‹ Mœurs et portraits du tempsChapitre 13 sur 111 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

La veille da grand joar. — Moa?emeat inasité dans le cabinet. — Des employés iront et viennent, apportant oo emportant des corlHsilles de dépèches. — Une grande taMe en est ebvfée; les unes sont oovertes , les aotres sont encore sons le cachet. — Les commis achèrept le déponHIement et classent an for et à mesure. — Rien de plus beao ï ?oir qoe le Crédit Mobilier an fort de ce coap de fea : César en deçà dn Rnbicon . Napoléon dans la nn|t d'Aiisterlitf , ne dorent pai fiiire meilleore figure. — 11 foule d'on pied gloneox le tapis do cabinet ^ donne des ordres eu plnsienrs laagaes, préside i la besogne et en sanreille les détails, -> Le comnandemept est bref, le geste vif; oq y reconnoalt un homme habitné à la grande guerre.

LE CRÉDIT AfOBIIylER, quelques commis,

LE CREDIT MOBILIER, à UH eommis biond.

Les correspondants de la maison sont-ils tous servis?

LR COMMIS,

A peu près tous, Monsieur; on en est aux der-* niers envois,

LE CRÉDIT MOBII^l^R.

C'est bien, et continuez h suivre mes instruc^ tiens; disséminez et éloignez les titres. Envoyez'* en dans toute TEurope, en Amérique aussi : il

5a LES DEUX CRÉDITS.

est bon d'avoir les distaaces pour soi. Que Paris se dégage, voilà l'essentiel : autrement nous serions envahis dès le premier jour; il y a tant de gens qui ne peuvent pas attendre !

( Les com?ni$ continuent leur travail et le Crédit Mobilier s'isole de nouveau de ce bruit pour s*éiever à une méditation générale et à, une vue d'ensemble,]

LE CRÉDIT MOBILIER, à part,

Cest demain! Demain? Il me semble que j'y suis déjà I Au fait , on peut dire que c'est comme si j'y étais I Tout n'est-il pas prévu, réglé, arrêté? Est-ce que d'avance je ne sais pas comment les choses se passeront? Des capitaines d'aventure peuvent laisser quelque prise au hasard; mais nous? Nous, jamais! {Avec une pointe (Fironie.) Le hasard, voilà un mot dont on a singulière^ ment abusé. Un événement imprévu , une révolution, une guerre, passe, c'est du Iiasard, je l'admets , et nous y sommes tous sujets , petits ou grands, comme à la mort; mais, hors déjà, le hasard est un esclave qui doit travailler au profit de ses maîtres, et, s'il résisle, être rudement

châtié. Ainsi mené, il marche. (Sur un ton moins phihsophiqtie.) Ah! çà, voyons, n'y manque-t-il rien? Sonunes-nous bien armés, bien cuirassés? Si on allait faire une trouée dans notre corps de bataille? Non, non, impossible : les dispositions sont trop savantes pour cela; elles défient les ennemis et les amis. Tantôt encore j*ai vériOé les souches; beaucoup de titres au loin, d'autres ici en bonnes mains, quelques-uns distribués à l'aventure, c'est la part du feu. Ainsi, au comptant, rien à craindre, et en forçant les livraisons le jeu est maîtrisé. Que reste-t-il? Quelques étoui"neaux, quelques besogneux, soit; ils se hâteront de vendre .et la hausse se fera par eux et à peu de frais. Nous sommes là, nos agents aussi. Confiance donc, et en avant : nous irons aux nues et même plus haut. Déjà , à la Bourse , il y a eu un mouvement pour nous; on nous y demande, quoique nous n'existions pas; c'est une simple effervescence aujourd'hui, demain ce sera une

révolution

( Un grand bruit se fait entendre à la porte du

cabinet; des voix confuses s'élèvent ^ er, dans

&f LES HtVX CBÉDIT8*

le nombre^ celles 4,e$ ^tnployé», gui smblent opposer un^ vigoureuse réshlancç, ]

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