CRIS PE DEHORS
Nous voulons le voir ! Nous youlonç; la voir !
Qu'est-ce à dire? on demande p^ tête ? Garçons, na cédez pas : qu*oq vous marche jiur Iç corps plutôt.
(Nouvel effort de la foule; nouv§(iu:p çrUj tqpçige à ébranler rame lia plus héiroïque; enfin la porte cède, s'ouvre avec-fracas^ et une foule nombreuse envahit le cabinet. Le Crédit Mobilier est inaccessible à la peur^ cependant il fait deux pas en arrière^ ce mouvement le trahit,) uyiB DAME se précipHaut à ses pieds.
Monsieur, Monsieur, une mère de huit enfants.....
UN HOUHE se prosternant (iitssi, Monsieur, un de vos coreligionnaires.
UN SECOND r imitant.
Votre pharmacien, Monsieur.
SEPT ou HUIT AUTRES embrassunl ses genoux.
Monsieur, votre ébénjste, votre droguiste, votre
PHEMll^R TABLEAU ^fi
laropirte, votre planiste, votre herboriste, votre fumiste,,,., ( Ta^lçau, £(? $qI est jorkcfié çle $uppliqnU el h Crédit JUQbilUr éproMve qu^lqm p^if^e à sp dérober au^ étreintes de ceux gui fentoufentn l^s clameurs se ^onfQndent , le^ coudes f§ hur^ ient; cest me mél^e ginér^ie, ) Ls CREDIT NOBii^i^R dominant le tumulle, QUi'e^lTW donc? Qu4î me voul^i5-vpup?
VPIX,
Un peu de votre emprunt, Mop&i^ur, un peu de votre emprunt; on le dit si bon.
LE CRÉDIT MOBILIUH,
Vous vous méprenez, mes amis, je n'ai point d'emprunt.
AOTft«S VOIX,
De votre machine ^lors, Monsieur ; on a^ure qQ*U Y ^ des monts d'or a gagner desiUSr i^ CREDIT MOBiLii^R s* attendrissant.
Aveu précien;^ à reouçillirl témpignage significatif ! Nous prenons I nou^ devenons populaires ! Eh bien! je me montrerai digne de ce succès; je
me sens en fonds de grandeur. (Avec: vn geste
approprié au discours.) Mes amis, mes enfants, relevez- vous ; j'exauce vos vœux , je m'y rends , je m exécute. C'est le grand jour^ le jour des largesses ; il y en aura pour tout le monde, les humbles comme les puissants. Je veux faire beaucoup d'heureux. (Allant du côté de ses comtnis.) Que l'on donne deux promesses d'action à chacun de mes fournisseurs, quatre à mon coreligionnaire, et six à cette mère de huit enfants. C'est à titre d'encouragement et pour qu'elle s'occupe du neuvième : je ne suis pas malthusien.
LES SUPPLIANTS, eu choèur.
Vive le Crédit Mobilier! grand homme I <^ noble cœur!
LE CRÉDIT MOBILIER, à part.
Je sens les larmes me gagner : c'est du Berquin , décidément, c'est du Berquin.
( Pendant que cette distribution a lieu, un homme pénètre dans la pièce en manière d* ouragan , se fait jour à travers les personnes qui Z'^combrenty arrive jusqu* au Crédit Mobilier en dépit des obstacles et se précipite dans ses bras, )
PREMIER TARLEAU. 57
L*INCONNC.
Âh 1 je te trouve enfin ! Ça n*est pas malheureux \ LB CREDIT MOBILIER essatjant de se dégager.
Mais, Monsieur, que signifient ces procédés I Chez moi! En public!
l'inconnu.
Que je te presse de nouveau sur mon cœur!
c'est un besoin impérieux.
(// essaie de joindre t effet à la menace; le Crédit Mobilier le tient cette fois en res" pect. )
LE CRÉDIT MOBILIER, froidement.
