‹ Mœurs et portraits du tempsChapitre 27 sur 111 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

(Xes marches du perron. On y voit réunis tous les titres qui ont les honneurs dune cote à la Bourse, Les plus fiers , les mieux classés ^ sont sous le péristyle : c'est Varistocratie du lieu. On y reconnaît les Fonds français et étrangers^ qui échangent des poignées de main ; le Piémont a surtout de grands airs : il se sait bien soutenu. Tout auprès sont les Chemins de fer, qui se jettent dans les bras les uns des autres , et répètent cette manœuvre à satiété. La Banque de France garde son quant à soi; à peine consent elle à adresser la parole aux Bons du Trésor; elle ne daigne pas saluer le Comptoir

TROISIÈME TÀBLEA.U. t05

d'escompte qui passe. La catégorie Ses Obligations se tient à l'écart; ellefwt le bruit et se recommande par une altitude modeste. Sur les degrés se rangent les titres d'un ordre inférieur^ et ce ne sont pas ceux qui font le moins de tapage : les Mines 9 les Gas^ les Docks j les Palais, tes Lins, les Canaux , les Forges j les Charbonnages, les Zincs, les Filatures y les Caisses financières, enfin tout le menu de la spéculation. Des conversations s'engagent, des scènes se détachent du sein de ce tableau animé,)

l'emprunt turc.

( // est placé sur la dernière marche du perron avec une sébile en main et une tablette portative suspendue au cou. Sur l'un des côtés de cette tablette se trouve un lot de dattes; t autre est garni de pastilles du sérail qui fument au nez des passants. Le costume de F Emprunt turc est celui qua consacré r Opéra-Comique : le turban à aigrette^ atec un nœud de pierres du Rhin, la veste de velours brodée d'or, les bottes en maroquin et le mouchoir destiné aux odalisques. Bien de plus piteux que Fattitude de cet enfant desavoué.

lOÔ LES tfEtJX CRÉDITS*

Pour fnieuoc exciter r intérêt ^ il chanté seg ntulheurs sur l'air populaire de Hichard Cœur-de- Lion.)

'Air : Richard.

richards ! plus de foi !

Le sultan m'al)aiidoiine ; S|UT la terre il n'est donc que moi»

Qui s'intéresse à ma personne.

UN PASSANT^ Jetant un sou neuf dùnê la sébiki l'ênez, Osmanli^ et tâchez de ne pas noui fausser compagnie une autrefois. Soyez Turc^ mais soyez honnête.

l'emprunt TURC , reprenant sa romance.

Le sultan m'abandonne.

h% PASSANT,

Assez, enfant du Bosphore; on tous donne un patard pour en finir. Et surtout ne nous enfumez plus avec vos pastilles ; si le sérail n'en connaît pas d'autres, je le plains.

[Sur les marches du milieu et à quelques pas de t Emprunt turc , le dock Napoléon et le Palais de cristal causent de leurs petites affaires,)

THOISIÈME TiBLSAU- ilKT

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