dame [l'iiwciikiichc)y côté nord.
à lii hauteur, di'^j à considérable, du toit. La construction de la voûte paraît avoir causé quelques perplexités; on appela en consultation divers architectes, Mattheis, d'Kichstalt, -Mauritius Knsinger, d'Ulm, Conrad Rorit- /er, de Ratisbonne, Friedrich, d'Ingolstadt, Michaël, de Pfarrkirchen... Trois ans encore, et la voûte s'achevait. Le toit, commencé en 1477, fut terminé Tannée suivante et put recevoir, au-dessus du clurur, une belle giroueite figurant une demi-lune avec des étoiles. Kn 14SS, lorsque mourut (tanghofer, Téglisede Xotre-Oame, la />•<;;// ;;/c/>\ 7; r se dressait telle, ou peu sVn faut, que nous la voyons maintenant : seules, ses deux tours n'avaient pas encore reçu comme couronnement les deux coupoles -on pourrait dii"e les deux bonnets — d;* cuivre, si caractéristiques, dont
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elles s'ornent aujourd'hui. Elles furent posées au début du xvi" siècle : absentes dans une gravure sur bois de la Wcltchronik d'Hartmann Schedel, de 1493, nous les trouvons en 1530 sur la vue de Munich, par Cranach, conservée au château de Schleissheim.
En 1492, voulant reconnaître la dévotion du duc Albert, le pape Innocent VIII conférait à la nouvelle église la dignité d'église collégiale et
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Tours de la Fraueukirchc.
cathédrale, supprimait le chapitre d'Illmûnster, et en donnait les biens à la Francnkirchc de Munich ; l'année suivante, Alexandre VI l'enrichissait de même, sur les dépouilles du chapitre de Schliersee; ce double enrichissement eut pour premier effet la construction des sacristies que nous voyons flanquer le chœur de l'église, du côté gauche. Consacrée en 1494, la nouvelle cathédrale vit sa fortune prospérer rapidement. Elle reçut en 1580 les reliques de saint Benno, et devint dès lors un but de pèlerinage. La dévotion à saint Benno se traduisit bientôt par un monument. Guillaume V ordonna et Maximilien I*'' acheva à l'entrée du chœur, malgré
les protestations du chapitre, un « arc de triomphe » en l'honneur du saint. Ce jubé, qui assombrissait la grande nef, a disparu en 1857 dans la restauration générale de l'église. Mais le maître-autel gothique par Gabriel Angler, contemporain de l'église elle-même, fut aussi remplacé en 1613 par
La Fuiueitkit\he. Nef principale.
un autel énorme et somptueux, haut de vingt-sept mètres, large de neuf, que Peter Candid décora de deux tableaux, une. 4^^t>////>//i)// Jclii V/Vri:<-, entourée do pilastres corinthiens tout dorés, et une Annoncijîfon placée entre les deux piédestaux. Au cours des âges, la Friuu nkirchc recevait pour décorer ses murs extérieurs, ou ses piliers, des plaques funéraires : on y voyait l'évéque l ulpcck, mort en 1470, mitre, crosse en main, ou le musicien lUiumann. mort en 1473, jouaiii d'un or^ue portv»:if don: les
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l'iaueuhiuhe. Triptyque (vers i^5<
doux sons appellent le sourire sur sa bonne grosse face; c^était aussi la pierre tombale de l'empereur Louis le Bavarois, et en 1502, celle du doyen Balthasar Ilundertpfund . Les stalles du chœur avaient été décorées, en 1502, par Erasmus Grasser, de figures d'apôtres et de saints, nobles et touchantes. A ces monuments, le XVII" siècle en ajouta un qui les dépasse fort en importance, le plus célèbre que l'on rencontre dans la Fraiicn-
kirche et dans tout Munich, le mausolée consacré par l'électeur Maxi-
milien à la mémoire de son ancêtre, l'empereur Louis I''' de Bavière. Placé d'abord entre le jubé et le chœur, ce mausolée a été ensuite reporté à l'entrée de Téglise.
