‹ Mœurs et monuments des peuples préhistoriquesChapitre 48 sur 107 · Sir R. Coalt Hoare, Ancient Wiléshire · texte numérisé non relu

Sir R. Coalt Hoare, Ancient Wiléshire

“cluante encore. Il avait recueilli auprès de Mercédès, à vingt lieues environ de Buenos-Ayres, de nombreux fossiles humains et avec eux des pointes de flèche, des ciseaux, des couteaux en silex, des poinçons et des polissoirs en os, des ossements striés et incisés par l’homme. Plus tard, M. Ameghino découvrait la demeure de cet Américain des premiers temps et cette demeure assez étrange était la carapace d’un tatou gigantesque, le glyptodon (fig. 48).

Fig. 48. — Le Glyptodon.

«Toutautour de la carapace, raconte-t-1l, il y avait du charbon, des cendres, des os brûlés et fendus et quelques silex; on voyait agglomérée la terre rougeâtre du sol primitif. Arrivé à ce niveau, on continua à fouiller et l’on découvrit un instrument en silex, des os longs de lama ou de cerf fendus dont quelquesuns portaient la trace évidente du travail de l’homme, des dents de toxodon et de mylodon (fig. 49). » Plus tard, la découverte d’une autre carapace de glyptodon dans des conditions analogues vint fortifier la conviction de M. Ameghino ‘. Au milieu des pampas, de ces plaines immenses sans un accident de terrain, sans un arbre, sans un rocher où il pût trouver un abri, l’intel- Higence de l’homme ne lui fait pas défaut, il creuse la terre, et la carapace du tatou vaincu devient le toit de la tanière qui Jui offrait une retraite et quelques instants de sécurité.

1. « EI hombre seguramente habitaba las corazas de los Glyptodon pero no siempre las colocaba en Ja posiciou que acabo de indicar. » (La Antiguedad del Hombre en el Plata, t. IT, p. 532.)

Ce ne fut que plus tard, probablement sous les étreintes du froid, que l’homme apprit à utiliser les cavernes creusées dans le calcaire par les disruptions géologiques ou par l'effort des eaux. L'absence, dans celles qui ont été fouillées. d'instruments

Fig. 49. — Mylodon robustus.

chelléens, Les plus anciens connus jusqu'ici, permet cette supposition, sans qu'il soit possible cependant de fixer une date initiale à leur occupation. Cette date d’ailleurs a dû singulièrement varier selon Les régions. Notre globe, notre continent ne se sont peuplés que progressivement, et c’est par invasions successives que nos ancêtres ont pénétré dans les différentes contrées. On signalait récemment dans la principauté de Galles des grottes en plein pays glaciaire *. Le Boulder-Clay et les sables marins, témoins irrécusables de la submersion de la région à l’époque où les glaces recouvraient la presque totalité de la Grande-Bretagne, tapissent les sommets voisins. Des fouilles entreprises en 1886

1. On some recent Researches in Cone-Caves in Wales (Proc. Geol, 4ss.,t. IX). — On the Flynnon, Beuno and Gwyu Caves (Geol. Mag., déc. 1886).

ont mis au jour une série de couches superposées, le gravier, la terre rouge renfermant des ossements quaternaires et des silex taillés, des couchesstalagmitiques, Le limon enfin d’un apport plus récent. C'est là le fait normal dans presque toutes les grottes de l'Angleterre; mais dans celles de la Clwyd, la terre à ossements était remaniée et mêlée à des galets striés, à des sables entraînés par les glaces. M. Hicks qui dirigeait les fouilles en a conclu que l’homme et les animaux de la faune quaternaire avaient habité ces grottes avant l’époque glaciaire, avant la grande submersion qui descendit sur certains points jusqu'à quatre cents mètres au-dessous du niveau actuel de la mer. Nous aurions là assurément une des plus anciennes preuves, non seulement de l’existence de l’homme, mais encore de l'habitation qu'il avait choisie. Ces conclusions sont vivement combattues. il existe en Angleterre, remarque M. Arcelin ‘, deux jalons géologiques exceptionnels, le Forest Bed qui représente les dernières formations pliocènes, et les River Gravels qui sont les plus anciens dépôts quaternaires. Entre les deux, nous trouvons le Boulder Clay de formation glaciaire. Or la faune des grottes de la Clwyd, loin de se rapporter à celles du Forest Bed, paraît même plus récente que celle des anciens dépôts des River Gravels. On n’y trouve ni l’Elephas antiquus, ni le Rhinoceros Merckii; les silex ne se rapportent pas aux types connus des River Gravels ; ils sont plutôt comparables à ceux de nos gisements de l’âge du renne. Il est done impossible, dans l’état actuel de la question, d'affirmer que l’homme ait vécu dans le sud-ouest de l’Angleterre à l’époque des phénomènes glaciaires, dont il aurait été à la fois le témoin et la victime. |

Bien souvent nos ancêtres ont dû disputer à l’animal un précaire asile; on peut cependant établir quelques distinctions. Les cavernes qui ont servi de retraite aux ours ou aux félides sont en général d’un accès difficile ; leur entrée se fait par des galeries longues et étroites, basses et obscures. Il en ést autrement des

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