LE TEMPLE DE LA RICHESSE. «S
de prétendre à tout el de tout oser. Aussi comme elle étend son domaine et dans un sens suspect ! combien elle admet de ces titres secondaires ou véreux, qui brillent pendant quelques heures comme des feui follets, et disparaissent en laissant dans une fondrière les malheureux qui 8*y sont fiés ! Combien elle multiplie les pièges et que d'amorces elle répand! Comme elle fait chaque jour une part plus grande au crédit équivoque, aux opérations de passage, aux manœuvres du jeu, et cela au préjudice du crédit sérieux , des négociations de bon aloi et des placements durables !
Encore si la Bourse s*en tenait aux flmes qui lui sont acquises et vont vers elle naturellement ; aux grands flnanciers et. à leurs assidus» aux capitalistes qui cherchent des émotions , aux hommes déclassés en quête d'un dernier abri , aux vétérans des tripots publics , aux brelândiers de toutes les classes et de toutes les volées, il n*y aurait pas lieu de s'en préoccuper aujourd'hui plus qu'hier et de pousser un cri d'alarme. Ce sont là des clients obligés et elle les aura toujours. Mais ses ravages ont porté plus loin ; ils ont atteint une
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popQlatîon qui devrait rester constamment en. de^ hors de son influence. Tout y a contribué : la hausse universelle des valeurs, le scandale de quelques fortunes, la vogue de certaines opérations. Comment s*en défendre? il n'était question que de cela. Le bruit en parvenait aux oreilles les plus humbles et les plus paisibles; il allait troubler le père de famille près de son foyer, l'artisan dans sa mansarde, le commerçant derrière son comptoir : point de cerveau qui ne reçût un choc, point de chevet qui n'eût ses rêves. Il est si doux de s'enrichir sans travail 1
Assez, d'un pareil jeu : l'hûnneur du pays s'y perdrait , sa fortune aussi : il n'en peut sortir que de mauvais penchants et de mauvaises moeurs, le dçgpût des carrières honnêtes et des fonctions utiles, enfin Thabitude de poursuivre la richesse à coups de dés et de demander aux faveurs du hasard ce qu'il faut attendre de l'esprit de conduite, habitude fatale où s'énçrvént les forces d'un peuple et ses plus nobles facultés, et qui, en s'invélérant, pervertirait d'une nianière irré-^ médiable les nouvelles générations.