‹ Mœurs romaines du règne d'Auguste à la fin des Antonins (volume 2)Chapitre 131 sur 258 · LIVRE VI. — LES SPECTACLES · texte numérisé non relu

LIVRE VI. — LES SPECTACLES

En général donc, la position sociale des athlètes, dans les premiers temps de l'empire, fut beaucoup meilleure dans les provinces- de civilisation grecque qu'en Italie et à Rome. Mais, plus les éléments de la culture hellénique et orientale envahirent cette contrée, où ils favorisèrent la décomposition et finirent par entraîner la dissolution complète de la tradition romaine proprement dite , plus durent s'affaiblir à Rome aussi la répugnance pour les athlètes et l'opposition contre Talhlétique. A l'époque où le pavé d'une salle splendide , aux thermes de Caracalla , était orné de longues séries de portraits d'athlètes victorieux, les héros du stade furent certainement, dans la capitale et dans tout l'Occident, en plus haute estime qu'au temps où Sénèque, les deux Pline , Tacite et Juvénal se prononçaient, avec tant d'unanimité , contre le manque de sens et de dignité de la mode des exercices et des combats helléniques. En effet, les combats d'athlètes et les concours de gymnastique paraissent avoir trouvé , de bonne heure , leur chemin en Italie et dans les provinces occidentales; car il en est fait mention , dès les premiers temps de l'empire , à Pompéji ^ , puis à Épidaure , en Dalmatie ^ , et à Vienne , dans la Gaule ^; plus tard aussi à Carthage^. Il paraît qu'au temps d'Alexandre Sévère il ne restait déjà plus trace du préjugé romain contre l'athlétique^.

1 Henzen-Orelli, 2530, 6166.

2 Bull, de VInst., 1856, p. 46 (Pugilum cerlamina).

3 Pline le Jeune, Lettres, IV, 22 (Gymnicus agon).

* TertuUien, Adv. gnost., 6 (Agon Pythius); voir aussi de palL, 4, et Gothofredus, ad Cod. Theodos,, XV, 7, 3; Henzen, 6599 : Pugilum certamina.... et populo gymnasium (ex agro Tunetano).

^ Vie d^ Alexandre Sévère, chap. xxvii : Palaesles primus fuit.

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