‹ Mœurs romaines du règne d'Auguste à la fin des Antonins (volume 2)Chapitre 181 sur 258 · LIVRE VII. — LES VOYAfiES · texte numérisé non relu

LIVRE VII. — LES VOYAfiES

nement avec Jequel on s'appliquait à y joindre d'aulres commodités, témoignent assez, d'ailleurs, du grand usage qu'on en faisait. On pouvait non-seulement y lire, mais encore y écrire ^ Il parait même qu'il y avait des livres d'un petit format spécial, pour la commodité de la lecture en route ^. Il existait des voitures disposées de manière â ce que l'on y pût dormir^, Cependant les femmes faisaient aussi grand usage de litières, en voyage^. Claude, qui aimait beaucoup jouer aux dés, avait des voitures munies de planches bien fixées, pour faire sa partie en route*. Commode en avait avec des sièges tournants, pour échapper à l'ardeur des rayons du soleil, ou recueillir la fraîcheur de la brise, et d'autres, avec des appareils servant à mesurer le chemin parcouru et à marquer les heures^.

La grandeur des équipages et le luxe des préparatifs de voyage avaient leur raison en partie dans Tesclavage, en partie dans l'état défectueux des hôtelleries. Les riches, disposant de centaines d'esclaves, trouvaient moyen de se

^ Pline le Jeune, Lettres, III, S : In itinere.... ad latus notarius eum libro et pugillaribus cujus manas lûeme manicis muniebantur. ^ Martial, XIV, 188, Oicero in membninis :

Si cornes ista tibi fuerit membraaa, putato Carpere te longas cum Cicérone vias.

3 Digeste, XXXV, 2, 13 (24) : Scœvola (libro XV Digestorum) : Uxori quis legayit bis verbis : mundum muliebrem omnem et quidquid TiTus dedi, donavi, id omne dari yolo; qusesitum est aïk earruca dormitoria cum mulis, quum semper uxor usa sit, ei debeatur. Respondit, si ejus usus causa babita esset, deberi.

^ Cicéron, à Atticus, X, 10, 6 : Hic tamen Cytherida secum lèctica aperta portabat, alteram uxorem : septem prœterea conjunctae lecticsB amicarum, esd sunt amicorum.

^ Suétone, Claude, chap. xxxni : Solilus etiam in gestatione ludere.

^ Vie de Pertinax, cbap. yiir.

procurer les jouissances et les commodités de leurs palais même en voyage, outre que l'habitude leur avait créé le besoin de se faire servir par une multitude de domestiqi^es. Les aubergistes étaient rarement en position d'avoir à suffire aux besoins de ces voyageurs gÂtés, d'autant plus rarement que le climat méridional permettait, le plus souvent, de passer la nuit dans des tentes portatives^ ; et moins on avait recours à eux, moins ils se trouvaient en mesure de satisfaire à ce qu'on pouvait leur demander. Il y avait certainement aussi de bons hôtels , luxueux même, dans lesquels on pouvait très-bien se laisser aller à passer plus que le temps nécessaire^. Ils n'étaient pas rares, en général, et il y en avait certainement bon nombre dans les endroits très-fréquentés, les places de commerce, notamment, et les principales villes de bains, comme Canope, Ëdepsus ou Baies ^. Mais, ce qui n'est pas douteux, c'est que les auberges étaient généralement mal pourvues, d'où il ne faut pas conclure, cependant, qu'elles ne servissent qu'à loger des gens de la basse classe. Le fait est qu'elles laissent, encore aujourd'hui, beaucoup à désirer dans le midi, partout où l'influence des habitudes et de la civilisation de l'Europe septentrionale n'a pas encore pénétré, les méridionaux s'accommodant de fort peu, en fait d'aménagement, et peut-êlre les anciens , habitués à des appartements étroits et peu meublés, étaient-ils, à cet égard, encore moins difficiles que les modernes. 11 devait être d'autant plus facile de satisfaire les voyageurs ne de-

^ Plutarque, Caion le Jeune, chap. xxxyiii, 2; Marc^Antoine, chap. IX, 4. — Voir aussi Sidoine Apollinaire, Ep., IV, 8.

2 Epictèle, mss., II, 23, 36.

3 Slrabon, XVII, 1, 17, p. 801, Cas., et XII, 17, p. 578. — Voir aussi Pline, H, N., XXXIX, 23.

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