‹ Mœurs romaines du règne d'Auguste à la fin des Antonins (volume 2)Chapitre 182 sur 258 · LIVRE VU. — LES VOYAGES · texte numérisé non relu

LIVRE VU. — LES VOYAGES

mandant qu'un gîte , un repas , ou un abri contre le mauvais temps. L'organisation des auberges restait ainsi chétive ou, pour le moins, très-simple, lors même que la grande majorité des voyageurs y descendaient; car ceux qui emportaient des tentes et tout l'attirail nécessaire pour leurs besoins, qui recevaient l'hospitalité soit d'amis, soit de fonctionnaires, ou voyageaient autrement aux frais du trésor public, ne peuvent avoir été, relativement, qu'en petit nombre. Quand Caton, par exemple, voyageait en Asie Mineure, il envoyait, chaque matin ; son boulanger et son cuisinier en avant, dans l'endroit où il voulait prendre ses quartiers pour la nuit. Quand ils n'y trouvaient pas l'hospitalité d'un ami paternel ou de quelque autre personne de la connaissance de Caton, ils s'installaient dans une hôtellerie, sans se mettre à la charge de personne, et ce n'est qu'à défaut d'une auberge, dans la localité, qu'ils s'adressaient aux autorités, auprès desquelles, cependant, la modestie même de Caton, dans ses prétentions, lui valut souvent un médiocre accueil ^ Il faut dire, pour l'excuse de ces fonctionnaires, que leurs hôtes officiels et les grands personnages, qui descendaient chez eux, n'étaient probablement que trop enclins à se faire héberger et traiter gratis, ou se comportaient peut-être même, quelquefois, assez mal*. Mais c'étaient là des privilégiés, tandis que, pour le gros des voyageurs, il devait, indubitablement, y avoir aussi des hôtelleries auprès de toutes les routes très-

1 Plutarque, Colon le Jeune, chap. xii.

' A Hippone, il y avait un dauphin apprivoisé, au sujet duquel Pline l'Ancien {H. N., IX, 26) raconte : Injurias potestatum in hospitales ad visendum venientium Hipponenses in necem ejus compulerunt.

Parmi les ojffices municipaux figurent, dans le Digesle (I, 4^ 18, 10)» « Xenoparochi, ut in quibusdam civitatibus. »

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passantes. Ce qui prouve indirectement qu'elles n'y pjanquaient pas, c'est que, dans la jurisprudence romaine, les

f dépenses d'hôtel figurent, régulièrement, parmi les frais dont un voyageur du commerce est fondé à se faire in-

• demniser^

Le rhéteur Aristide rend ainsi compte de son voyage de Smyrne à Pergame^. Parti vers le soir, en été, il arrive à une auberge, avec le coucher, du soleil; malade et très-échauffé , il n'y peut supporter la chaleur des appartements, mais préfère continuer sa route. A une heure très-avancée du soir, il gagne Larisse, où il n'y a pas meilleur gîte, et, au milieu de la nuit, Cumes, où il trouve toutes les portes fermées. Arrivé à Myrina, au chant du coq, il trouve ses gens, qu'il avait envoyés en avant, devant la porte d'un hôtel, prêts pour la route, et il se repose sur un lit de campagne , dressé dans le vestibule ; plus tard un ami l'accueille chez lui. Reparti de Pergame , il atteint, très-avant dans la soirée, les sources thermales , où tout est plein de bruit et de tumulte. Ne pouvant trouver un gîte, il continue sa route, mais est obligé de faire halte à cent vingt stades ou vingt-deux kilomètres et demi de la ville. Là, il obtient une chambre, un lit de camp et un tapis propre, pour son coucher.

S'il y avait manque d'auberges en Thrace, c'est que c'était là un pays à demi barbare, où Ton voyageait peu*. Il en existait cependant, même près de routes

1 Ulplen, Ub. XXXI, ad edictum {Digeste, XVII, 2, 52, § 15) : Yiatica igitur et meritoriorum et stabulorum jumeniorum carrulorum veciuras, vel sui, Tel sarcinarum suarum graiia, vel mercium, recte imputabit.

2 Orat., 27, p. 347, 350, éd, Jebb.

3 Ibid., p. 304 Jebb.

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