LIVRE VI. — LES SPECTACLES. i
sente en l'honneur d'Agrippa (mort en Tan 12), dans les clos {septa) qu'il avait fait construire ^ A un spectacle donné par Agrippa de Judée, à Béryte en Syrie, il y eut aussi sept cents hommes d'engagés de chaque côté^. Claude, après la conquête de l'île de Bretagne , en Tan 44 de notre ère, fit représenter au champ de Mars, avec une exactitude parfaite, la prise et le sac d'une ville de cette contrée, ainsi que l'acte de la soumission des chefs qui y commandaient'. Lui-même y présida, drapé du manteau de général. En 57, Néron ordonna, dans l'arène de l'amphithéâtre, un combat sur une moindre échelle, entre deux troupes de fantassins en nombre égal*, et Domilien , lors des jeux de son triomphe, en fît représenter de plus de conséquence, avec mêlée de cavaliers et de fantassins^.
1 Dion Cassius, LV, 8.
2 Josèphe, A. /., XVII, 7, 5. — Les mots consummatio gladiatùrum, dans le passage précité de Pline l'Ancien, paraissent également s'appliquer à des combats pareils.
3 Suétone, Claude, chap. xxi.
^ Dion Cassius, LXI, 9.
5 rbid., LXVII, 8.
g 3. — Combats dC animaux , bestiaires et pantomimes
de V amphithéâtre .
Origine de ces combats. — Bestiaires et chasseurs (venatores), — Les premières chasses d'animaux. — Les chasses au dernier siècle avant Jésus- Christ et sous l'empire. — Quantités d'animaux réunis pour ces spectacles.
— Chasses dans les provinces. — Ménageries et parcs impériaux à Rome.
— Manière dont on se procurait les animaux , tirés des provinces et de l'étranger. — Moyens de transport. — Toilette des animaux. — Manière de les apprivoiser et de les dresser. — Description des chasses dans l'arène. — Condamnés livrés aux bêtes féroces. — Mise en scène du spectacle. — Supplices et tortures , accompagnés de scènes de iiantomime. — Pantomimes mythologiques d'un genre plus gai.
La première chasse d'animaux connue, à Rome, fut celle qu'y donna, en Tan 568 de la fondation de cette ville, ou 186 avant J.-C, c'est-à-dire environ quatrevingts ans après l'introduction des jeux de gladiateurs, Marcus Fulvius Nobilior, le vainqueur de TÉtolie*, Mais on avait, auparavant déjà, vu des criminels déchirés par les bêtes féroces^. Plus tard, ces spectacles qui, sous la république, se donnaient le plus souvent au grand cirque, comme il arriva quelquefois encore dans les temps postérieurs, devinrent fréquents et furent montés avec une magnificence de plus en plus grande. Tantôt on se bornait à montrer seulement les animaux, tantôt on les chassait et les tuait, en les faisant combattre alternative-
1 Tite-Live, XXXIX, 22.
2 Valère Maxime, II, 7, 13, etc. — Tile-Live, Epit, 51 ; le môme, XXVI, 2.