‹ Mœurs et monuments des peuples préhistoriquesChapitre 60 sur 107 · RE — \ IE · texte numérisé non relu

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Fig. 58. -— Sépulture mégalithique à Acora (Pérou).

Les dolmens sont parsemés en grand nombre dans le bassin de Kouban et sur tout le littoral de la mer Noire occupé par les Tcherkesses. Ces curieux vestiges d’une civilisation inconnue restent pour nous à l’état d'énigme ; comme ceux de l’Europe occidentale, ils sont ordinairement formés de quatre dalles surmontées d’une cinquième; une des parois est presque toujours percée d’une petite ouverture ronde ou ovale. Les fouilles ont donné des bagues, des pointes de flèche, des spirales en bronze; mais M. Chantre, dont l’autorité est considérable et qui a le mérite d'avoir visité ces mégalithes, attribue les objets qu'ils renferment, à des inhumations secondaires et n'hésite pas à faire remonter à l’âge de pierre les plus anciens parmi eux. On ne saurait omettre ni les dolmens qui s'élèvent dans la partie sud de l’île de Yeso (Japon), ni celui décrit par Darwin à Puerto Deseado (Patagonie). Les uns et les autres rappellent les monuments semblables en Europe.

En résumé, les dolmens possèdent toujours une large dalle plate posée sur des montants en pierres brutes. C’est la seule règle fixe; les circonstances locales, peut-être aussi Le caprice des constructeurs décidaient la position et le mode d’érection. Souvent, Je l'ai dit, le dolmen était enfoui sous un tumulus, mais les exceptions sont nombreuses. Le général Faidherbe, après avoir examiné plus de six mille dolmens en Algérie, affirme que la plupart n’ont jamais été recouverts de terre *. Dans les Orkney, on compte plus de cent dolmens sans tumulus et M. Martinet n’a pu en relever nulle trace dans le Berry. En Écosse et en Bretagne, les dolmens sont enterrés, non plus sous un terire, mais sous des amoncellements de cailloux appelés cairns en Écosse, galgqals en Bretagne. Si lés dispositions secondaires varient à l'infini, toujours et partout, une même pensée domine les constructeurs : le désir de mettre à l’abri de toute profanation la sépulture de celui qui fut un homme.

Les cromlechs sont des cercles de pierres levées qui entouraient souvent les dolmens où les tumuli. Quelquefois ils sont simples, d'autres fois ils forment deux, trois et Jusqu'à sept enceintes disbinctes. Communs en Algérie, en Suède, en Danemark, où l’on distingue les langdyssers de forme elliptique et les rundyssers de forme ronde, ils le sont moins dans d’autres régions; il n’en existe qu'un petit nombre en France et on ne connaît en Italie que le cromlech de Sesto-Calende et ceux du plateau de Mallevalle, auprès du Tessin. Un de ces derniers comprend encore, en place, cinquante-neuf gros blocs granitiques qui dessinent une enceinte circulaire, un hémicycele et une allée d'accès. À quelques lieues de l’ancienne Tyr, on aperçoit un cercle de pierres levées. Ouseley en décrit un à Darab, en Perse; un missionnaire nous dit, à Khabb en Arabie, trois grands cercles qu'il compare à ceux de Stonehenge et Le D' Barth un cromlech entre Mourzouk et Ghât.

Un kourgane ayant été ouvert dans le gouvernement de Kherson, on constata à sa base trois ou quatre cercles concen-

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