‹ Mœurs romaines du règne d'Auguste à la fin des Antonins (volume 2)Chapitre 216 sur 258 · LIVRE VII. — LES VOYAGES · texte numérisé non relu

LIVRE VII. — LES VOYAGES

enfin, du plus beau climat, car les vents d'ouest, soufflant de la mer, contribuaient à faire également de celte ville un lieu de plaisance, en été comme au printemps. En un mot, c'était un séjour qui convenait parfaitement aux deux nations, aux Romains non moins qu'aux Grecs, soit que l'on n'y songeât qu'au plaisir, ou que l'on voulût s'y occuper sérieusement d'études et de la culture de l'esprit S pour laquelle les ressources ne manquaient pas. Ainsi GaUen, à l'âge de vingt-et-un ans, alla à Smyme, pour y suivre les cours de Pélops, élève de Numésien , et ceux du Platonicien Albin. Quant à l'école de médecine mentionnée par Strabon^, elle avait cessé d'exister.

4'' Egypte.

Rareté des voyages en Orient. -^ Pouzzoles. — Navires de charge alexandrins. — Trajet de Pouzzoles à Alexandrie. — Attrait de l'Egypte pour les Grecs et les Romains. — Alexandrie. — Grandeur et beauté de cette ville. — Sa population. — Son immense commerce et son opulence. — Industrie. — Orgueil et licence des habitants. — Spectacles et musique. — Émeutes fréquentes. — Climat. — Science médicale. — Établissements d'instruction. — Culte de Sérapis. — Bains dans le voisinage d'Alexandrie. — Canope. — Le reste de l'Egypte. — Memphis et les pyramides. — Les ruines de Thèbes. — Statue vocale de Memnon. — Inscriptions provenant de voyageurs dans la Haute-Egypte et en Nubie. — Autres curiosités de l'Egypte.

Il est probable que les voyages entrepris seulement dans un but d'instruction et de plaisir, mais non de science à

^ Les éléments de cette description sont empruntés à Strabon {l. c.) et à Aristide {Orat.^ XV, p. 232 J, XX, p. 261, et XLII, p. 521). • 2 xn, p. 580.

proprement parler, ne s'étendaient que rarement, par terre, dans les directions de Test et du sud, au delà de cette province d'Asie où l'on arrivait si facilement. L'Ile de Chypre, la Syrie et la Palestine, dont chacune offrait bien assez de choses curieuses et dignes d'être vues, méritaient certainement aussi d'être visitées; mais la longueur et la difficulté du voyage par mer devaient en détourner la plupart des touristes. Cependant Tacite raconte une visite de Titus à Paphos^ Avant le troisième siècle, même la superbe Antioche, d'ailleurs encore très- peu mentionnée dans les auteurs latins des deux premiers siècles de l'ère chrétienne^, et la célèbre Jérusalem', ne voyaient probablement que bien peu de voyageurs romains désireux, comme Pausanias^, de contempler le Jourdain et la mer Morte. Mais il en partait d'autant plus, chaque année, des ports de Fltalie comme de ceux de la Grèce, pour aller visiter l'Egypte, unie notamment avec l'Italie, pendant la saison de la navigation, par des relations commerciales aussi actives que suivies. La ligne régulièrement desservie entre ces deux contrées, allait d'Alexandrie à Pouzzoles. Ce port commerçait avec fout le monde connu*. Une forêt de mâts s'y pressait dans un bassin formé par de puissants môles, se projetant au loin dans la mer. Les navires de tous les pays riverains de la

* Hist., II, 2-4.

^ Pline l'Ancien, qui parle si souvent d'Alexandrie, ne mentionne plusieurs fois Antioche qu'incidemment, à propos de géographie et de botanique, évidemment d'après des sources grecques.

3 Pline, H. IS\, V, 70 : Hierosolyma longe clarissima olim urbium Orientis.

«Stace, SUves, 111, 5, 75 : Littora mundi hospila. — Antiphile^ Epigr'.j 16 {AnthoL grecque de Jacobs, II, p. 158.)

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