‹ Mœurs et monuments des peuples préhistoriquesChapitre 21 sur 107 · Compte rendu, p · texte numérisé non relu

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OISE NUE ENTIL "8":

ruminants, au milieu desquels il se rencontrait ; il présentait sur sa face externe des entailles profondes qui paraissent avoir été produites par une hache en silex. Auprès de Paris, à Villeneuve- Saint-Georges, à la Varenne-Saint-Maur, il n’est pas rare non plus de constater des traces analogues de ces tristes festins *.

Les fouilles de la grotte de Montesquieu-Avantès, à six kilomètres environ de Saint-Girons, ont mis au jour un foyer re- ‘ couvert d’une couche stalagmitique. De nombreux fragments d'ossements humains, crânes, fémurs, tibias, humérus, radius, gisaient dans cette couche et dans celle d'argile subjacente. Souvent le trou médullaire était agrandi pour faciliter l'extraction de la moelle. Quelques-uns des os étaient carbonisés, tous portaient soit les marques d’un instrument contondant, soit les stries fines produites par une pointe. Il était impossible d'attribuer ces dernières érosions à un rongeur, Car les ossements attaqués par ces animaux présentent des empreintes se répétant par séries régulières. Une conclusion s'impose : ces ossements, ceux de l’homme comme ceux des animaux, étaient bien les débris du repas ?.

À Kent’s Hole, célèbre caverne de l'Angleterre, au milieu de nombreux objets de l’âge de pierre, on remarque des ossements humains qui, à en juger par les traces encore visibles, avaient été rongés par l’homme. Telles sont aussi les conclusions auxquelles arrivent un éminent anthropologiste, Owen, après l’examen d’une mâchoire d'enfant provenant de l’Ecosse, et Le Rév. F. Porter, après des fouilles faites auprès de Scarborough, où plusieurs squelettes avaient été jetés comme au hasard sous un tumulus.

Les grottes de Cesareda, en Portugal, ont donné des ossements fendus dans le sens de leur longueur; au dolmen situé auprès du village de Hammer en Danemark, des os d'homme et de cerf à demi rongés indiquaient trop clairement leur origine. M. Worsaaë cite des faits à peu près semblables à Borreby, le capitaine Burton à Beitsahur, auprès de Jérusalem, M. Wiener dans les sambaquis du Brésil, et

1. Belgrand, le Bassin parisien, t. I, p. 232. ?. Bull. Soc. anth. 1869, p. 476. — Ac. des sciences, 1870, 1er sem., p. 167.

k4 MŒURS ET MONUMENTS DES PEUPLES PRÉHISTORIQUES.

même dans ceux auxquels il attribue une origine récente ‘.

Le Brésil n’est pas le seul point du continent américain où nous voyons cette horrible nourriture. M. Wyman a recueilli dans les Kjokkenmôüddings de la Floride des ossements humains intentionnellement brisés et mêlés à des ossements de daim ou de castor; la moelle des uns et des autres avait servi au repas de l’homme. Des découvertes récentes enfin attestent les mêmes faits dans la Nouvelle-Angleterre.

Il faut cependant dire que plusieurs de ces faits sont contestés. Chaque peuple semble mettre un point d'honneur à repousser la pensée que ses ancêtres aient pu se repaître de chair humaine, et cependant toujours et partout l’histoire nous montre l’anthropophagie. Hérodote la raconte chez les Androphages et les Issedons, peuples d’origine scythique, Aristote chez les races qui habitaient les rives du Pont-Euxin, Diodore de Sicile chez les Galates et Strabon dit à son tour : « Les Irlandais plus sauvages que les Bretons sont anthropophages et polyphages ; ils se font un honneur de manger leurs parents, lorsque ceux-ci viennent à mourir *. »

Il a été retiré, des anciens tombeaux de la Georgie, des ossements humains bouillis ou carbonisés, ceux des victimes sans doute dévorées par les assistants, dans les festins qui de tout temps ont fait partie des rites funéraires.

Saint Jérôme au 1v° siècle de notre ère affirme avoir rencontré dans la Gaule des Attacotes issus d’une sauvage tribu écossaise, qui se nourrissaient de chair humaine et cela, bien qu'ils possédassent de grands troupeaux de bœufs, de moutons, de pores auxquels leurs immenses forêts fournissaient d'excellents pâturages ? ; et si les Kjükkenmôüddings Scandinaves n'ont donné jusqu'ici aucune trace de cannibalisme, Adam de Brème, qui au x1° siècle prèchait le Christianisme à la cour du roi Swen

1.. Archives du Musée national de Rio de Janeiro, t. I, 1876.

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