Congrès préh. de Copenhague, p
de larges fossés, des parapets et des palissades. Les amas de cendres, de terre brûlée disent clairement les causes de leur destruction. Tout autour, les recherches ont donné quelques poteries grossières, des meules à broyer le grain, des provisions de millet que la flamme n'avait pas épargné et un petit nombre d'idoles en bronze d’une facture bien primitive. Lorsque les Roumains vaincus furent chassés de leurs retranchements, ils employaient donc ce dernier métal; en revanche, comme nous l'avons déjà remarqué si souvent, on n’a trouvé ni un objet en fer, ni aucune trace de rouille caractéristique du fer; la probabilité est donc qu'il était encore inconnu.
Dans toute l'Europe, nous venons de le voir, l’homme, ému des dangers qu'il courait, avait cherché dès les temps les plus reculés, par des moyens toujours et partoutsemblables, à mettre à l’abrisa famille, ses troupeaux, ses richesses. En Amérique, nous pouvons citer des faits plus importants encore. L'’immense territoire compris entre les Alleghanys et les Montagnes Rocheuses, entre les grands lacs du Canada et le golfe du Mexique, est couvert de fortifications vraiment colossales presque toutes construites en terre. Les vieux Américains savaient défendre par des redoutes, des murs, des parapets, des fossés, des circonvallations, chaque éminence, chaque delta formé par la Jonction, de deux rivières. On reconnaît, non sans quelque étonnement, un véritable système de forteresses reliées entre elles, des tranchées profondes, des passages secrets creusés jusque sous le lit des rivières, des observaloires sur les hauteurs, des murailles concentriques pour défendre les entrées et même des casemates. Tout cela est l’œuvre des Mound-Builders, ce peuple sans ancôtres, sans descendants et dont le nom même reste absolument inconnu pour nous! |
Toutes les forteresses des Mound-Builders s'élèvent dans le voisinage de cours d’eau abondants, et la meilleure preuve que l’on puisse donner de l'intelligence qui avait présidé à leur emplacement est le LENS de villes florissantes telles que Newark, Portsmouth, Cincinhati, Saint-Louis, Francfort,
New-Madrid, d’autres encore construites sur leurs ruines.
La simple énumération de toutes les fortfications qui existent dans l'Amérique du Nord nous entrainerait trop loin ; toutes se ressemblent d’ailleurs et un pétit nombre de descriptions suffira pour faire comprendre leur importance.
Fort-Hill (fig. 5) s'élève sur une éminence qui domine une petite rivière, le Paint-Creek ; les murailles ont une hauteur qui varie de 8 à 15 pieds, leur épaisseur dépasse 30 pieds’. La superficie qu'elles entourent, est d'environ 30 acres. Plusieurs portes facilitaient l'accès; l’une d’elles conduisait à une enceinte carrée dont les murs ont été presque entièrement détruits. Là étaient sans doute les demeures des habitants, cabanes construites en adobes, simples huttes couvertes de jones, de branches d'arbres, de peaux de bêtes; nous sommes réduits aux conjectures. Au milieu de l’enclos principal, on distingue, suivant un usage constant, plusieurs enclos beaucoup plus petits renfermant un ou plusieurs tertres. On les croit consacrés à des rites religieux; mais ce n’est là qu'une hypothèse, les mœurs, les rites, le mode de gouvernement des Mound-Builders restent encore un problème pour ‘nous.
Sur ces ruines abandonnées, les arbres de la forêt ont grandi depuis des siècles; d’autres arbres dont les troncs gigantesques en décomposition attestent la longévité les avaient précédés. L'homme, sous l'empire de mobiles que nous ignofons, avail abandonné ces lieux, où tout rappelle sa puissance et son intelligence; la nature seule maintient là vie par une vigoureuse végétation.
Le groupe le plus remarquable parmi ces fortifications est probablement celui de Newark dans la vallée du Scioto. Il comprend une enceinte octogonale, d’une superficie de 80 acres, une enceinte carrée de 20 acres et deux autres enceintes circulaires couvrant respectivement 20 et 30 acres. Les murs du grand cercle mesurent aujourd'hui encore 12 pieds d’élévation sur