‹ Mœurs romaines du règne d'Auguste à la fin des Antonins (volume 2)Chapitre 225 sur 258 · LIVRE VII. — LES VOYAGES · texte numérisé non relu

LIVRE VII. — LES VOYAGES

Parmi les voyageurs, de catégories certainement trèsdifférentes, qu'attirait celte grande et magnifique cité, si originale à tant d'égards, il faut distinguer particulièrement ceux qui venaient pour y rétablir leur santé, ou pour y puiser Tinslruction et la science. Les médecins recommandaient notamment* un voyage de mer en Egypte, pour arrêter la consomption dans sa première phase ^ .

Sous le doux ciel d'un pays où il ne tombait jamais de neige ^ (or la neige était peut-être le seul article que Ton ne pût se procurer à Alexandrie ^ ) , d'un pays où les roses fleurissaient même en hiver ^ et il n'y avait pas un jour sans soleiP, pendant que, d'autre part, les vents alizés tempéraient les chaleurs de l'été *, plus d'un malade, pour lequel le climat de l'Italie s'était trouvé trop rude , pouvait espérer guérir de sa toux sanguinolente ^. Aussi , les médecins d'Alexandrie, ou du moins originair^es de l'Egypte, étaient-ils souvent appelés à Rome , et y avaient-ils le plus de célébrité ^ Cette circonstance, jointe à celle que l'on trouvait dans les écoles de médecine de cette ville la meilleure occasion de se perfectionner dans la science médicale ^, décidait constamment nombre d'élèves, aspirant à cet art, à établir là leur séjour; car c'était, pour un jeune médecin.

1 Voir Celse, III, 22, mais aussi Pline, Hist. nat.,XXXÎ, 63, et XXIV, 28.

2 Sénèque, Quest. nat., IV, 2, 20.

3 Aristide, Orat., XLVIII, p. 335, etc., /.

4 Martial, VI, 80.

^ Ammien Marcellin, XXII, 16, 8.

« Diodore, XVII, 52.

7 Pline le Jeune, Lettres, V, 19, 6.

8 Pline l'Ancien, H. N., XXVI, 3; XXIX, 93.

9 Galien, éd. Kuhn, III, 220; de Bâle, I, 119. -

une excellente recominandalion d'avoir fait ses études à Alexandrie * .

Galien, qui y avait étudié lui-même, nous apprend que Ton y avait toute facilité pour acquérir des connaissances ostéologiques , par autopsie, et rapporte, entre autres faits curieux intéressant sa pfofession, y avoir vu souvent mettre à mort, instantanément et sans douleur, des condamués ' qu'on faisait mordre par un aspic ^.

Mais, pour la plupart des autres sciences aussi, on trouvait dans cette ville les meilleures professeurs et les meilleurs établissements d'instruction, qui ne cessaient pas d'y attirer nombre d'étrangers, naturellement surtout des pays de langue grecque ^. Alexandrie resta la grande école pour la philosophie, la grammaire et l'étude des belles-lettres, les mathématiques et l'astronomie, branche d'enseignement à laquelle on rattachait aussi l'astrologie, la magie et d'autres sciences occultes, que les Égyptiens se vantaient d'avoir approfondies plus que nul autre peuple, et qui se maintinrent chez eux jusqu'aux derniers temps de l'antiquité *.

1 Plutarque, Marc-Antoine, chap. xxviii, 2. — Ammien, XXH, 16, 18, avec la note de Lindenbrog et Valesius, portant : Fulgentius Planciades, lib. I mythologiae Alexandrise in cunctis fere angiportis fuisse medicorum domicilia scribit.

2 Galien, npoç Hiacova Tiepl t^ç ÔYjpiaxïi;, c. viii, éd. Kuhn, XIV, p. 237.

3 Strabon, XIV, 4, 13, p. 674. — Lucien, Alexandr., 44.

*■ Ammien, XXII, 17 : Nam et disclplinarum magistri quodammodo spirant, et nudatur ibi geometrico radio, quidquid reconditum latet, nondumque apud eos penitus exaruit musica, nec harmonia conticuit, et recalet apud quosdam adhuc, licet raros, consideratio mundani motus^ et siderum, doctique sunt numéros haud -pauci; super his sdentiam cailent, quae fatorum vias ostendit. — Voir aussi, sur une école de magie à Canope, Rufin, HisL ecclés., II, 26, et sur l'arithmétique des Égyptiens, Hippolyle, Refut,, IV, 43, etc.

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