CHAPITRE V
lie i^tade.
Combats d'athlètes à Rome antérieurement à Tempire. — Les jeux d'Àctium à NicopoHs et à Rome. — Les jeux Néroniens. — Le concours du Gapitole (j4gon capitolinus), — Concours ultérieurement institués. — Aversion des Romains pour la gymnastique et Tathlétique. — Ils prennent relativement peu départ aux combats d'athlètes. — Dilettantisme dans l'athlétique à Rome. — Position civile des athlètes. — Différence dans les idées des Grecs et des Romains sur Tathlétique.
Les combals et les jeux helléniques d'atlilètes et de musiciens se naturalisèrent le plus tard dans la capitale du monde romaine Rares sous la république, ils ne commencèrent à se populariser peu à peu que sous l'empire, avec les progrès de la fusion des éléments de culture et des mœurs de Rome et de la Grèce. Nous nous occuperons surtout ici des combats d'athlètes, car on sait si peu des représentations purement musicales à Rome, qu'il vaut mieux réserver ce sujet pour un chapitre spécial sur la musique. Ce fut Marcus Fulvius Nobilior qui organisa le premier, en l'an 186 avant Jésus-Christ, des luîtes d'athlètes, pour lesquelles beaucoup d'artistes étaient venus de Grèce ^. Un siècle plus tard, Sylla donna, pour
1 Tite-Live (XLV, 22), au sujet des spectacles grecs donnés, en l'an 169 avant noire ère, à Amphipolis par Paul-Émile, dit : « Ad quae rudes lum Romani erant. »
2 Tite-Live, XXXIX, 22.
2S0 HCEURS ROMAINES.
la célébration de son triomphe sur Mithridate, un spectacle de combats d'athlètes , dont il attira un si grand nombre, à Rome, que Ton fut obligé de renoncer, à Olympie, aux jeux du stade, faute de concurrents, et de s'y contenter, pour cette fois , de courses à pied ^ .
M. Scaurus, pendant son édilité^, en 88 avant Jésus- Christ, Pompée, à l'inauguration du théâtre qui prit son nom, en 55^ et C. Curion, aux jeux qu'il donna pour les obsèques de son père, en 83*, suivirent ces exemples. Cicéron, écrivant à M. Marins que celui-ci, dédaignant même les jeux de la gladiature, ne pouvait avoir grande envie d'un spectacle d'athlètes, ne faisait évidemment que caractériser le goût de la grande majorité du public romain d'alors, et Pompée avoua lui-même qu'en offrant des jeux pareils il y avait été pour sa peine et son huilée Cependant César aussi, aux jeux de son triomphe en 46, fit lutter pendant trois jours des athlètes, dans un stade élevé pour la circonstance au Champ- de- Mars, mais qui fut démoli plus lard^.
Auguste, qui prit un intérêt particulier à ce spectacle aussi, auquel il trouvait grand plaisir^, eut soin non-seulement d'en assurer le retour plus fréquent, mais même d'en ordonner la périodicité. Il avait, en commémoration perpétuelle de sa victoire d'Actium, renouvelé et amplifié
1 Appien, Bell, civ.y I, 99.
' Valère Maxime (II, 4, 7) n'aurait pu commettre l'erreur de lui aUribuer l'introduction des spectacles de ce genre, s'ils avaient déjà été communs auparavant.
3 Dion Cassîus, XXXIX, 38. — Plutarque, Pompée, chap. lu.
* Pline, Bist. nat., XXXVI, 120.
ô Cicéron, Ad/am,, VU, 1,3.
6 Plutarque, César^ chap. xxxix.
' Suétone, Auguste, chap. xlv.