SCÈNE X
MIRAT , put» CASTAGNAC , BARBARA et
LUIDGI
MURAT
Nobles cœurs 1... Ils me rendent l’infortune plus légère!... Allons! je me sens plus de force; ce qu’on a fait à ma famille a ranimé mon énergie en éveillant ma colère! le lion u'est pas mort!... Voici Barbara 1... {Il va ou devant de lui.) Je vous salue, capitaine.
BARBARA
Sire...
murât, désignant Luidgi.
Quel est cet homme?
BARBARA
lîn ami dévoué.
Vous n’avez pas oublié votre malheureux roi... J’ai l’espoir de vous récompenser un jour. Votre brick peut s’éloigner?
BARBARA
Quand vous voudrez, sire.
MURAT
Vous me prenez à votre bord ?
BARBARA
Ccst pour cela que je suis venu de Naples.
MURAT
Où me conduirez-vous?
BARBARA
Où vous voudrez.
MURAT
C’est bien. En Corse d’abord... je me réfugierai dans ses montagnes... j’ai là des amis, de vieux compagnons d’armes.
BARBARA
Sire, vous en avez aussi dans toute l'Italie, et le royaume de Naples se souvient de votre majesté.
MURAT
Vous croyez donc que si la destinée nous jetait sur ses eûtes, je ne serais pas reçu en ennemi?
BARBARA
Vous seriez reçu comme Napoléon quand fl quitta l’Ile d’Klbc*pour remonter sur le trône de France.
CASTAGNAC.
Halle-là ; pardon et excuse si je prends la parole. L'empereur allait dire bonjour aux Français; j’v ai plus confiance qu'aux Italiens, soit dit sans vous offenser. [A Alurat.) Vois-tu, faut filer d’ici, c’est sûr et certain; mais faut preudre garde de s’enfoncer !...
BARBARA, à Castagnoc.
Que craignez- vous?
CASTAGNAC.
llien pour moi; pas même la fin du moude...
mais pour lui, j’ai de l’œil et je veille au grain, sacrodious!
BARBARA
Sire, mon brick est à vos ordres; la France voua proscrit, choisissez votre asile!... Je faisais un rêve pour vous, je vous voyais finir votre exil sur votre trône reconquis.
MURAT
Ce serait beau, ce serai hardi!... Oh! si je pouvais réunir une poignée de mes vieux soldats, je chasserais de Naples ces Autrichiens et ces Anglais qui m’ont pris ma couronne!... Allons!
nous y penserons dans la traversée!.,. Barbara, ce que vous m'avez dit fermente dans ina tète. Après tout, ne suis-je pas un roi de fortune ? la fortune cède à l’audace... Mais le temps est précieux ; il faut partir. (A Castagnoc.) Va embrasser ta sœur. Tous trois, vous m'attendrez dans le canot. Je veux écrire à la reine; il me semble qu 'aujourd’hui ma destinée prend une face nouvelle!...
Il entre dans la maison avec Castagnac.