‹ Mœurs romaines du règne d'Auguste à la fin des Antonins (volume 2)Chapitre 141 sur 258 · LIVRE VI, — LES SPECTACLES · texte numérisé non relu

LIVRE VI, — LES SPECTACLES

minien,dans lequel il avait fait conduire des eaux ^« Une description de Strabon^ paraît se rapporter à un autre spectacle. On y avait élevé, à côté du bassin d'eau, un échafaudage sur lequel les crocodiles pussent se vautrer au soleil. Des Tentyrites les y hissaient avec des filets et les faisaient ensuite redescendre dans l'eau , où ils se mêlaient

à ces animaux^ sans que ceux-ci leur fissent aucun mal. Ântonin le Pieux aussi fournit des crocodiles pour les spectacles'; Héliogabale en avait un* etSymraaque voulait en faire servir plusieurs à rehausser l'éclat de ses fêtes; mais tous moururent pendant les préparatifs^.

C'est aux jeux donnés par Pompée en 55 avant J.-C. que l'on vit, à Rome, le premier rhinocéros^. Mais, antérieurement déjà , le poëte Lucilius connaissait cet animal d'ouïdire '^. Auguste fit tuer, en 29 avant J.-C, un rhinocéros®, après l'avoir montré d'abord au clos des Septa^. En Tan 5 de notre ère, on vit un éléphant combattre avec un rhinocéros ^*^, que Strabon décrivit ^^ pour l'avoir vu de ses propres yeux. D'après Pline le Naturaliste, on avait eu souvent l'occasion de voir des rhinocéros à une seule défense ; mais il est possible qu'il n'en parût pas à deux défenses

t Dion Cassius, LV, 10.

2 XVII, I, 44, p. 815 C.

3 Voir sa biographie, chap. x.

*■ Voir sa biographie, chap. xxyiu.

s Symmaque, lettres, VI, 43; IX, 132.

6 Pline, H. N„ Vm, 71.

7 Voir Sat., 3, 21, où il dit : <( Dente adverse eminulo hic est, rhinocéros yelut iËthiops. »

8 Dion Gassius, LI, 23.

^ Suétone, Auguste, chap. xuii.

10 Dion Cassius, LV, 27.

11 Pag. 775, au commencement.

avant celui que procura Domitien^, et dont les médailles de son règne ont perpétué l'image^. Pausanias^ vit cet animal à Rome, où on le qualifiait de taureau d'Ethiopie. Gommode passe pour avoir abattu plusieurs rhinocéros*, Caracalla aussi en fit tuer un^; Héliogabale en possédait un autre®, et Ton en montra un aux jeux séculaires de Philippe*^. . Ce fut César qui montra la première girafe^ aux jeux de son triomphe de Tan 46 avant J.-C®. Pline l'Ancien *, Varron^® et Horace^* en parlent. Suivant Pline, cet animal, appelé par les Romains et les Grecs camelopardalis , ou oms fera^ désignation plus vulgaire sans doute, s'appelait nabfis chez les Éthiopiens ^^. Postérieurement au siècle d'Auguste, Pausanias doit être mentionné comme le premier auteur qui vit à Rome, de ses propres yeux, une nouvelle girafe dont il nous a laissé la description, et qu'il appelle chameau indien ^^; puis Dion Cassius^* fut

1 Livre des spectacles^ 22.

2 Eckhel, VI, 393.

^ Dion Cassius, LXXU, 10.

5 /&td., LXXVII, 6.

6 Vie (THéliogabale^ chap. xxvin.

7 VJe de' Gordien III ^"^ chap. xxxm.

8 Dion Cassius, XLIII, 23.

» ^w^. wû«., VIII, 69.

^0 y, 20 : Alexandrea camelopardalis nuper adducta. •

11 Épures, II, 1, 194.

12 Voir Brandt, qui a traité la question de savoir si le nabus de Pline est identique avec sa camelopardalis, dans le B%M, de VAcad. imp. de Saint-Pétersbourg, 1860, tom. I, pa^. 353. — Le nom arabe de la girafe est zerrafa, en grec moderne Çopaçic, et dans Albert le Grand seraph. Voir Mongez, pages 413 et 418, dont la notice historique sur cet animal est la plus complète, et Jahn, Columbarium de la Villa Pamfili, p. 45, etc.

13 Pausanias, IX, 12, 3.

1* LXXH, 10.

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