dans l'axe de la grande nef, sous la tribune de l'orgue, où il reçoit l'éclairage le plus défectueux. Peter Candid l'a dessiné, Krumper et Frey l'ont exécuté. Il se compose d'un catafalque, surmonté de la couronne impériale, reposant sur la pierre tombale, où, en 1438, « Hans le tailleur de pierres » avait figuré avec l'Empereur les Fraïunkirche, Plaque tombale du musicien Baumann. ducs Ernest et Albert II L
Au nord et au sud du tombeau se dressent en bronze, graves et dignes, les statues de Guillaume IV
,. . ,, . -1- A ,,, ,,. .If. ' :.>^ ie>^ iieviiliers, un genou à terre, revêtus
. , ,.,^ 1^ ^^,,v..f^ .•t,.iiien: les hampes de leurs fanions, dans
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, ., ,, . 1 < ,< ,\. ...^tj' :.*e de prière. L'ensemble est pesant, et le
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hro c-^ '^^ "' V « < ^aa.'-e chevaliers surtout, avec la discipline de
Frauenhirche. Détails des stalles du chœur.
lour symétrie, offrent un mélange de rudesse et de recueillement dont le < a raclure ne peut manquer de frapper.
\.\\ i'riincnkirchc se crut menacée, en 1632, par l'irruption des proteslauts <\ Munich, après les victoires de Gustave-Adolphe. On éloigna en Kv\lt^ les reliques de saint Benno, qu'on y ramena en 1634 pour conjurer Isi pesie. Un tableau, à l'extérieur de l'église, côté nord, contre la fontaine de Saint-Benno, est encore là pour nous rappeler cet événement. L'église atteignit ainsi cette terrible époque du ro^o «70 qui a donné de jolies choses à JNlunich, et en a gâté de belles. De 1772 à 1776 une réparation inquiétante fut entreprise, que les énormes proportions de l'édifice réduisirent
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à un nettoyage général et à l'addition de boiseries dont Ignaz Gûnther avait pris le modèle à Notre-Dame de Paris. Une restauration des vitraux eut pour principal effet d*en détruire une partie : le reste fut rapporté, sans grand souci d'ordre, dans la partie inférieure de chaque verrière. Les chapelles reçurent des tombeaux de marbre et ornements divers, tant de sculpture que de peinture, et la vieille chaire fut remplacée par une chaire toute resplendissante de blanc et d*or, due au ciseau d'Anton Boos.
Le pape Pie VI, visitant Munich le 29 avril 1782, supprima encore
Fraïunkirche. Mausolée de l'empereur Louis.
l'année suivante, au profit de la Frnncnkirchc^ un nouveau collège, celui d'Indersdorf ; le clergé de la chapelle royale fut réuni à celui de l'église métropolitaine qui, à son titre de collégiale, joignit celui d'église de la Cour. Sécularisée en 1803, elle retomba au rang de simple paroisse, pour redevenir en 1817, lors du concordat signé entre le Saint-Siège et la Bavière, cathédrale de l'archevêché de Munich-Freising. Dès 1844, une nouvelle restauration de l'église commença par l'érection d'un autel en style germanique, dans la chapelle de la Croix, derrière le chœur. En 1852, quelques fragments de fresques, appartenant à Torigine même de l'église, étant apparus dans diverses chapelles, on résolut de rendre à la Frauciikirche sa primitive « unité de style ». Ce soin fut confié à un architecte éprouvé, Mathias Berger, constructeur de l'église d'IIaidhausen. On abattit le jubé de Saint-Benno ; on éloigna du chœur le tombeau de
Louis P% qui prit en 1891 sa place actuelle sous la tribune des orgues ; enfin, chose plus regrettable, on peignit la voûte entière d'un bleu d'azur, semé d'étoiles, dont l'effet désastreux se trouve à peine corrigé parla hauteur de la voûte. Grand amateur de style gothique, le roi Maximilien II exerça ses libéralités selon ses goûts :
il offrit une chaire monumentale, surmontée d'un haut baldaquin et qui, malgré la richesse de ses sculptures, a toute la maigreur du gothique moderne. D'opulentes familles imitèrent son exemple, et décorèrent d'autels neufs les chapelles latérales. Louis II enfin orna les piliers de la grande nef des statues des douze apôtres, surmontées de baldaquins.
On le voit, le zèle des siècles n'a pas négligé la Fraitenkirche ; il l'a cependant presque épargnée. La majesté de ses proportions la défendait : une si puissante forteresse résiste aux assauts les plus furieux du temps ou des hommes.
