‹ Mœurs romaines du règne d'Auguste à la fin des Antonins (volume 2)Chapitre 13 sur 258 · LIVRE YI. — LES SPECTACLES · texte numérisé non relu

LIVRE YI. — LES SPECTACLES

d'Apollon, huit (du 6 au 13 juillet); de la grande mère Cybèle, sept (du 4 au 10 avril); de Flore, six (du 28 avril au 3 mai); du triomplie de Sylla, sept (du 26 octobre au 1" novembre). De ces soixante-six jours, quatorze étaient affectés aux jeux de Thippodrome, deux à répreuve des chevaux de course, deux aux festins qui accompagnaient les sacrifices; les quarante-huit autres aux représentations scéniques. Dans les jeux publics de l'ère républicaine ne paraissaient, ordinairement, point de gladiateurs. Toutes les fêtes que nous venons d'énuraérer, à l'exception de la dernière, existaient encore au quatrième siècle; seulement la durée en avait été réduite. Le nombre des jeux, après la chute de la république, ne s'accrut que médiocrement d'abord. Jusqu'à Tan 4 avant J.-C, les seuls qui vinrent s'y ajouter, furent les jeux de la Vénus mère (genitrix)^ qui duraient onze jours (du 20 au 30 juillet), dont quatre pour le cirque, et la fête de Mars (12 mai), qui ne durait qu'un jour, également fêté au cirque. Sous Auguste, fut introduite une seconde fêle de Mars, d'un seul jour aussi, tombant le 1" août; puis, sous Tibère, la fête en l'honneur d'Auguste, d'une durée fixée d'abord à huit et plus tard à dix jours, portant les dates du 3 au 12 octobre; toutes les deux se passaient également en jeux du cirque. Dans la suite, il est vrai, le nombre des jours de fête solennisés par des jeux, après avoir été porté ainsi à quatre-vingtsept, sous Tibèie, fut considérablement augmenté à Toccasion d'événements divers , comme la célébration de victoires, la consécration de temples ^ les anniversaires de la naissance des empereurs entre autres, et, bien que Nerva, dont l'exemple fut suivi par Septime Sévère et Macrin , l'eût de nouveau réduit , il paraît qu'il n'en alla

pas moins toujours en croissant, dans les intervalles.

D'après une donnée , qui manque un peu de clarté cependant, il semblerait avoir été de 135 jours sous Marc-Aurèle. Du moins cet empereur fixa-t-il à 230 le nombre des jours d'audience des tribunaux ^ Vers le milieu du quatrième siècle, celui des jours de fête atteignit même 175, dont 10 étaient solennisés par des jeux de gladiateurs, 64 au cirque et 101 au théâtre. Mais précisément les combats de gladiateurs et de bêtes féroces, qui ne figurent même pas dans les calendriers antérieurs, et dont la durée est limitée, dans celui auquel nous empruntons ces derniers chiffres, à 10 jours en décembre, comme on vient de le voir, doivent, à en juger d'après les nombreuses mentions de ces combats offertes par les monmnents de la littérature et de Tart à Rome , y avoir été très-fréquents, à toutes les époques de l'empire, bien qu'il n'eût point été donné suite à l'idée d'Alexandre Sévère de porter ce nombre à 30 jours, qu'il voulait répartir sur toute l'année 2. C'est une raison de plus pour croire que les spectacles extraordinaires aussi furent toujours, relativement, très-nombreux. Or, ces derniers duraient quelquefois des semaines et même des mois entiers. Ainsi Titus donna, pour l'inauguration de Tamphilhéâtre Flavien, en l'an 80, une fête de cent jours; Trajan, pour la célébration du second triomphe de Dacie, en l'an 106, une de cent vingt-trois. Tous les grands spectacles commençaient avec l'aube et duraient, en grande partie du moins, jusqu'au coucher du soleil ^.

Dans Torigine, les jeux du cirque étaient réputés les

1 Vie de Marc Antonin, chap. x.

2 Vie (T Alexandre Sévère, chap. xuii.

3 Déjà Celse (De re med., l, 3) dit : Qui vero toto die in vehiculo vel in spectaculis sedet.

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