‹ Murillo, biographie critiqueChapitre 5 sur 12 · APPARITION DE LA VIERGE A SAINT BERNARD · texte numérisé non relu

APPARITION DE LA VIERGE A SAINT BERNARD

(Musée du Prado.)

huit chapelles latérales étaient disséminés les tableaux suivants : la Naissance du Christ ; Saint Thomas de Villanueva distribuant des aumônes; V Annonciation; la Déposition de la croix; Saint Félix de Cantal icio avec r Enfant Jésus et la Vierge; Saint Antoine de Padoueù genoux tenant le Sauveur du monde dans les bras ; dans d'autres parties du couvent se trouvaient encore deux Immaculées Conceptions, une Vierge de Bethléem, la Vierge à la serviette dont nous avons parlé précédemment, et enfin, plusieurs Christs en croix.

Le couvent des Capucins de Cordoue eut considérablement à souffrir de la guerre de l'Indépendance et ses peintures échappèrent difficilement à la rapacité proverbiale du maréchal Soult. Restauré en 1813, il fut définitivement ruiné un peu plus de vingt ans après par le cabecilla carliste Gomez ; ce qui en restait, fort peu de chose, disparut complètement lors de la suppression des maisons religieuses en 1835. La plupart des toiles qu'il renfermait ont néanmoins été sauvées.

Dès 1814, Y Ange gardien avait été cédé parles religieux à la cathédrale où l'on peut encore le voir. Le Jubilé de saint François d'Assise, ou, pour mieux dire, le Miracle de la Portioncule dont il a été question antérieurement, a fait partie de la galerie de l'Infant Don Sebastien et se trouve aujourd'hui au musée du Prado. La plupart des autres peintures du monastère des Capucins, après avoir traversé de nombreuses aventures, ont fini par trouver un abri définitif au musée provincial de Séville.

Nous y rencontrons d'abord les trois Immaculées Conceptions, une tradition accréditée en Andalousie veut que la fille du peintre ait posé pour lune d'elles; puis, Saint Joseph avec l'Enfant Jésus, d'une exécution ferme et solide ; la Descente de croix, d'une impression douloureuse ; Sai?it Bonaventure et saint Léandre, figures grandioses et majestueuses; Sainte Justine et sainte Rufine soutenant entre elles de leurs mains rapprochées la Giralda, composition traitée d'un pinceau aussi riche que suave; Saint Jean-Baptiste clans le désert, d une superbe allure ; Saint Félix de Cantalicio tenant amoureusement dans ses bras le Sauveur du monde que sa mère vient de lui confier. Ce tableau est plus généralement désigné sous le nom des Deux amis : l'un vient de naître, l'autre est parvenu aux limites extrêmes de l'existence — adorable vision dans laquelle le vieillard transporté d'amour pour son divin fardeau, le couve d'un regard énamouré tandis que le petit Jésus fourrage de ses menottes la barbe de celui qui le porte avec un soin si touchant.

Les deux grands saints de l'ordre séraphique ont toujours porté bonheur au maître. Arrêtons-nous devant le Saint François d'Assise au pied de la croix, soutenant le Christ qui vient de détacher son bras droit de l'instrument du supplice pour le passer autour du cou de son adorateur et se penche tendrement vers lui, tandis que du côté opposé des anges suspendus dans l'azur présentent un livre ouvert, sans doute les Saintes Ecritures. « Murillo n'a peint qu'une fois, » écrit Paul Lefort,

Cliché Andcrson.

Page 1