‹ Mœurs romaines du règne d'Auguste à la fin des Antonins (volume 2)Chapitre 113 sur 258 · LIVRE VK — LES SPECTACLES · texte numérisé non relu

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matique, tel que l'histoire de Bacchus dans l'Inde, ou celle de Penthée. Cependant les sujets étaient également empruntés à d'autres cycles de la mythologie, comme par exemple dans une fête de Néron , où l'histoire de Pasiphaé fut représentée sous forme de pyrrhique, à l'amphithéâtre, et où Icare, lancé dans les airs au moyen d'une machine qui devait permettre de simuler le vol aérien , fit une chute dans laquelle son sang rejaillit jusque sur l'empereur *.

Apulée a décrit en détail une de ces pyrrhiqnes mythologiques, qui rappelle beaucoup le ballet moderne, à l'occasion d'une fête donnée dans la colonie romaine de Gorinthe, description évidemment conforme à ce qu'il avait déjà vu de ses propres yeux. Une pyrrhique sans canevas dramalique y précède le ballet^. La scène offre la chaîne du mont Ida, figurée par un grand échafaudage en bois. La montagne, couverte de broussailles et d'arbres véritables, laisse échapper des sources de ses flancs. Quelques chèvres y broutent; Paris, beau jeune homme en costume à la mode barbare, la tête ceinte d'une tiare en or, les garde. Mercure, bel adolescent à la chevelure blonde, vêtu seulement de la chlamyde , la baguette et le caducée à la main, la tête ornée de petites ailes d'or, apparaît en dansant un pas, présente à Paris une pomme d'or, en signifiant de la mine et du geste la commission que lui a donnée Jupiter, et se retire ensuite. A ce moment arrive Junon, superbe femme, ceinte du diadème et tenant un sceptre à la main; puis accourt Minerve, le casque étin-

1 Suétone, Néron, chap. xu. Ce vers de Juvénal (IV, 122) :

« £t pegma et pueros inde ad velaria raptos »,

se rapporte probablement aussi à une pyrrhique. 3 Apulée, Métam.y X, p. 232-236.

celant et orné de couronnes d'olivier sur la tête, avançant le bouclier et brandissant la lance; enfin paraît aussi Vénus, n'ayant pour voiler sa nudité qu'une gaze en soie bleue, tenant lieu depallium, dont elle se couvre les seins. Junon, accompagnée de Castor et de PoUux, commence par énoncer dans le langage de la pantomime, au son de la flûte, par des gestes et des pas cadencés, sa promesse de donner à Paris la domination de l'Asie, s'il consent à lui décerner le prix de la beauté. Minerve, à son tour, secondée par les démons de la terreur et de la crainte , qui exécutent nus une danse aux glaives, promet à Paris la gloire militaire, en rythmes sauvages, relevés encore par le jeu de mélodies doriennes d'un caractère guerrier. Enfin Vénus, avec un gracieux sourire, vient occuper le milieu de la scène, aux grands applaudissements des spectateurs, entourée d'une troupe de petits Amours, pourvus d'ailes, d'arcs et de flambeaux, ainsi que de fillettes, représentant les Grâces et les Heures. Les flûtes commencent à jouer une suave mélodie lydienne, pendant que Vénus exécute une danse enchanteresse et y promet à Paris la plus belle des femmes , si bien que , par moments, elle avait l'air « de ne danser que des yeux. » Paris lui présente la pomme. Junon et Minerve, en se retirant, manifestent leur colère et leur dépit, tandis que Vénus fait éclater la joie de son triomphe, dans une danse finale, qu'elle exécute avec tout le chœur de ses compagnes. Puis, un jet de teinture de safran et de vin jaillit dans les airs, de la cime du mont Ida, et, quand il a rempli tout le théâtre de sa senteur, la montagne même s'engouffre et disparaît sous le sol.

La pantomime était non-seulement de toutes les formes de la danse, mais de toutes celles du spectacle en général, le

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