‹ Mœurs et portraits du tempsChapitre 7 sur 111 · LE TEMPLE DE LA RICHESSE · texte numérisé non relu

LE TEMPLE DE LA RICHESSE

rains de l'affaire s'en retirent visiblement ; ib réalisent leurs profits et laissent le champ libre aux acquéreurs de la dernière heure; ils font plus encore , ils agissent de façon à ce que les titres s'avilissent de nouveau afin de préparer les élé-* ments d'une autre reprise. Tel est le cercle ingénieux dans lequel roulent ces opérations, il y a de quoi en tirer vingt fortunes. Au fond» qu'ion porte l'affaire? qui s'y arrête? qui en prend souci? c'est un prétexte , rien de plus.

Maintenant, en face d'hommes ainsi armés, forts par eux-mêmes, forts par leurs relations, connaissant leur but et assurés de l'atteindre « que Ton place un autre groupe de financiers, qui, soit calcul, soit rivalité d'état, opèrent dans un sens opposé, non pas d'une façon régulière, mais brusquement , par saccades , et à l'aide de retours offensifs; puis, entre ces deux puissances toujours aux prises I qu'on se figure, si c'est possible, la masse indisciplinée <ies petits spéculateurs, des petits capitalistes^ des petits rentiers, qui ne savent de quel c^té se mettre ni où trouver un ubri; qui changent de Jeu sans motif ou s'obstinent hors

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de propos^ et, au moment du choc, effarés, éperdus, vaincus d'avance par le bruit et les émotions du combat, mal servis par leurs hésitations, abandonnés de ceux qui les ont conduits sur le terrain , Gnjssent par être écrasés et foulés aux pieds par les deux armées belligérantes; et Ton pourra juger si c'est là une partie égale , loyale , qui laisse des chances ouvertes de Tun et de Tauire côté, comme le veut la justice et comme il convient entre gens d'honneur, ou bien une de ces parties meurtrières dont le dénouement est prévu et où des râteaux impassibles ramassent les dépouilles de tous ceux à qui le cœur ou le^ forces ont manqué.

Il serait temps de s'arrêter; la Bourse prend des ambitions trop grandes; elle empiète sur la politique, elle empiète sur la morale, elle ira plus loin encore si on ne la contient. Comme toutes les puissances de la terre, elle a été gâtée par ses flatteurs ; Tivresse de l'encens est si malsaine I On lui a tant dit qu'elle est la colonno des gouvernements, la clef de voûte des Ëtat^ l'arc-boutant des empires, qu'elle se croit désormais en droit

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