‹ Mœurs romaines du règne d'Auguste à la fin des Antonins (volume 2)Chapitre 64 sur 258 · LIVRE VI. — LES SPECTACLES · texte numérisé non relu

LIVRE VI. — LES SPECTACLES

ment entre eux et avec des hommes. Ceux-ci, généralement connus sous le nom de bestiaires, n'étaient pas seulement des condamnés pour crimes et des prisonniers de guerre, mais en partie des gens loués expressément pour ces représentations, ou des engagés volontaires ^ et ce métier, bien qu'il ne fût pas réputé moins inf&me que la gladiaCure , avait aussi son charme particulier ^. Il y avait des troupes ou familles de bestiaires comme il en existait de gladiateurs'. On ouvrit, pour l'éducation des premiers , comme pour celle des seconds, des écoles spéciales, et l'une des quatre écoles impériales bâties par Domitien était, exclusivement ou principalement, destinée à former des bestiaires. Dans un sens plus restreint cependant, cette dénomination paraît n'avoir été communément appliquée qu'aux criminels condamnés à combattre avec les animaux; aussi faisait-on de leur bravoure dans l'arène moins de cas que de celle des plus mauvais et plus vulgaires gladiateurs^, et le goût pour les combats dans lesquels ils figuraient comme acteurs était-il taxé de barbare'*. Vêtus ordinairement d'une simple tunique, parfois avec une écharpe autour du bras droit, ou des bandages aux jambes®, sans casque, bouclier ni cuirasse,

1 Sénèque, Lettres ^ 87, 9 : Hic... cum maxime dubitat utram se ad gladiam locet an ad caltram. — Voir aussi Apulée, Métam,, IV, 72 ; — Symmaque, Lettres, V, 59; — Glaudien, Cons. Mail,, 293.

2 Ulpien, Ub. VI, ad Edict. (Digeste, III, I, § 6), suivant lequel était déchu du droit d'actionner « et qui opéras suas ut cum bestiis depugnaret locaverit. » — TertuUien, ad mari,, c. v : Certe ad feras ipsas adfectatione descendunt, et de morsibus et cicatricibus formosiores sibi

. videntur.

3 Henzen, 6178.

^ Pétrone, chap. xly.

^ Suétone, Claude, chap. xxxiv.

^ Comme, par exemple^ dans le BuU, Nap.y IV, tav. i.

ils n'avaient pour arme que la lance, munie d'une pointe à crochets sur la mosaïque de Borghèse, ou bien aussi, mais plus rarement, Tépée. On distinguait des bestiaires et appelait chasseurs {venatores) une classe plus relevée et mieux armée d'hommes adonnés volontairement, sans doute, ainsi que formés, par l'éducation et Texercice, à cette profession ^ Les Parthes étaient justement renommés pour rhabileté avec laquelle ils savaient tuer les animaux à coups de flèches, talent dont leur roi Tiridate donna personnellement des preuves au public italien^ et qui, dans la suite, détermina Commode à se faire enseigner les secrets de cet art par des Parthes, pendant que des Maures lui apprenaient celui de se servir de la lance à leur manière^; aussi les chasseurs de Tarène, comme on le voit par les monuments, empruntaient-ils souvent aux Parthes leur armement, et les imitaient-ils même dans l'emploi du cheval. Outre ces archers (sagitiarii)*, on distingue , comme des spécialités relatives aux combats de taureaux, les taurocentœ et les taurarii^^ ainsi que les succursores ou successores, dont l'emploi paraît avoir été de harceler le taureau, tout en fuyant devant cet animal^.

Quand on représentait des combats d'animaux conjointement avec d'autres jeux, on commençait ordinairement par les premiers, et cela dès l'aurore^. Dans Mar-

1 On en voit sur le bas-relief de Torlonia.

s Dion Cassius, LXHI, 3.

3 Hérodien, I, 15.

* Mommsen, f. R, /V., 737.

6 Ibid., 2378.

^ Henzen, Mosaïque de Borghèse, p. 151.

7 Suétone, Claude , chap. xxxiv : Bestiariis. . . . adeo delectabatur ut etiam prima luce ad spectaculum descenderet. — Lucien, Toxaris, chap. LYiu.

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