LIVRE VI. — LES SPECTACLES
indiqueraient, d'après M. Martin-Daussigny, conservateur du musée de cette ville , un amphithéâtre susceptible d'être inondé pour des spectacles extraordinaires. C'est à Lyon que le Boïen Mariccus fut jeté aux bêtes féroces, en l'an 70 de notre ère (Tacite, Hist. , II, 64) et que furent probablement suppliciés, en 177, les martyrs de Vienne et de Lyon dont parle Eusèbe, dans son Histoire ecclésiastique
C'est en creusant les tranchées entre Montboui et Montcresson sur
la rivière du Loing, en 1608 , que l'on trouva , parmi d'autres ruines de constructions romaines , aussi celles d'un amphithéâtre , en un lieu appelé Sevinière, près de Châtillon-sur-Loing, indications rapportées par d'Anville à la localité qui figure sous le nom d'Aquae Segeste sur la table de Peutinger. Yoir D. G. Morin, Histoire générale du pays du Gâtinois, etc., 1630, et Caylus, III, p. 412.
Belgique. — Le principal amphithéâtre de cette partie des Gaules était celui de Trêves (Quidnow, Description de l'amphithéâtre de Trêves^ p. 24, etc., en ail.). — Il était taillé dans une montagne. Deux grandes et deux petites entrées conduisaient aux galeries et dans l'arène. Celle-ci, pratiquée sur un plateau de roche, est de forme elliptique et coupée par un Euripe, de trois pieds de largeur et quatre de profondeur, qu'un aqueduc remplissait d'eau , pour lés naumachies. Le podium, dont l'exhaussement est aujourd'hui de sept, mais paraît avoir été jadis de dix pieds, était percé de dix portes, conduisant aux cages des animaux. Au sujet du « collegium arenariorum consistentium Colonise Augustse Trevirorum , » voyez Orelli , 2773 , et sur les jeux de gladiateurs que Constantin le Grand y donna, dans les années 306 et 313, le Panégyrique de cet empereur d'un anonyme, chap. XXII, Eumène, Tanég. , chap. X à XII, et Eutrope, V, 3. D'après les Gesta Trevirorum , le prince des Vandales, Crock, assiégea vainement en 406 cet amphithéâtre, dans lequel les habitants de Trêves s'étaient fortement retranchés. C'est peut-être à cette époque que furent élevées les deux trous demi-circulaires dont il y reste encore des débris. (Wyttenbach, Explorations nouvelles, p. 53 et 60, en ail.)
L'amphithéâtre de Reims est douteux. Montfaucon (Antiq. expl, , III, p. 258) mentionne aussi Metz parmi les villes qui en avaient un. Celui du village d<4 Grand dans le pays des Leuci, en Champagne, entre Joinville et Neufchâteau (Novomagus), dont parle Caylus (VII, p. 349) , semblerait, d'après le plan qu'il en donne, avoir été plutôt un théâtre, comme ceux de Juliobona (ibid,<f VI, 394) et d'Augusta Rauracorum (Schœpflin, Alsatia illustrata, t. I, p. 160). — EnHelvétie enfm, Aventicum, d'après une inscription trouvée en 1804
(Mommsen, Inscr, Helvet. , 182) et Vindonissa, d'après Haller (Helvet, l, 149; II, 373, etc.), auraient également eu des amphithéâtres.