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ORNEMENTS

une pendeloque en lignite (fig.27). Les produits naturels ne suffisent plus; la mode recherche des matières et des formes nou-

velles.

Fig. 27. — 1, pendeloque en lignite. — 2, pendeloque en os. (Grotte de Thayngen.)

Mais ce sont surtout les coquilles aux brillantes couleurs qui atlirent l'attention des premiers habitants de nos régions. Les grottes de Roquemaure ont donné près de mille disques ou perles en coquille de cardium ; à Cro-Magnon, on a recueilli plus de trois cents coquilles qui formaient un collier moins précieux sans doute que celui de Sordes. M. de Maret a découvert au Placard de nombreux coquillages; les uns appartiennent aux espèces encore vivantes dans" l'Océan, les autres à des espèces fossiles. Plusieurs sont étrangers au pays; dès cestemps reculés, les habitants de la Charente pêchaient dans Le golfe de Gascogne, parcouraient l’Aquitaine, visitaient les faluns de l’Anjou et de la Touraine, remontaient jusqu’au bassin de Paris, et la Cyprina Islandica trouvée dans une de leurs grottes semblerait prouver qu'ils étaient arrivés jusqu’au nord de l'Angleterre. Ce n'est point là un fait isolé; de nombreuses coquilles fossiles de la Champagne avaient été transportées aux bords de la Lesse et de la Meuse. À Solutré, on a trouvé des bélemnites, des ammonites, des coquilles miocènes qui n’ont jamais vécu dans la région, des morceaux de cristal de roche apportés des Alpes, des grains de collier en jadéite d’origine inconnue.

On a trouvé en Écosse des colliers de nérites et de patelles, à Aurignac, dix-huit petites plaques de cardium forées au centre. À Laugerie-Basse, un homme surpris par un éboulement avait été écrasé par la chute des pierres ; le temps a fait disparaître

ses vêtements; les coquilles dont il était paré sont seules restées". Quatre étaient placées sur le front, deux sur chaque épaule, quatre dans la région des genoux, deux sur chaque pied. Il faut écarter toute idée de collier ou de bracelet ; ces coquilles munies d’une entaille devaient ou orner le vêtement, ou servir à l’attacher.

Les découvertes les plus intéressantes ont été faites dans les grottes de Baoussé-Roussé, dont nous avons déjà si souvent parlé. M. Rivière recueillait auprès de deux squelettes d'enfants un millier de coquilles (Nassa neritea) intentionnellement percées; elles avaient servi à orner leurs vêtements. Auprès d’un adulte, on voyait d’autres coquilles disposées en collier, en bracelet, en jarretière au sommet du tibia et du péroné gauches; enfin, sur la tête, une véritable résille formée de petits nérites et retenue par des pointes en os.

Parmi les ornements recherchés, il faut aussi citer les grains en Jayet, en argile ocreuse très fine, séchée au soleil, en calcaire cristallin, en schiste grisâtre, sur d’autres points en ambre ou en quartz hyalin, dont l'éclat attirait les yeux. A la station de Menieux (Charente), avec des silex présentant les types auxquels on est convenu de donner le nom de Moustérien ou de Solutréen, les fouilles ont donné de nombreusses boules en calcaire soigneusement polies et variant de trois à six centimètres de diamètre. Si quelques doutes pouvaient subsister sur leur destination, ils seraient levés par la découverte, à Laugerie- Basse, d’un fragment d'omoplate de renne sur lequel était gravée une femme portant à son cou un collier de grosses boules. Il est des ornements plus étranges. Ce que nous avons dit de l’anthropophagie des premiers hommes a dû y préparer le lecteur. Nos ancêtres de l’âge de pierre se paraïent de colliers de dents humaines et Les fouilles ont mis au jour des squelettes portant encore au cou ce témoignage de leurs victoires. M. de Baye possède dans sa collection des rondelles crâniennes per-

1. Cypræa rufa, Cypræa lurida (Comptes rendus Acad. des sciences. t. LXXXIV, p. 1060).

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