S XIII
LB8 liPIMBS DB LA 8UBVBILLAH0B
Une fois engagés sous les voûtes du palais, Fox et Baby se virent plongés dans une obscurité profonde, et n'eussent pu aller plus avant sans le secours de leur escorte. Un bras officieux vint les aider à propos et les guider dans leur marche au moment où la clarté leur manqua. Ce fut ainsi qu'ils parvinrent dans une vaste salle richement décorée et resplendissante de lumières^ c'était la salle des enquêtes ; ils allaient y subir un premier examen.
Rien de plus imposant que Taspect du local , ni de plus solennel que la séance dont Baby et Fox devaient être les héros. Le ministre de la surveii-
riLE DES APHONES. 359
lance avait cru devoir la présider en personne, et il y avait fort peu de vides sur les sièges des magistrats. La décoration de la salle consistait en des tentures rotiges , parsemées d*écrevisses d*or ; les fauteuils étaient en velours cramoisi. L'un de ces fauteuils se trouvait en face du banc où les étrangers devaient s'asseoir : il était destiné à David , qui représentait dans le conseil l'élément saxon , et servait naturellement d'interprète à ses deux compatriotes. Les autres sièges formaient un hémicycle à droite et à gauche de celui du président, placé sur une estrade élevée et sous une espèce de t)aldaquîn.
Quand le capitaine et le lieutenant du Star entrèrent dans la salle, les magistrats étaient tous en place, et gardaient une attitude pleine de dignité. Le coup d'œii avait une grandeur sombre , et des cœurs moins résolus auraient pu s'en émouvoir. Ce fut dans ces conditions que l'interrogatoire commença. Lé président posait les questions, David les traduisait ainsi que les réponses; le tout était suivi d'un commentaire, conçu avec une grande liberté d'interprétation, comme on va le
voir. Un secrétaire recueillait et couchait par écrit le dernier mot du président.