‹ Mœurs romaines du règne d'Auguste à la fin des Antonins (volume 2)Chapitre 46 sur 258 · LIVRE VJ. — LES SPECTACLES · texte numérisé non relu

LIVRE VJ. — LES SPECTACLES

donna T. Flaminin pour solenniser les funérailles de son père, et dans lequel soixante -quatorze hommes combattirent trois jours de suite ^ . Un jeu de même durée de trente paires que, suivant Pline TAncien^, C. Térence Lucain fit combattre au Forum , en mémoire d'un aïeul maternel qui l'avait adopté, paraît se rapporter au sixième siècle de l'ère datant de la fondation de Rome, sinon, comme le pense Mommsen, au commencement du septième. Toujours est-il que l'ardeur avec laquelle on briguait la faveur de la plèbe et les manœuvres des démagogues poussèrent les donateurs de fêtes à se surpasser de plus en plus.

Jules César acheta, pour les spectacles qu'il avait l'intention de donner comme édile, en l'an de Rome 689 (65 avant J.-C.)» tant de gladiateurs que ses adversaires en prirent ombrage, et qu'un sénatus-consulte, rendu sur leur proposition, défendit à tout particulier d'en avoir plus d'un certain nombre. Or, bien que cette mesure obligeât César à réduire de beaucoup l'effectif de la troupe qu'il voulait employer à ses fêtes, il n'en fit pas moins combattre encore trois cent vingt paires^.

Auguste, en l'an de Rome 732 (22 avant J.-C), décréta que les préteurs ne pourraient donner des jeux de gladiateurs que deux fois par an, ni y faire combattre chaque fois plus de cent vingt hommes^. Dans les spectacles oflerts par des particuliers cependant, il ne paraît pas que cent paires aient été, à cette époque déjà , une chose insolite.

1 Tite-Live, XXIII, 30; XXXI, 50; XXXIX, 46 ; XLI, 28.

2 Hist. nat.y XXXV, 52.

3 Suétone, César, chap. x. — Plutarque, César, chap. v. * Dion Cassius, LIV, 2.

Heredes Staberi summam incidere sepulcro, Ni sic fecissent, gladiatorum dare centum Damnati populo paria atque epuium arbitrio Ârri.

Ce témoignage d'Horace^ est, au surplus, confirmé par celui de Perse ^ , dans les deux vers suivants :

Dis igitur genioque ducis centum paria ob res

Egregie gestas indico /

Tibère se crut même obligé de fixer un maximum du nombre de paires admissible®, pour les jeux des particuliers sans doute, puisque, pour les jeux publics, le maximum avait déjà été fixé par son prédécesseur. Aux spectacles donnés par Auguste, pendant son règne, avaient combattu dix mille hommes en tout, d'après sa propre indication*. Il paraît qu'on n'en vit pas moins dans Tarène aux seules fêtes données à Rome par Trajan, en Tan 106 de notre ère, après la soumission des pays du Danube, et qui durèrent quatre mois '^. Les spectacles dus à des particuliers étaient parfois tout aussi grandioses. Le premier Gordien, dans l'année de son édiiité, donna mensuellement un jeu de gladiateurs, dans lequel ne parurent jamais moins de cent cinquante, quelquefois même jusqu'à cinq cents paires de combattants *; d'où l'on peut conclure à une réquisition totale de quatre à cinq niille hommes dans Tannée.

1 Sat., II, 3, 84.

3 Suétone, Tibère, cbap. xxxiv (paribusque gladiatorum ad certum numerum redactîs). ^

* Marm. Ancyr., éd. Franz et Zunipt, tab. IV, 31. & Dion Cassius, LXVIII, 15.

Les trois Gordiens, chap. m.

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