PROLOGUE
Qui n'a entendu parler de la question d'Orienl? Voici quatre ou cinq fois qu*elle reparaît à Thorizon de la diplomatie , comme ces comètes dont les ré« volutions ont été calculées par les savants. Dans la première période de son retour, elle jette ordinairement des clartés sinistres ^ frappe les ambassades de stupeur et déploie une queue à faire pâlir celles des pachas de Tempire ottoman. Alors c'est h qui prendra l'alarme ; on sonne le tocsin dans les cabinets , on prodigue les notes comminatoires , on envoie des flottes sur les lieux , on se tient prêt à tout événement. Rien de plus sage , ni de mieux combiné : seulement c'est en pure perte. Â peine entrée dans sa seconde période, la question d'Orient déchoit à l'instant de ses proportions ; son éclat s'aflaiblit, sa redoutable chevelure se dissout; bientôt il n'en reste plus qu'un météore inofTensif,
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destiné à disparaître dans l'espace. Aussi les mêmes populations qui Tavaient accueillie, répouvante dans le cœur, lui prodiguent-elles , quand elle se retire , le dédain et Tinsulte. €*est le dénouement obligé.
Loin de moi la pensée de pénétrer cette mystérieuse question ; elle est pleine de trop d*abtnies. Pourtant j'y trouve cette fois une circonstance curieuse et il est bon de la faire ressortir. De toutes les puissances, la plus engagée aujourd'hui est celle qui a rintérét le moins direct dans le démembretnent de l'empire turc.
L'Autriche rêve l'annexion de quelques provinces qui lui sont limitrophes et le maintien de son influence sur celles qu'elle n'aurait aucun avantage à s'adjuger.
L'Angleterre a classé désormais l'Egypte ait nombre des États qu'elle doit gouverner à l'aide de princes asservis à son joug ; elle ne souffrirait pas que ce passage vers ses possessions de l'Inde tombât entre les mains d'une puissance hostile ou seulement réfractaire. Même au prix d'une guerre, elle y maintiendre sa suprématie.