Plus de ces violences, Monsieur, ou je vous fais jeter à la porte. Qui ôtes-vous?
l'inconnu.
Comment 1 tu ne me reconnais pas? vrai?
LE CRÉDIT mobilier.
Non , je vous assure.
l'inconnu.
Tu ne reconnais pas ton petit Gabriel , ton condisciple au collège , celui dont tu faisais les pensums et quir t^a valu de si jolis coups de martinet.
58 L«6 DCUX GREDITB.
LE CRÉDIT MOBILIER
Dans tous les cas. Monsieur, le momeiil; est singulièrement choisi pour une reconnaissance. II nié semble que vous auriez pu attendre à demain,
L'iNCONÎfU,
Merci ! pour que les oiseaux fussent tous déniohés. {D*un ion de reproche.) Comment, camarade, vous faites une affairé, une superbe affaire, et vous ne songe» pa3 à votre petit Gabriel. Ingrat I
LE CRÉDIT MOBILIER, levaut les ycux au eiel.
Souvenirs de Tenfance, voilà de vos coups.
Etëcutons-nous ; c'est le seul moyen de s'en délivrer. (A un comtnU,) Cinq éventualités d'action à monsieur.
1,'iîrcoNNu,
merci I merci! Dieu, que je te reconnais làl Jeune, tu promettais tant! Et comme tu as t«nul Viens de nouveau sur mon cœur, viens !
(Même jeu guayparavant*) LE CRÉDIT MOBILIER, là fepou$$mt uvec pefte.
De la tenue, ou il n'y a rien de fait.
: L*lNCOMNtJ«
Ohl alors, je retire l'aocolade. N'importe» C'est mai ^ toi : ta es généreux mais tu n'es pas démonstratif : encore si tu avais iâclié les dix coupons 1
{Il êe mélo aux autres personnage. ) UN GARÇON» entrant.
Monsieur, il y a dans rantichambre je ne sais combien de domestiques en livrée avec des lettres de duchesses , de marquises , de comtesses ^ vicomtesses et baronnes. Ils prétendent ne pas sortir les mains vides, et coucheront là^ s'il le faut. Leurs ordres sont formels«
LE CREDIT MOBILIER i îe froitont les mains.
De plus fort en plus fort : il y a engouement ; il y a vertige.
UH AUTRE GARÇON, ^eî;e£î des airs njfarési Monsieur, Monsieur, ça se gdle au dehors ; voici des groupes qui se forment; on nous enlèvera d'assaut , si vous n*y prenez garde» Il se dit dans la foule que Ton bat monnaie ici et qu'on y donne de Tor à poignée \ qui en demande. Entendez-vous ces cris? {Clameurs confuses^)
00 LBS DEUX CRÉDITS.
LE CRÉDIT MOBILIER
Une émeute, ce serait le comWê ! Mais ce jeu ii*est pas du goût de l'autorité. {Aux t/arçons de bureau.) Qu'on ferme les portes de Vhàtel et qu'on envoie chercher deux gendarmes à cheval. Il y aura deux promesses d'action pour chacun d'eux : c'est le moins qu'on puisse faire en faveur de cet cslimablfe corps. Allez.
( Les garçons de bureau sortent.) Comme ça marche ! comme c'est monté ! comme ça prend couleur \ [Se f mitant les mains avec une volupté évidente.) Je sais quelqu'un qui en séchera de dépit. Bah! qu'importe! Pourquoi a-t-il l'esprit si mal fait ! Fi des envieux ! Chacun son tour icibas et le tour du mobilier est enfin venu. [Se ravisant.) Mais, j'y songç, le plus délicat de la besogne n'est pas fait, [regardant à sa montre) et il n'y a pas une minute à perdre. [A ses commis.) Emportez ces papiers dans les bureaux, et qu'on me laisse : J'ai besoin d'être seul.
( Les employés se hâtent défaire disparaître tout ce qui encombre les tables; le cabinet se vide peu à peu, )
PRENfER TABLEAU. 61