ANNEXES AU LIVRE VI
Costame et aratentent des gladiateurs.
Parmi les différentes armes de la gladiçitmre , nous avons déjà fait connaître les principales (p. 132 et 133). Maintenant, sans revenir sur ce qui a déjà été dit de leur équipement et de leur manière de combattre, nous allons essayer de compléter cette énumération et de mieux caractériser chaque espèce de gladiateurs, en entrant dans plus de détails sur les attributs distinctifs de chacune.
Nous avons déjà vu que ces champions de l'arène combattaient pour la plupart à pied, mais en partie aussi à cheval, ou montés sur des chars. Les gladiateurs à pied étaient les uns légèrement, les autres pesamment armés. A la première de ces deux classes appartenaient surtout les rétiaires et les suivants {secutores), dont nous avons déjà fait mention, comme sans doute aussi les vélites et les
provocateurs; à la seconde, les Gaulois et lesMyrmillons, les Thraces, les Samnites, les hoplomaques, tous également déjà nommés.
La spécialité des rétiaires était une des plus communes jet des moins estimées. Seuls de tous les gladiateurs ils
combattaient nu-tête ^ Vêtus d'une tunique^ ou d'un simple caleçon (subligaculum) ^ commun sur les monuments et blanc dans la mosaïque de Borghèse , ils avaient peut-être les jambes garanties en outre par des bandages. Leur armement défensif se bornait à un large ceinturon [balteus) et à une espèce de manche en cuir ou de brassard en métal, tenant lieu de bouclier, au bras gauche, et surmonté d'une épaulière (^a/erw^) ^ , qui parait très-grande et ressemble à une aile dans la mosaïque de Bignor. Le filet {jaculum)f la principale de leurs armes offensives, parait si grand, dans Winckelmann , qu'il couvre presque entièrement l'adversaire. Ils étaient munis en outre d'un poignard et d'un trident {fuscina), semblable à celui avec lequel on harponnait le thon. Il paraît qu'anciennement déjà les Tyriens,lors du siège de leur ville, avaient employé le filet et le trident pour leur défense , contre les Macédoniens d'Alexandre*/ L'idée de cette manière de combattre était évidemment empruntée à la pêche. Dans une chanson de l'arène, où il paraît que les combats simulés étaient accompagnés de musique ^, le rétiaire raillait ainsi le Myrmillon :
Non te peto, piscem pelo, quid me fugi' Galle?
1 Suétone, Claude, chap. xxxiv. — Juvénal, VUI, 200-206.
2 Le môme, Caligula, chap. xxx. — Juvénal, II, 143 ; VIII, 207 :
Credamus tunicse, de faucibus aurea cum se Porrigat et longo jactetur spira galero.
La spira, d'après Garrucci, était probablement un cordon passé en bandoulière autour du corps, de l'épaule gauche au flanc droit. ,3 <c Galerus est humero impositus gladiatorîs, » dit positivement le Scoliaste de Juvénal, VIII, 208 (éd. Jahn).
^ Diodore, XVII, 43.
& Pétrone, Satyr,, chap. xxxvi : Processit statim scissor et ad sym*