‹ Mœurs romaines du règne d'Auguste à la fin des Antonins (volume 2)Chapitre 77 sur 258 · LIVRE VI. — LES SPECTACLES · texte numérisé non relu

LIVRE VI. — LES SPECTACLES

entière semblait subjuguée par le charme de son jeu; arbres et rochers avançaient vers lui; les oiseaux planaient sur sa tête; de nombreux animaux se groupaient autour de sa personne; mais, dès qu'il parut que ce spectacle commençait à ennuyer, un ours vint y mettre fin, en déchirant la victime ^ Ces exécutions, à Rome, avaient généralement lieu de bon matin, et nous savons, par Philon^, qu'il n'en était pas autrement à Alexandrie. •

Les exécutions et les supplices, sans mise en scène, étaient d'ailleurs aussi fréquents à l'amphithéâtre. On y brûlait des condamnés'; on y flagella des délateurs sous Titus* et sous Trajan^, ainsi que des banqueroutiers sous Adrien^.

On variait aussi ces horribles scènes mythologiques par d'autres, d'un genre folâtre et même obscène, telles que Celles d'Europe avec son tam^eau, ou dePasiphaé avec le :sien^. Élien® dit positivement qu'on dressait les taureaux à porter des femmes. De jeunes garçons, figurant probablement des amours, voltigeaient jusqu'au toit de tenture

1 Martial, Livre des spectacles, 21, 21 b.

2 In Flaccum, p. 529 M.

'^ Suétone, Caligula, chap. xxvn; voir aussi Tibère, chap. lxxv.

^ Le même, Titus, chap. ix.

5 Pline le Jeune, Panégyrique, chap. xxxnr.

^ Vie d'Adrien, chap. xviii. — Voir aussi Casaubon et Saumaise. — Cet usage se maintint à Constantinople (voir Suidas et Bock, sur Vamphithéâtre de Constantinople), où Justinien fit brûler des livres païens (Malalas, XVIII, p. 49, 1). — Voir aussi Interp. ad Ammian. Marc. XXVI, 3, 2.

7 Suétone, Néron, chap. xii : Inter pyrrhicarum argumenta taurus Pasiphaen ligneo juvencdB simulacro abditam iniit, ut muiti spectantium crediderunt. — Livre des spectacles, 5.

8 Nat. anim.y VII, 4.

qui recouvrait l'espace occupé par les spectateurs ^ Avec cela on se permettait les licences les plus baroques , dans la représentation de fables connues. Ainsi, par exemple, on menlionne un Dédale déchiré par un lion^, un Hercule porté au ciel par un taureau 3. Puis, Tarène se couvrait subitement d'une nappe d'eau; le beau Léandre, se rendant chez la belle Héro, y nageait; des groupes pittoresques de dieux marins et de nymphes, avec rames, ancres et tridents, se jouaient autour de barques voguant à voiles déployées, et des étoiles brillaient au-dessus de la tête des Dioscures^.

§4. — Naumachies

Combats de navires dans Tarène inondée de Tamphithéâtre. — Naumachies de Jules César et d'Auguste. — Naumachie de Claude sur le lac Fucin. — Naumachies de Titus, de Domitien et de Philippe.

L'amphithéâtre avait encore une autre destination, déjà indiquée. En inondant l'arène, on la faisait servir à la représentation d'un genre de spectacles non moins admiré, celui des naumachies ou combats de navires flottants.

1 Juvénal, IV, 122.

2 Livre des spectacles^ 8.

3 Ibid., 16, etc.

* Ibid,, 25-26.

^ On trouve ce mot déjà employé par Lucilius (fragm. de sat., éd. Gerlach, 14, 4), dans ces vers :

Naumachiam licet hsec inquam alveolumque putare et Calces : délectes le, hilo non rectiu' vivas.

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