‹ Mœurs romaines du règne d'Auguste à la fin des Antonins (volume 2)Chapitre 174 sur 258 · LIVRE VII. — LES VOYAGES · texte numérisé non relu

LIVRE VII. — LES VOYAGES

et des routes principales, ou bien ils changeaient de chevaux et de voiture aux relais; ou bien ils transportaient, comme les vetturine d'aujourd'hui, les voyageurs à des destinations ultérieures avec le même véhicule, ce que faisaient probablement les perpeiuarii * .

Avec la poste de FÉlat, on pouvait, dans les voyages de long cours, en y comprenant les temps d'arrêt, faire cinq milles, soit près de sept et demi kilomètres à l'heure. Le voyage d'Antioche à Constantinople , distance de sept cent quarante-sept milles^ ou plus de onze cents kilomètres, pouvait se faire en moins de six jours ^. Avec une voiture de louage, une telle promptitude eût paru tout à fait extraordinaire , et cela se conçoit , quand on songe au retard inévitable que devait, en pareil cas, entraîner la nécessité de changer de chevaux de louage et de guides, à chaque station. César, dont les voyages' faisaient, pour la rapidité, l'admiration de ses contemporains, franchit, en moins de huit jours, l'espace de huit cents milles environ, qui sépare Rome du Rhône. Il fit donc cent milles ou près de cent cinquante kilomètres par journée de vingtquatre heures*. Une autre fois, il lui fallut vingt-sept jours

1 Sénèque, Lud., c. vi, 1 : Tu autem qui plura loca calcasti quam uUus mulio perpetuarius, Lugdunenses scire debes et multa milia inter Xanthum et Rhodanum interesse.

2 Voir Itin. Anton. , p. 139, 1, Wess., ainsi que les notes de Parthey et Pinder, p. 65, et Libanius, Orat. 22.

3 Voir le programme, Acad. Alb. Regim., 1862 , V : Observationes nonnullsB de itineribus terrestribus et mariUmis Romanorum.

* Suétone, César, chap. lvii : Longissimas vias incredibili celeritate confecit, expeditus, meritoria reda, centena passuum milia in singulos dies. — Plutarque, César ^ chap. xvii, à propos du même voyage. — It, Anton., Wess., p. 289, 3, Via Aurélia : A Roma per Tusciam et Alpes maritimas Arelatum usque mpm DCCXCVI.

pour aller de Rome à Obnicon dans la Bétique ^ • Le messager qui apporta, à Amérie, la nouvelle de Tassassinat de S. Roscius, courut un peu plus vite, ayant fait, dans une nuit, sur une voiture à deux roues, cinquante-six milles^ en dix heures; mais c'était une faible distance, qui ne devait guère obliger à changer de chevaux plus de deux fois^ Le voyage d*Icélus aussi , qui porta la nouvelle de la mort de Néron à Galba, en Espagne, était cité comme un exemple de rapidité extraordinaire, puisqu'il ne lui fallut pas tout-à-fait sept jours pour aller de Rome à Clunie, au mois de juin 68^. La traversée par mer, d'Ostie à Tarragone, ne devait guère , dans des circonstances favorables , demander moins de cinq jours, puisque Pline Tancien, dans Ténumération des trajets de mer les plus rapides, fait sonner comme un des plus remarquables, celui d'un voyageur de l'Espagne citérieure, débarqué à Ostie le quatrième jour ^. Il faut ajouter la distance de Rome à Ostie. Or, Icélus, arrivé à destination le septième jour avant le coucher du soleil, n'employa probablement pas même trente-six heures pour faire les trois cent trente-deux milles ® qu'il y avait, par terre, de Tarragone jusqu'à Clunie. Il est vrai que le courrier qui apporta, d'Aquilée à Rome, la nouvelle de l'assassinat de Maximin et qui, en changeant de chevaux, arriva le quatrième jour^, voyagea avec bien plus de célérité encore. S'il suivit exclusivement la route de terre, parBo-

* Appien, H, 103. — Strabon, III, 4, 9, p. 160, etc.

2 La mesuret exacte de l'ancien mille romain est de 1 kilomètre 4725.

3 Cicéron, Pro Roscio Am., chap. vu, 19.

* Plutarque, Galba, chap. vu.

& Hist. nat,, XIX, 4.

6 A savoir de Tarragone, à Césaraugusta, 163 m. (It. Anton., p. 451, W.), puis de là jusqu'à Clunie, 169 [fi. 441).

7 B,A,, Maximini duo, chap. xxv.

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