‹ Mœurs romaines du règne d'Auguste à la fin des Antonins (volume 2)Chapitre 145 sur 258 · LIVRE VI. — LES SPECTACLES · texte numérisé non relu

LIVRE VI. — LES SPECTACLES

Le mot arenay appliqué à certains lieux, se retrouve dans beaucoup de villes , au moyen &ge ^ . Mais est-il permis d'affirmer sur la foi d'une simple mention du treizième siècle^ ou de tirer, comme on Ta fait^, de la circonstance qu'il existait à Paris, sur la rive gauche de la Seine, non loin du Palais des Thermes, un endroit appelé Clos des Arènes, la conclusion qu'il devait y avoir eu là un amphithéâtre? L'opinion de Bertoli^, qu'il en existait un à Aquilée, ne se fonde aussi que sur la mention fréquente d'une torre d'Arena dans d'anciens documents des archives de cette ville. La mention semblable d'un vico deW anfiteatroy d'une platea amphitheatri ^ dans le quartier des Thermes {regio Thermensis), se retrouvait, d'après Garrucci * , même à Naples , où rien d'ailleurs ne prouve qu'il y ait eu réellement un amphithéâtre.

La dénomination de Colosseum n'appartenait pas exclusivement au Colisée de Rome^ que nous avons décrit p. 188-192. Quelques autres amphithéâtres d'Italie ont été qualifiés de même, en raison de leurs dimensions colossales^ comme l'ont très-bien établi Mazzocchi et Maffei, et non d'après le colosse de Néron. Ainsi , notamment l'amphithéâtre de Capoue, appelé Colossus par le moine béné-

^ Bu Gange, s. v. : Meminit... Ghronicon Ëpiscoporum Petracoricen* sium Ârenarum Petracoricensium sub anno 1157 : sub hoc Boso, cornes Petracoricensis super locum Arenaram Petracoricensium. excelsam turrem exsedificavit. — In Consuetud. Blturîc, tit. H, art. 20, fit mentio n de la fosse des Arènes de Bourges ». Unde conficitur amphitheatrum ibi olim exstilisse. Arenas Remenses commémorai Marlotus in metropoli Remensi, lib. I, cap. Y; Parisienses ante S. Yictorem charta anni 1284^ in HUt, académie Parisiensis, t. III, p. 238.

> Gaylus, Recueil des ArUiq., 11^ p. 376. — L'emplacement est marqué sur la planche GYIII de son plan de Paris.

3 Antich, d'AquUeja, p. 254.

^ SuW origine e sulla costruzione délV anfit. di Catania,

diclin Erchemperl, qui écrivit dans cette ville, au neuvième siècle, une histoire des Lombards; puis celui de Florence > que Benvenuto Cellini, dans soii autobiograpliie, nomme aussi Colosseo, et celui de Luna, connu sous le même nom des gens de la campagne voisine ^

Une troisième série de dénominations , assez communes en Italie, pour des ruines d'anciens amphithéâtres et môme pour d'autres du môme genre, dans la bouche du peuple, est celle des mots Berelais, Berelasis, Berolassiy qui, dans Erchempert , servent également à désigner l'amphilhéâtre de Capoue, et auxquels viennent se substituer, dans des documents, relatifs à l'amphithéâtre de Florence, de là période du onzième siècle au quatorzième, les^ mots Perilasium, Perlasium, Perlagium, Perlasdo ^ Pierlascio, Piarlagio, Piarlasgio. -Un document de 1071 porte Pèribasium, mot que Manni croit être la forme originaire et correcte. Deux parchemins, des années 1085 et 1086;> offrent aussi la variante assez bizarre de Pratolascio. Quant aux trois premières formes, employées par Erchem* ^pert, des érudits italiens, tels que Rucca^, croient qu'elles sont d'origine arabe et datent du temps où la Basse-Italie fut occupée par les Sarrasins. En admettant l'étymologie arabe hir-al-as, mots qui. pourraient signifier « citerne de la force » ou « forte citerne , .» il y aurait lieu d'en inférer que Faspect-des amphithéâtres avait produit sur les Arabes Tefifet d'immenses citernes entourées de murs circulaires; mais, en s'arrêtant à Tétymologie lombarde ôerolat, signifiant « fosse d'ours », on aurait, une explication

non moins plausible du naot Berolais. Quoi qu'il en soit,

1 Promis, Meniorie délia città di Luni, p. 225. 3 Capua vetere\ .

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