‹ Mœurs romaines du règne d'Auguste à la fin des Antonins (volume 2)Chapitre 68 sur 258 · LIVRE VI. — LES SPECTACLES · texte numérisé non relu

LIVRE VI. — LES SPECTACLES

reste, pas tout à fait sans utilité pour l'histoire naturelle et Tanatomie, même à cette époque, ainsi que l'atteste Galien. Elle servait naturellement aussi l'art, en offrant aux artistes de grandes facilités pour les études d'après nature * .

Comme il 7 eut, sous l'empire, des véneries tant à Rome que dans toutes les autres grandes cités et même dans beaucoup de petites villes, il faut supposer que l'on s'occupait continuellement, pour la fourniture des animaux nécessaires, d'organiser des chasses sur la plus grande échelle, non-seulement dans les provinces, mais même au delà des frontières de l'empire, pour le compte des empereurs comme pour celui des particuliers. Dans cette dernière catégorie figuraient, avec les donateurs de fêtes, aussi des trafiquants d'animaux^. L'empereur Macrin avait été, dit- on, lui-même chasseur de profession en Afrique ^. Ces chasses , continuant pendant des siècles, eurent pour effet, dans beaucoup de contrées, de refouler les bêtes féroces de plus en plus au fond des steppes et des déserts; et de faire gagner ainsi du terrain à l'agriculture et à la civilisation. Elles servirent à transformer, dans l'Afrique septentrionale, les repaires des lions et des panthères en pâturages pour le bétaiP, tout comme elles avaient déjà permis, du temps d'Auguste, aux tribus, nomades jusque-là, des terres si fertiles qui s'étendent de Carthage aux Colonnes d'Hercule, de tourner leur activité vers le labour *. Ces populations,

1 Voir PUne, Hist. nat., XXXVI, 10.

2 Symmaque, Lettres, V, 62 (ursorum negotialores).

3 Voir sa biographie, chap. iv.

* AnthoL, éd. Jacobs , IV, 202.

^ Strabon, II, 5, 34, p. 131 G.

i46 . MOEURS ROMAINES.

devenues agricoles, y exterminèrent peu à peu tous les éléphants et délivrèrent, de même, les champs ensemencés de TËgypte des ravages causés par les hippopotames, qui venaient encore fréquemment y paître la nuit, au sud de la préfecture de Saïs, du vivant de Pline \ mais se trouvaient déjà généralement refoulés en Nubie au quatrième siècle ^. Cependant, si le butin de ces chasses diminuait en Afrique, les ressources des contrées asiatiques, en animaux sauvages, demeuraient inépuisables. Encore au temps d'Ammien^, d'innombrables lions rôdaient entre les massifs de roseaux et les jongles de la Mésopotamie, et THyrcanie regorgeait de tigres et d'autres bêtes féroces *. Les rois et les satrapes de la Perse avaient de grands parcs d'animaux *. Gralien aimait à chasser dans ces parcs ®. Dioclélien ^ et Théodbse ^ reçurent des présents d'animaux des rois de Perse. A la frontière de Tempire romain, on percevait un droit d'entrée sur les animaux destinés pour les spectacles, notamment sur les lions, les panthères et les léopards'-^. Symmaque ^^ parle aussi d'un droit de port de 2 1/2

i Hist. nat. ,XX\m, 121.

3 Ammien Marcelliu, XXII, 15, 24. — Themistius, Orat, X, p. 140 a. 3 XVHI, 7, 4.

* XXUI, 6, 50.

s Philostrate, Apollonius de Tyane, I, XXVIII, éd. K, p. 20. — Ammien, XXIV, 5, 1.

6 Ammien, XXXI, 10, 19.

7 Panég., I, 10.

8 iôid., XII, 22.

^ Élius Marcien mentionne un rescrit des empereurs Marc-Aurèle et Commode, où figurent, sur une liste des marchandises étrangères pour lesquelles il y avait des droits à payer, à la frontière : « Indici leones (c'est-à-dire des lions d'Asie par opposition aux lions d'Afrique), leaenae, pardi, leopardi, panlherœ. » {Digeste, XXXIX, 4, 16, g 7.)

10 Ze«rc5, V, 60 et 62.

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