‹ Mœurs romaines du règne d'Auguste à la fin des Antonins (volume 2)Chapitre 121 sur 258 · LIVRE VI. — LES SPECTACLES. 2ol · texte numérisé non relu

LIVRE VI. — LES SPECTACLES. 2ol

les jeux solennels qui se tenaient, en ce lieu, depuis les anciens temps, en rhonnenr d'Apollon, et qui continuèrent ensuite à être célébrés régulièrement dans la ville, nouvellement fondée par lui, de Nicopolis, probablement à l'anniversaire de celte bataille (2 septembre), de quatre en quatre ans, avec accompagnement de concours de gymnastique et de musique ^ Celte fête périodique fut rattachée, comme la cinquième, au cycle des quatre grands concours {agones) de la Grèce, qui avaient un caractère sacré^; aussi comptait-on parfois, au commencement de l'empire, par Actiades comme par Olympiades^. Elle se maintint en grand honneur jusqu'aux derniers temps de l'antiquité et fut même restaurée par Julien l'Apostate Nombre d'inscriptions, concernant des athlètes et des musiciens de tous les pays de langue grecque , prouvent qu'on ne faisait pas moins de cas des victoires qu'on y remportait que de la couronne décernée à Olympie ou à Delphes*.

1 Strabon, VIT, 325 C. — Suétone, Auguste, chap. xviii. — Dion Cassius, LI, 1. — Voir aussi Franz, C, I. G., III, p. 730. — Les fêtes augustales à Naples tombaient peu de jours ayant l'anniversaire de la mort d'Auguste, le 19 août (Suétone, Auguste, cbap. ne) ; les jeux d'Actium à Nicopolis, peu de jours après, suivant Stace :

Hoc me post patrii laetum quinquennia lustri, Quum sladio jam pigra quies, canusque sederet Pulvis, ad Ambracias conversa gymnade frondes, etc.

Silves, II, 2.

Ces indices mènent au 2 septembre.

2 Franz, C. /. G., ITI, p. 730 a.

3 Josèphe, Bell. Jud., I, 20, 4.

* Panegyr., X, chap. ix, 1.

5 Voir OreUi, 2633, et le Recueil des Inscr. gi\ : 1068 (Mégare), 1420 (Sparte), 1719, (Delphes), 1720 (Nicomédie), 2723 (Stratonicée), 2810 (Aphrodîsias), 3208 (Smyrne), 4081 (Pessinus), 4472 (Laodicée), et du temps des Sévères, dans le même recueil, III, 730; enfin 59J3, 24 (Alexandrie). Ces jeux étaient, comme il résulte des inscriptions mêmes, accompagnés des concours d'usage de musique et de gymnastique.

Des fêtes périodiques semblables furent instiluées, en rtionneur d'Auguste, par des princes tels qu'Hérode, roi de Judée S et par beaucoup de villes dans les provinces^. • Ainsi l'on retrouve encore, à la fin du premier siècle, la mention de jeux actiaques tant à Alexandrie qu'à Antioche^.

A Rome même le sénat avait décrété, dès Tan 724 de la fondation de cette ville , la célébration d'une fête périodique quatriennale, en commémoration de la victoire d^Actium*. Ce fut Auguste qui la célébra le premier avec Agrippa, en Tan de Rome 726 ou 28 avant Jésus-Christ. A la même occasion fut inauguré le temple d'Apollon, sur le Mont Palatin. Des hommes faits et des adolescents de la noblesse y conduisirent les chars dans l'hippodrome, comme aux jeux sacrés de la Grèce, et des athlètes y luttèrent, dans un stade élevé spécialement à cet effet, au Champ de Mars. On donna, en outre, un jeu de gladiateurs. La fête dura plusieurs jours, pendant une partie desquels Agrippa y présida, probablement avec Tibère^, alors âgé de quatorze ans , à la place d'Auguste , qui était tombé malade^. A partir de cette époque, les quatre grands collèges de prêtres furent chargés d'ordonner alternativement la fête, aussi longtemps du moins qu'elle con-

* En l'an 8 av. J.-C. (Josèphe, Ant. Jud., XVI, 6, 1, et BelL Jud., I, 21, 8).

2 Suétone, Auguste, chap. lix : Proyinciarum plerdeque supra templa et aras ludos quoque quinquennales paene oppidatim constituerunt.

3 Dans rénumération des exploits de T. Flavius Archibius (C. /. G., 5804, I, 24 (en Tan 89 de notre ère), et I, 27 (en l'an 90).

* Dion Cassius, LI, 19.

^ Suétone, Tibère, chap. vi : « Praesedit et aslicis (ou plutôt « actiacis »), et Trojam (?) circensibus, duclor turmœ majorum puerorum. » ^ Dion Cassius, LUI, 1.

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