À US ANNE
om amet 4
— Ancien vaisseau scandinave découvert dans le tumulus de Gogstadten (Norwège).
Fig. 14.
au jour. Un archéologue éminent prétend dater cette barque de
l'époque glaciaire, peut-être même d’une époque antérieure. Si
cette hypothèse, dont nous lui laissons la responsabilité, était
émoin de la
exacte, nous aurions assurément là le plus ancien t
navigation primitive.
Une des pirogues conservées au musée de Copenhague est un demi-tronc d'arbre de deux mètres de longueur, creusé en forme d’auge et coupé droit à ses deux extrémités’. Il est curieux de rapprocher cette grossière construction du bateau récemment découvert sous un tumulus à Gogstadten en Norwège (fig. 14). Nous le reproduisons, bien qu'il date des temps historiques, pour montrer les progrès accomplis. Le Viking avait été déposé dans sa barque, comme dans la plus glorieuse des sépultures; la proue était tournée vers la mer. La première pensée du chef, à son réveil, ne devait-elle pas être pour cette mer témoin de ses triomphes ? Les parois de l’embarcation ? étaient peintes en jaune et en noir; tout autour s’étendait une série d’écussons circulaires disposés comme les écailles d’un poisson et assez semblables à ceux que l’on voit sur la célèbre tapisserie de Bayeux. Un bloc de chêne destiné à recevoir la mâture était placé au centre du bateau et des rames de six mètres de longueur, se rapprochant des formes actuelles et se terminant en lames fines et minces, étaient posées auprès du squelette.
En établissant les fondations du pont des Invalides à Paris, on retira une barque de la vase où elle reposait depuis de longs siècles. Comme la plupart de celles que nous venons de citer, elle avait été tirée d’un simple tronc d'arbre grossièrement équarri. Partout, redisons-le encore, nous voyons chez l’homme la même conception originale; partout, l'arbre flottant sur l’eau éveille sa curiosité et devient le point de départ d’une de ses plus importantes découvertes. Les mêmes essais de navigation se rencontrent sur d’autres points de la France; un canot à été trouvé dans la Loire auprès de Saint-Mars et le Musée de Dijon en possède un autre venant du même fleuve; ce dernier atteint comme longueur 5%,50 et on croit reconnaitre des traces de banquettes qui peut-être n’avaient d'autre but que de le consolider. Un bateau retiré l’année dernière du Cher est en forme d’auge
1. Nordische Oldsager à der kongelige Museum i Kjobenhawn. 2, Elle mesurait plus de vingt-deux mètres en longueur et cinq mètres dans sa
plus grande largeur.
fermée aux deux bouts par des pièces de rapport fixées au moyen de rainures verticales. La proue avait été tout d’abord façonnée en plein bois; c’est probablement à la suite d’un accident, d’un abordage par exemple, qu'on dut ainsi le restaurer (fig. 15). Les lacustres de la Suisse possédaient des barques dès leurs premiers établissements au milieu des eaux. Une d’elles, découverte à Robenhausen, mesure 3°,60 de longueur sur une faible profondeur variant de 0®,15 à 0,20. Comme la plupart de celles que nous avons mentionnées, elle avait été creusée dans un tronc d'arbre, allégie vers le centre, arrondie aux deux extrémités. La station de Robenhausen n’a donné jusqu'ici que des outils de pierre ; on doit présumer que c’est avec ces outils que la barque a été construite. Les lacs de Bienne et de Genève, les stations
Fig. 16. — Pirogue lacustre découverte dans le lac de Neuchâtel. 1, vue extérieure. 2 et 3, coupes longitudinales et transversales.
de Morges et d’Estavayer ont aussi donné des canots moins anciens sans doute que celui dont je viens de parler. Presque tous ont leur proue curieusement taillée en pointe. Un d'eux provenant du lac de Neufchatel, assez grand pour porter douze personnes, possède un éperon à sa poupe, et une proue recourbée ; on ne remarque aucune disposition pour appuyer des rames.
Une barque enfin a été découverte en Suisse à douze cents
mètres au-dessus du niveau de la mer, à mille mètres au-dessus
de la vallée du Rhône. Nul ne peut dire comment elle a été transportée à cette hauteur.
Ces canots, quelles que fussent leurs formes ou leurs dimensions, ne pouvaient être manœuvrés qu’à l’aide de rames. Les rames cependant ont été rarement retrouvées. Le Musée de Genève en possède une provenant du fond bourbeux d’un lac italien et on en connaît d’autres conservées au Musée royal de Dublin qui présentent tous les caractères d’une grande antiquité. À défaut des rames, nous avons d’autres preuves de leur usage. M. Gross” cite une barque (fig. 16) où des trous avaient été ménagés sur les rebords pour loger les rames. En 1882, on retirait du lit du Rhône, à Cordon (Ain), une pirogue à moitié enfouie dans la vase du fleuve. Le bois était noir, les couches superficielles carbonisées ; mais les parties centrales restaient intactes et encore très résistantes. Les trous percés dans le bordage et uniformément répartis n’ont pu servir qu’à fixer les rames. La position des rameurs assis au fond de la barque était bien défectueuse. Ce n'est que plus tard cependant que nous voyons des bancs placés de manière à permettre à l’homme de déployer toute sa force *.
Une découverte faite auprès d'Abbeville est la preuve la plus ancienne que nous connaissions de l'existence d’une mâture. Des travaux exécutés aux fortifications de la ville mirent au jour une barque qui pouvait avoir près de sept mètres de longueur. Deux saillies faisant corps avec le bordage laissaient entre elles un vide rectangulaire où s’emboîtait vraisemblablement le mât *.
Le professeur Gastaldi parle d’une ancre en bois provenant d'une tourbière, qui recouvrait un ancien palafitte situé auprès