‹ Mœurs romaines du règne d'Auguste à la fin des Antonins (volume 2)Chapitre 109 sur 258 · XI · texte numérisé non relu

XI

*■ Ibid., 3, 91, etc.

5 « Manu puer loquax » est déjà une expression de Pétrone (éd. Bucheler, p. 212). -— Tacite {Dial. des orat., chap. xxvi) dit : lUa foeda et prœpostera sed tamen frequens quibusdam exclamatio^ ut oratores nostri tenere dicere, histriones diserte saltare dicanlur. — Voir aussi, parmi les Grecs, Antipater de Thessalonique, Epigr, 27 et le C, /. G.,

de cet art. Il y avait même des enthousiastes grecs de celui-ci, qui trouvaient les danseurs a à touche philosophique », apparaissant à leurs yeux comme des néo-pythagoriciens, plus éloquents dans le silence que ne l'étaient les rhéteurs du temps par leurs déclamations ^ Des artistes réfléchis s'appliquaient à exprimer moins les paroles que le sens général du texte, par des mouvements correspondants; ils dédaignaient, par exemple, d'indiquer la maladie en faisant semblant de (âter le pouls, ou le jeu de la lyre en pinçant les cordes de l'instrument^.

Hylas ayant voulu, à une répétition ou à l'école de danse, exprimer ces mots du texte « le grand Agamemnon » en se dressant sur la pointe des pieds, son maître Pylade l'en réprimanda, parce que, suivant lui, ce n'était pas là grandir, mais allonger le roi des rois; et aussitôt le maître lui-même, interprétant ce texte à sa manière, prit l'attitude d'un homme qui médite^ De même qu'il s'était formé, dans Tart antique, une tradition bien plus fermement établie partout que ne l'est celle qui existe dans l'art moderne, si bien que la première resta, pour tout le développement ultérieur de l'art, comme une règle sûre et un correctif des aberrations et des folles expériences auxquelles entraîne la manie d'originalité des esprits faux, de même, dans la pantomime, la fixité de la tradition conventionnelle paraît avoir aussi singulièrement facilité, chez les anciens, le jeu aux artistes, ainsi que l'intelligence de ce jeu aux spectateurs. Lucien raconte qu'un pantomime, dans la scène de Saturne dévorant ses enfants, se fourvoya

i Athénée, I, p. 20 D.

2 Quintilien, XI, 3, 88, etc.

3 Macrobe, Saturn., II, 7.

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