‹ Murillo, biographie critiqueChapitre 4 sur 12 · SAINT ILDEFONSE RECEVANT LA CHASUBLE DES MAINS DE LA VIERGE · texte numérisé non relu

SAINT ILDEFONSE RECEVANT LA CHASUBLE DES MAINS DE LA VIERGE

(Musée du Prado.)

MURILLO. 83 autres compositions de l'artiste. Ce romanisme de seconde main, il est vrai, n'en est pas moins indéniable. Murillo a sans doute consulté des estampes burinées d'après les Carrache, le Dominiquin, le Guide, le Guerchin ou d'autres artistes italiens dont il s'est jusqu'à un certain point approprié les motifs d'architecture et les milieux.

Enlevée de l'hôpital de la Charité par le maréchal Soult, lors des guerres de l'Indépendance, et transportée en France, Sainte Elisabeth de Hongrie fut restituée à l'Espagne en 1814; mais alors, au lieu de reprendre sa place primitive dans le sanctuaire fondé par Don Juan de Manara, elle fut déposée à Madrid dans les salles de l'Académie San Fernando, sans que l'on sache au juste pourquoi. Lors de la visite d'Isabelle II en Andalousie en 1862, Yayuntamiento de Séville sollicita de la souveraine de vouloir bien faire rendre la célèbre toile à ses véritables propriétaires ; la reine promit, mais le chef-d'œuvre de Murillo resta à Madrid.

Saint Jean de Dieu portant un pauvre avec l'aide d'un ang-e était le digne pendant de Sainte Elisabeth pansant les teigneux. La composition simple et noble est d'un faire riche, lumineux, superbe. Le principal personnage, saint Jean de Dieu, tout en restant naturel et humain, est pour ainsi dire transfiguré par la foi qui le fait agir, lui laisse entrevoirie ciel, un ciel radieux de joie, de caresses et d'amour.

Le Christ guérissant le paralytique de la piscine, Abraham prosterné devant les trois anges, Saint Pierre

délivré de sa prison, sont aujourd'hui en Angleterre; le Retour de l'en fant prodigue fait partie du musée de l'Ermitage de Saint-Pétersbourg". « Il ne faut espérer rien de plus complet comme étude de la physionomie humaine, comme reproduction poétique de la nature », écrivait en 1835 Thoré, qui avait vu ce tableau dans la galerie du maréchal Soult.

En 1627 les Capucins fondèrent hors les murs de Séville, non loin de la porte de Cordoue, un monastère bientôt des plus florissants, désigné généralement sous le nom des Capucins de Cordoue. Murillo fut chargé d'en décorer la chapelle en 1676. Il ne peignit pas à cet effet moins de vingt-cinq grandes compositions. Onze furent destinées au grand retable divisé en trois corps superposés et surmonté d'un couronnement. D'abord, sur le tabernacle, il plaça la Vierge tenant l'Enfant Jésus dans les bras; au milieu du premier corps, le Jubilé de la Portioncule, accompagné à droite de Saint Léandre et de Saint Bonaventure, à gauche, de Sainte Justine et de Sainte Ru fine soutenant la Giralda; au centre du second corps, Jésus et la Vierge, à droite, Saint Jean-Baptiste au désert, à gauche. Saint Joseph avee l'Enfant Dieu ; au milieu du troisième corps, le Christ en croix et, sur les côtés, Saint Ahtoine de Padoue et Saint Félix de Cantal icio; enfin, sur le couronnement, la Sainte Face.

Dans le chœur on voyait une Immaculée Conception colossale et aux deux extrémités du transept, Saint Michel et Y Ange gardien conduisant un enfant par la main. Dans

Cliché Auderson.

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