Si malheureuses que puissent être certaines restaurations de détail, elles n'ont su compromettre l'aspect et l'homogénéité de l'ensemble, ni à l'extérieur, ni à l'intérieur.
L'aspect extérieur de la F rancnkirchc est austère, sombre, farouche : longue de 101 mètres, large de 38, haute de 58, toute d'une pièce, sans
transept, sans contreforts, près- ^ 7 ; c • . /- u • »i a. ^ . ^ ' ^ ^ Frauetihtrche. Sainte Catherine et les prétendants.
que sans ornements, percée de
fenêtres longues et minces, à peine plus larges que des meurtrières, la
Fraucnkirche. Mausolée de Tempereur Louis (figure d'angle).
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Fraticnkirche est un bloc énorme de briques noircies, surmonté d'un toit de briques brunes, toit uni, toit de grange, qui entr'ouvre, pour veiller sur la place endormie à ses pieds, les longues paupières de ses lucarnes rampantes. A ses flancs, la piété des siècles a accroché des plaques mortuaires, quelques-unes ornées de bénitiers, pareilles aux coquillages qui s'attachent à la coque d'un navire.
De chaque côté du portail principal s'élève une tour : elles s'élèvent ou plutôt elles jaillissent, carrées et nues jusqu'à la hauteur du toit, octogonales ensuite jusqu'à la calotte de
FraueukircJjâ.
Statue de saint Rasso.
Fraïunkirche, Statue de saint Christophe.
cuivre verdi qui les termine à une hauteur de 99 mètres. Combien de fois a-t-on déprécié ces tours, pauvres, maigres et sèches î S'il faut chercher dans toute cathédrale un symbole de foi, celle de Munich évoque les minces Vierges de certains primitifs, au corps trop effilé sous un habit collant, au visage étroit et osseux, dont les mains trop pointues se dressent au bout de bras trop longs, dans un élan de ferveur qui les étire vers le ciel. Oui, il y a, dans la Fraucnkirchc de Munich, dans l'absolue simplicité de sa forme, dans l'élan tout nu de ses hautes tours, le témoignage
énorme de cette foi élémentaire qui, d'une pensée ou d'un geste, va tout
droit de la terre au ciel.
La même ferveur ascétique parle par les piliers et les voûtes, bien que
la main des restaurateurs ait ici laissé des traces plus sensibles. Mais,
malgré le ciel bleu et les étoiles de la voûte, malgré ses nervures peintes en brun et or, malgré les trop modernes apôtres qui fleurissent le long des piliers, malgré Tindigence des vitraux, dont toute la partie supérieure est de verre commun, malgré le badigeon des murs, la minceur des piliers et l'élan des trois nefs égales répondent bien à l'impression du dehors.
Le quartier même qui entoure la Frauenkirchc^ quoique moins ancien, et sans prétendre au style gothique, s'harmonise bien avec elle. Place et ruelles épousent son énorme contour ; il y a de sombres échappées, des passages couverts, du silence et de l'humilité. Au débouché de chaque ruelle s'offre un profil nouveau de la cathédrale dont les tours régnaient sans partage sur la ville entière, jusqu'à ce que la tour blanche et surchargée du nouvel Hôtel de Ville vînt, en 1905, leur faire une concurrence regrettable, qui a détruit les plus traditionnels, les plus chers aspects de Munich.
Fraucnhirche. Plaque tombale de Tempereur Louis le Bavarois.
Il faut mentionner encore deux petites églises, l'une et l'autre de briques, édifiées peu après la Fraucnhirche. C'est l'église de la Croix, construite vers 1480-1485, désaffectée de 1796 à 1814 pour devenir un magasin de fourrage, restaurée ensuite pour être rendue au culte, et dont le portail, très simple, s'orne de chaque côté d'une plaque funéraire.
L'église du Sauveur date de 1494. Elle aussi a servi de dépôt de salpêtre en 1807-1829; puis le roi Louis V^ la restaura et la consacra au culte grec, lorsque son fils Othon devint roi des Hellènes. Rarement accessible
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au public, elle renferme encore quelques traces de peinture murale, et des vitraux intéressants. La flèche qui termine sa tour se présente parfois assez bien dans la verdure, lorsque l'on traverse ou contourne Tancien jardin des Théatins.
Frauenlirche. Plaque tombale de l'évéque Tulpeck.
L'Herzog-Maxburg.