LIVRE VI. — LES SPECTACLES
sonnelles, consignées dans le Bullet, de VInsL, 1860-4862, en partie sur les meilleures sources manuscrites et imprimées, dans lesquelles a puisé ce savant archéologue. — Quant aux restes de constructions romaines , en Lusitanie , Bellermann en a dit un mot dans ses Sauve-' nirs de l'Europe méridionale (en allem.), p. 249, etc. Passons aux différentes provinces de la péninsule.
Tarragonaise. — On trouve dans Laborde (I, pi. 53, 54 et 56) les dessins d'un amphithéâtre à Tarragone , dont il ne reste cependant que peu de chose, comme de celui d'Ercavica (Gabeza del Griego) , dans la même province, décrit par Gean^ p. 59. Ge que le même auteur rapporte de prétendus amphithéâtres â Barcino , Garthagène et Tolède , n'offre aucune certitude.
Bétique. — On peut en dire autant des amphithéâtres attribués par Gean à Bolonia et à Malaga. — M. Hubner n'a rien vu non plus des débris découverts en 1730, à Gordoue, et décrits par Ruanes dans son Historia gênerai de Cordoba, I (1761), p. 289. La meilleure description des vestiges de l'amphithéâtre d'ItaUca (Santiponce, près de Séville)^ d'après les fouilles les plus récentes , est celle de Demetrio de los Rios (Memoria arqueologico-descriptiva deW A. de L, Madrid, 1861, avec un plan). Suivant Montfaucon (III, p. 262), une grande partie des matériaux de cette ruine auraient été employés à la construction de digues , par ordre du magistrat de SéviUe.
Lusitanie. — Hubner (Bull, de VInst, 1862, p. 173) y mentionne l'amphithéâtre d'Emerita, que M. de Laborde aurait cru à tort destiné pour des naumachies. Gelui de Braga, dont Bellermann (p. 252) a décrit les restes, d'après les auteurs portugais , est très douteux.
S. — Afrique,
Mauritanie. — On y signale un amphithéâtre, dont dix-sept gradins sont encore en bon état , à Julia Gaesarea (Jol) et un autre à Sitifis (Renier, Imcr, de V Algérie, 3287). Sur le premier voyez de Blinière , Antiquités de la ville de Cherchel (Algérie) , dans la Revue archéologique. Y, p. 344, et Explor. scientif, de V Algérie, Beaux- Arts, m, pi. 21, 29 et 30. Gelui de Guiculum ou Djemila (ibid., I, pi. 47) n'était qu'un théâtre.
Numidie. — Amph. à Girta (Inscr, de l'Algérie, 1825), Lam-
bessa (de la Mare, Recherches sur la ville de Lambése, p. 34, dans les Mémoires de la Société des antiqtiaires de France ^ 3® série, 1. 1, 1852. — Henzen, III, p. 524. —Renier, Inscr. de V Algérie, 485), Rusicade, aujourd'hui Philippeville {ExpL scientif. de l'Algérie, Beaux- Arts, II, pi. 56-59, ainsi que Revue archéologique, I, 814) et Théveste ou Tébessa (Moll , capitaine du génie , dans V Annuaire de la Société archéologique de la province de Constantine, 1858- 59). Ce dernier paraît avoir été construit entre les années 75 et 80 de notre ère. Celui de Lambessa, qui est assez bien conservé, a environ 300 pas de circonférence. Il s'est aussi conservé une inscription d'un amphithéâtre dans des ruines , près du caravansérail d'El-Outaîa, entre Batna et Biskara (Henzen, 6597). Enfin, Dureau de la Malle {Recueil de renseignements -sur la province de Constantine, p. 204) a vu, entre Tiffereh et Guelma^ dans un lieu que les Maures appellent Hamisa, et qu'il croit être la colonie romaine de Tipasa, « les débris d'une grande ville ancienne , de superbes portiques bien alignés , des colonnes de marbre, des palais encore debout et un amphithéâtre de 150 pas de diamètre, dont dix rangs sont intacts, le tout en grosses pierres de taille. »
Afrique propre. — On compte plusieurs amphithéâtres romains dans cette province , qui répond à la Tunisie et à la Tripolitaine actuelles.
L'amphithéâtre de Garthage, qui était encore, au douzième siècle, une superbe ruine, décrite par Edrisi (Davis, Carthage and her remains, p. 507) , ne se reconnaît plus qu'à une excavation intérieure, d'environ 240 pieds dans la plus grande dimension de l'ellipse (Falbe, Sur Vemplacement de Carthage, 1833, p. 39). Il pouvait facilement être inondé pour les naumachies (Hudson, Geogr. minores, III, jp. 18 : In delectabilibus unum solum spectaculum exspectant habitantes (Garthagine) munerum). C'est probablement aussi à cet amphithéâtre que s'applique i'épigramme de Luxorius ce de eo qui podium amphitheatri saliebat » dans YAnthol. lat. de Meyer, II, p. 149, 380.
L'existence d'un amphithéâtre dans la ville d'Œa, ou tout près de celle-ci, est attestée par Apulée {Apol. , p. 556), disant de son beaufils : In ludo quoque gladiatorio frequens visitur, nomina gladiatorum plane quidem ut puer, honeste, ab ipso lanista docetur. — Peutêtre ces spectacles se donnaient-ils dans l'amphithéâtre encore entier, de 148 pieds de diamètre à l'intérieur, que mentionne , d'après le rapport d'un voyageur anglais^ Gastiglione, dans un mémoire sur la partie orientale de la Barbarie, p. 18, à Zavia (Tripoli-vecchia), village situé à une journée de marche de Tripoli, du côté de Tunis.