ORNEMENTS
cées de trous (fig. 28) et on présentait à l'Association américaine, lors de sa réunion en 1886, à Ann-Arbor (Michigan), des ornements formés d'ossements humains, provenant d’un mound
de l'Ohio.
Fig. 28. — Rondelles crâniennes perforées (collection de M. de Baye).
Pruner-Bey, en retirant de la gangue qui l’enveloppait un crâne provenant du mégalithe de Vauréal, remarquait un ‘fragment détaché d’un omoplate humain portant une incisure, où était
Fig. ?9.— Fragment de rondelle tirée d’un pariétal humain. — Poincon fait avec
l'extrémité inférieure dun radius humain. — Rondelle tirée de la meule d’un bois de cerf.
passée une petite rondelle en os. Ce genre d'ornements paraît s'être conservé durant de longs siècles, car M. Nicaise vient de
découvrir au Moulin d'Oyes (Marne) un collier formé de boules de calcaire, de coquilles, de pendeloques taillées dans l’écaille de l’Unio; à ce collier, pendait une rondelle tirée d’un crâne humain, et dans le cimetière gaulois de Varille, la table extérieure d’une vertèbre lombaire était attachée à un collier de perles de corail.
Nous connaissons des faits d’un autre ordre. Les hommes de Marjevols buvaient dans des crânes humains ; une coupe semblable appartient au musée de Grenoble ; d’autres ont été découvertes à Billancourt, à Chavannes, au camp de Chassey, à Sutz, à Æfelé, à Locras en Suisse, à Brookville dans l'Etat d'Indiana. Le D' Prunières possède la moitié d’un radius proba- | blement féminin, soigneusement poli et transformé en poinçon (fig. 29); le D' Garrigou une pointe de flèche taillée dans un ossement humain, Pellegrino un péroné transformé en polissoir et trouvé dans les couches inférieures du célèbre terremare de Castione, auprès de Parme. En 1867, Pereira da Costa signalait
Fig. 30. — Sifflet provenant de la collection Massenat.
au Congrès préhistorique de Paris un fémur devenu un sceptre ou un bâton de commandement et, pour terminer ces lugubres citations, Longpérier mentionnait un os humain percé de trous réguliers, servant, par une étrange ironie de la mort, de flûte pour charmer les vivants.
Un des premiers besoins de l’homme dut être de vivre en société; l'appui de ses frères lui était indispensable pour résister aux dangers qui le menaçaient. Des tribus formées tout d’abord des membres de la même famille ont existé dès les débuts de l'humanité. Les phalanges de renne ou de cerf percées pour
servir de sifflets (fig. 30), trouvées aux Eyziés, à Schussenreid, à Laugerie-Basse, à Bruniquel, dans la grotte du Chaffaud et dans celles de la Belgique, dans un marais tourbeux de la Scanie, dans l’île de Palmaria, sur bien d’autres points encore, devaient servir d'appel pour la guerre et pour la chasse. On cite dans la
Fig. 31. — Bâton de commandement.
grotte des Cottes, des canons de renne et d’aurochs auxquels il est
facile d'attribuer la même destination. C’est aussi à la guerre ou O
à la chasse qu'il faut rapporter les curieux objets conservés