‹ Mœurs romaines du règne d'Auguste à la fin des Antonins (volume 2)Chapitre 108 sur 258 · LIVRE VI. — LES SPECTACLES · texte numérisé non relu

LIVRE VI. — LES SPECTACLES

sente ^ Cependant, pour bien concevoir en général les prouesses dont on a fait honneur aux pantomimes, il ne faut pas perdre de vue que l'art antique , l'art de la scène notamment, demandait infiniment plus à l'imagination du spectateur^ comme il Thabituait et l'exerçait bien plus à compléter l'image de ce qu'on lui offrait que ne le fait l'art moderne.

La danse des pantomimes n'était pas une danse dans l'acception moderne du mot. Elle consistait principalement dans des mouvements expressifs et cadencés de la tête et des mains, bien que, naturellement, des évolutions de tout le corps, des flexions et des torsions de tous les membres, voire même des sauts ne pussent y manquer^. Le langage des mains, ce langage commun à tous les peuples, qui rachète, comme dit Quintilien% la diversité si grande de leurs idiomes, était évidemment, dans l'antiquité, encore plus riche en gestes significatifs et généralement intelligibles que la gesticulation et le jeu de physionomie des méridionaux de nos jours. Chaque mouvement de la main et des doigts avait sa signification^, et l'éloquence de la danse* fut sans doute développée, perfectionnée et raffinée de plus en plus, par un long exercice

1 Tel paraît être da moins le yérîtable sens du seul passage de Lucien {De saltat, 83) qui pourrait faire supposer la présence réelle des personnages secondaires.

^ Lucien, De saltat., 71.

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