‹ Mœurs romaines du règne d'Auguste à la fin des Antonins (volume 2)Chapitre 242 sur 258 · LIVRE VII. — LES VOYAGES · texte numérisé non relu

LIVRE VII. — LES VOYAGES

vaincus; nous découvrons le tertre du grand Hector, où le bouillant Achille et le vengeur du grand Hector gisent également. »

Cependant le même poëte mentionne aussi , après l'intérêt des souvenirs historiques, celui que Ton prenait à Tart, comme un des mobiles déterminants du plaisir et de la direction des voyages. Il poursuit en ces termes : « Oui, les peintures et les sculptures de la Grèce aussi fascinent bien des gens : tantôt c'est Vénus Anadyomène , avec sa ruisselante chevelure, ou la terrible Colchienne, avec ses jeunes enfants jouant à ses pieds, tantôt le sacrifice dlphigénîe avec le père à la figure voilée, ou bien quelque œuvre de Myron^ Celte profusion d'œuvres, dans lesquelles tant d*art se manifeste, attire beaucoup de personnes, et vous vous croyez obligé d'aller les voir, malgré les périls du voyage sur terre et sur mer 2. » H n'est pas besoin d'ajouter que les Romains , avides de s'instruire et de se former le goût, ne négligeaient pas, dans leurs voyages, d'examiner ces œuvres d'art, dont notamment la Grèce et l'Asie Mineure possédaient une telle quantité'. Cicéron en mentionne de même en Sicile un certain nombre , que Verres avait fait enlever aux particuliers et aux temples, dont elles étaient la propriété, et que les habitants ne manquaient pas, alors, de faire voir aux étrangers. Dans la chapelle de Héjus, à Messana, il y avait un Amour de Praxitèle, un Hercule de

* * Sculpteur grec célèbre, qui excellait surtout à représenter les animaux. *

3 VEtna, 5C5-598.

' Cicéron {De imp. Pomp., 14, 40) dit cependant du passage de Pompée en Grèce, où rien ne put l'arrêter : Signa et tabulas ceteraque ornamenta Grsecorum oppidorum, quœ alteri tollenda esse arbitrantur, ea sibi ille ne visenda quidem existimavit.

MyroTi et deux canéphores de Polyclète^' On n'admirait pas moins, dans cette lie, la Diane de Ségeste^ et une peinture représentant un combat de cavalerie d'Agalhocle, dans le temple de Minerve, à Syracuse'.

Properce ne voulait pas se contenter d'étudier, à Athènes, Platon, Démoslhène et Ménandre^ mais se proposait d'y contempler aussi les images et les œuvres de bronze et d'ivoire*. Il fallait, naturellement, surtout avoir vu les chefs-d'œuvre célèbres que tout homme instruit connaissait de nom , comme en offraient encore toutes les villes considérables de la Grèce, même au temps de l'empire, et dont Cicéron a également énuméré une partie*. On entreprenait des voyages uniquement pour les voir ^.

Ainsi, au temps de Cicéron, on ne visitait Thespies que pour le Cupidon de Praxitèle, qui s'y trouvait alors'', et, suivant Pline ®, bien des gens n'avaient fait le voyage de mer

^ Messanam ut quisque nostram venerat, hsnc yisere solebat; omnibus hsBC ad visendum patebant quotidie ; domus erat non domino magis ornamento quam civitati. (Verrines, II, 4, 2, etc.)

^ Golebatur a civibus, ab omnibus advenis yisebatur; quum qusBStor essem, nihil mihi ab illis demonstratum est prius. (Ibid,, 33, 74.)

3 Nihil erat ea pictura nobilius, nitiil Syracusis quod magis yisendum putaretur. (Ibid.^bb, 122.) — Voir aussi ibid., 67, etc.

* Properce, Ul, 21, 29, etc. — Apulée, De mundo, p. 7'i6 : Pliidian illum, quem fictorem probum fuisse tradit memorîa, yidi ipse in clypeo Minenrse, quœ arcibus Atheniensibus prseyidet, oris sui similitudinem colligasse.

^ Verrines, II, 60, 135, passage qui se termine par ces mots : Longum est neque necessarium commemorare, quse apud quosque Tisenda sunt, tota Asia et Grœcia.

^ Ibid., et 2, 4 : Cupidinem. . . . propter quem Thespiae yisuntur : nam alla Tisendi causa nuUa est. — Strabon, IX, 25, p. 410.

7 Pline, mst. nat., XXXVI, 22 : lUe propter quem Thespiœ visebantur, nunc in Octayise scholis positus.

8 Ibid., 20 : Anteomnia est non solum Praxitelis yerum in toto orbe terrarum Venus quam ut yiderent multi naylgayerunt Gnidum.

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