LIVRE VI. — LES SPECTACLES
la forme Verlasci s'est conservée dans l'usage jusqu'à nos jours, non-seulement à Capoue,mais encore à Vénafrum, où elle désigna les restes d'un amphithéâtre^ tandis qu'à Arezzo et à Florence, celle de Parlagio s'y est peu à peu substituée av^c le temps; et comme ce mot, synonyme de Parlaiorio, local ou bâtiment bù l'on s'assemble et forme des réunions pour délibérer, présente un sens clair et généralement intelligible, quoique .tout différent, il prévalut presque partout et fit oublier celui qu'il avait supplanté^.
Les vestiges de pierre aussi sont souvent 4rompeu»s, et, pour une foule de ruines, il est absolument impossible de décider si elles proviennent d'un amphithéâtre ou de quelque autre édifice. Un prétendu amphithéâtre à Doué, en Poitou, n'est en réalité,- d'après Monlfaucon', que le reste d'un ancien palais des rois de France.
. Mais, s'il est certain qu'il y a, d'une part, plus d'un retranchement à faire sur la liste des amphithéâtres romains dont on avait cru pouvoir affirmer Texistence , d'après celle de ruines ou d'autres indices , il n'y a pas moins de chance, de l'autre, pour que cette li^le s'enrichisse encore de mainte nouvelle découvei.'te , par suite de l'exploration de contrées encore peu connues, ou de fouilles d'érudition, dans les archives des villes surtout. Nous sommes encore loin d'avoir connaissance de tous les édifices de ce genre qui existaient dans la dernière période de Tanliquité, et
1 Cotugno, Memorie storkhe di Venafro, p. 264, etc.
2 Voir Maria Manni, Notizie istoriche intorno al Parlagio ovvero anflteatro di Firenze, Bologna, 1746. — Villani, Stotie /, chap. xxxiu. — Gnazzesi, Supplemento alla disserlazione intorno aglianfiieaîri degli (iniichi Joscani.
3 Antiquité expliquée, \, m fP,2hS, . .
dont la plupart ont dû disparaître, dans la longue nuit de barbarie du moyen âge, sans même laisser de traces. Si l'on a été, quelquefois, trop prompt à se prononcer sur l'existence d'ancienç amphithéâtres , d'après les indices de ruines méconnaissables et de témoignages suspects ou apocryphes , l'ouvrage de Maffei a fait justice de cette légèreté et opéré une réaction salutaire dans l'esprit qui doit guider ces recherches. Cependant le savant archéologue s'est certainement laissé emporter trop loin par son zèle critique, en n'admettant que trois amphithé&tres, ceux de Rome , de Capoue et de Vérone , en déclarant celui de Pola un simple théâtre, et révoquant même en doute la destina-* tion reconnue des Arènes de Nîmes.
Lipsius a, le premier, essayé de di'esser une liste d'amphithéâtres, dans son écrit intitulé : De amphitheatris qux extra Romam. Il en énumère quinze, desquels il y a cependant à retrancher les deux que l'on croyait à tort pouvoir revendiquer pour Doué (voir plus haut) et pour Athènes. Montfaucon (III, p. 288) en nomme dix-huit hors de Rome, tous situés en Italie et en France, à l'exception des ruines d'Italica. Clérisseau * donne un relevé de soixante-deux amphithéâtres, mais qui ne parait pas moins sujet à révision que celui de Promis , dont les indications portent sur cinquante-cinq amphithéâtres d'Italie , au sujet desquels il n'admet pas le doute.
Le relevé de tous les amphithéâtres connus d'Emile Hubner^, le plus récent à notre connaissance, en embrasse de quatre-vingt-trois à quatre-vingt-cinq.
1 Antiquités de la France, 1804^ p. 90 à 96.
3 Iscrizoni esistenti sui sedili di teatri ed anfiteatri - antichi, p. 23. (Ànnali delV Jnstit,, 1856, p. 67.) -