‹ Mœurs romaines du règne d'Auguste à la fin des Antonins (volume 2)Chapitre 21 sur 258 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

lie Cirque.

Situation et étendue du grand cirque. — Distribution des places et autres arrangements.,— Animation dans Tenceinte et aux alentours du cirque. — Les jeux du cirque. — Courses de chars. — Conducteurs de chars. — Chevaux de course. — Partis et couleurs. — Histoire des factions. — Préparatifs pour les jeux du cirque . — Jeux donnés à l'occasion de la préture de Symmaque le Jeune. — Le public et ses émotions. — Affluence au cirque. — La procession du cirque. — Organisation des courses. — Chars et attelages. — Mise en scène des courses. — Les spectateurs. — Aspect actuel de l'emplacement du grand cirque.

Le vallon oblong et resserré qui s'étend entre les revers, presque parallèles, de PAvenlin et du Palatin, apparaît comme un théâtre formé tout exprès par la nature pour des luttes de vitesse et, particulièrement, pour des courses de chars. Dès les temps les plus anciens, les citoyens avaient l'habitude de se coucher, avec femmes et enfants, sur le gazon des pentes de ces collines, quand, à l'occasion des fêtes, rares alors, on leur donnait, en cet endroit, le spectacle d'une de ces courses ou d'un pugilat; c'était là aussi que la légende avait placé le théâtre de l'enlèvement des Sabines par les premiers Romains. Avec l'accroisse-

ment de rimportance de la ville naissante et de sa puissance, on vit augmenter aussi les splendeurs et la solennité du culte. Les fêtes des dieux indigènes ainsi que celles des dieux étrangers reconnus par TÉtat, ordinairement terminées par quelque réjouissance au cirque, devinrent de plus en plus fréquentes en même temps qu'elles se régularisaient; mais, indépendamment de ces fêtes tombant sur des jours fixes, les occasions extraordinaires qui réunissaient le peuple au cirque, se multiplièrent aussi. Déjà les rois y avaient fait établir des sièges pour la commodité du public. Les estrades en bois furent remplacées, avec le temps, par des bâtiments en pierre, jusqu'à ce qu'à la fin on y vît succéder le marbre au tuf et la riche dorure à la simple peinture en couleur. Le grand cirque, depuis que Jules César en acheva la construction , figura parmi les plus somptueux édifices de Rome. Il avait, d'après la description qu'en a laissée Denys d'HalicarnasseS une longueur de 3 stades et demi (645 mètres) et une largeur de 4 plè-

thres (400 pieds grecs ou 124 mètres). L'hippodrome était bordé d'un fossé de plus de 3 mètres de large et d'une profondeur égale; des arcades à trois étages superposés l'entouraient. Dans rintérieur de ces arcades les rangs de sièges s'élevaient en amphithéâtre. Les gradins inférieurs seuls étaient en marbre, les. degrés supérieurs en bois, et Ton s'en tint, dans la construction de ceux-ci, à l'emploi de la charpente, en grande partie du moins, puisqu'il y est fait mention d'écroulements jusque dans les derniers temps de l'empire. Sous Antonin le Pieux un de ces accidents coûta la vie à plus de 1,100 spectateurs; sous Dioclétien et Maximin il paraît même, au dire des biographes

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