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Fig. 87. — Tranchées à Juigalpa (Nicaragua).
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. quatre mètres. Dans chacun de ces réservoirs, on compte alternativement deux ou quatre mounds destinés selon toute apparence à des vigies. On ne sait rien du peuple qui a construit ces retranchements, encore moins des ennemis dont 1l prétendait arrêter l’invasion. On ne comprend guère le mode de défense qui pouvait être employé. Tout est obscurité, 1l faut Le répéter à chaque page, dans les études préhistoriques et de longs efforts sont indispensables, pour mettre un peu d’ordre dans le chaos qui nous étreint.
Bien que plusieurs archéologues prétendent les faire remonter aux temps primitifs, certaines fortifications dont il nous reste à parler, entrent à peine dans Le cadre que nous nous sommes tracé. Ce sont les forts vitrifiés, ces singulières constructions où les pierres, granit ou gneiss, quartzite ou basalte, ont été soumises à une chaleur intense et amenées à la vitrification.
« Les forts vitrifiés, dit un écrivain anglais', sont des enceintes généralement de forme ronde ou elliptique, choisies avec soin pour les nécessités de la défense et protégées par un ou plu-
1. Dr Hibbert, Trans. Soc. Antiquaries of Scotland, t. IV, App., p. 181.
sieurs remparts. Ces remparts présentent tous plus ou moins les traces d’une vitrification qui les a comme cimentés ensemble. » Cette vitrification est loin d’être partout égale; sur certains points elle est considérable, sur d’autres ses traces sont à peine visibles. Îl est évident que les constructeurs ne savaient pas diriger leurs feux d’une manière uniforme. |
Dès 1777, les forts vitrifiés étaient connus en Écosse, et jusqu'en 1837 on supposait qu'ils n’existaient que dans ce pays. Vers cette époque, le professeur Zippe appela l'attention sur des ruines semblables en Bohême; plus tard, on les fit aussi connaître sur plusieurs points de la France, du Danemark et de la Norwège. M. Virchow signalait les Schlaken Wälle ou remparts à scories vitrifiées près de Kern’. Il serait facile de multiplier les exemples. On connaît des murailles vitrifiées dans le Puy-de- Dôme”; le revêtement est en argile et on remarque des cheminées d'appel destinées à activer la flamme. À Castel-Sarrazin, on voit un camp refuge avec des dispositions analogues *. Récemment enfin, M. Daubrée présentait à l’Académie des sciences un échantillon de porphyre artificiellement vitrifié, provenant de l’enceinte préhistorique de Hartmannswiller Kopf dans la Haute-Alsace *.
C’est en Écosse que se rencontrent les vitrifications les plus remarquables. On en comptait jusqu'à quarante-quatre, 1l y a quelques années. Les plus célèbres sont Barry-Hill, Castle-Spynie dans l’Invernesshire, Top-O-Noth dans le comté d’Aberdeen et un fort de petites dimensions qui se dresse sur un rocher abrupte, au milieu de détroit de Bute. Des cairns vitrifiés se rencontrent jusque dans les Orkneys, dans la petite île de Sanday notamment, mais les deux constructions les plus intéressantes sont le Craig Phœdrick et l'Ord-Hill of Kissock qui s'élèvent comme d'im-
1. Zeitscrift für Ethnographie, 1810, p. 210. En 1881, M. Schaafhausen revenait, lors d'une réunion des naturalistes allemands à Ratisbonne, sur ces remparts à scories vitrifiées.
2. Pomerol, Murailles vitrifiées de Châteauneuf. (Ass. franç., Blois, 1884.)