CHAPITRE PREMIER
Moyens de communication et manière de Toya^er
rar terre et snr mer*
La pacification du monde romain y amène la sécurité et la régularité des com> munications. — Développement grandiose du système des routes romaines.
— Stations. — Organisation des transports et rapidité des voyages par terre.
— Voyages sur mer. — Piraterie. — Rapidité des trajets maritimes.
L'opinion de certaines gens que les Grecs et les Romains n'entreprenaient que rarement et exceptionnellement des voyages, n'est vraie pour aucune période de l'antiquité; elle est surtout complètement erronée pour les premiers temps de l'empire, et la professer c'est méconnaître tout à fait le caractère de la civilisation de cette époque. Les conditions nécessaires pour la facilité, la sécurité et la rapidité des voyages, dans la majeure partie de l'empire romain, étaient telles qu'on les retrouve en partie dans l'Europe moderne, seulement depuis le com-
mencement de notre siècle. Les motifs de déplacement étaient même plus nombreux et plus variés du temps des Romains que de nos jours. L'impression que font les rapports de l'époque sur cet objet ne porte nullement à penser que les voyages par terre aient été, dans les premiers siècles de Tère chrétienne, plus rares qu'au dixneuvième siècle, avant l'établissement des chemins de fer. Si une étude spéciale des voyages, dans les premiers temps de l'empire romain, ne peut, en général, manquer de répandre beaucoup de jour sur l'état de la civilisation contemporaine, il est indispensable pour l'intelligence de ces rapports de rechercher, préalablement, jusqu'à quel point on entreprenait alors des voyages dans un but d'instruction ou d'agrément, par quels intérêts on s'y laissait guider et quelles fins on y poursuivait; il est nécessaire, en autres termes, d'y prendre en considération les mobiles des voyages de plaisir et d'étude dans la plus large acception de ces mots.
Pour le monde romain, l'empire, au moins dans les deux premiers siècles de son existence, fut réellement la paix, et c'est un fait dont les contemporains ont parlé, souvent et avec reconnaissance, qu'entre autres bienfaits de la paix, il procura également à ce monde la sécurité, l'ordre et la régularité des communications. Les voix d'hommes de toutes les provinces et de toutes les périodes de cet âge se réunissent en un concert de louanges, pour célébrer cette paix du monde. Il y a cerlainement, au fond, beaucoup à rabattre de cet enthousiasme, mais il n'en fait pas moins clairement ressortir le fait du concert, « Depuis que la maison des Césars dominait le monde, le démon de l'envie, au dire d'un écrivain du temps, avait perdu son pouvoir de nuire à des pays et à des peuples