‹ Mœurs romaines du règne d'Auguste à la fin des Antonins (volume 3)Chapitre 32 sur 77 · UYRE XII. — LA PHILOSOPHIE ÉTHIQUE · texte numérisé non relu

UYRE XII. — LA PHILOSOPHIE ÉTHIQUE

ne se tourna, paralt-il, vers la philosophie qu'à TAge de vingt-cinq ans, tandis que Marc-Aurële commença ses études philosophiques très -jeune, dès Tàge de douze ans^ il est probable que la grande majorité des jeunes gens entraient, en même temps qu'ils endossaient la toge virile, à l'école qui devait procurer l'émancipation morale à ses élèves et en faire des hommes, dans l'acception supérieure du mot*. Perse, ayant quitté à l'Age de seize ans la bulle' et l'habit de jeune garçon, éprouva vivement, dès que la toge blanche lui permit de promener ses regards partout et en toute liberté, dans le tumulte étourdissant de Rome, le besoin de s'attacher à uu guide éprouvé, pour bien choisir sa ligne de conduite dans les ambages du labyrinthe de la vie, ce qui le détermina à s'attacher le plus étroitement possible k Gornutus \ Sénèque aussi n'était qu^adolescent à l'époque où il fréquentait l'école de TÂlexandrin Sotion, qui appartenait à la secte des Sextiens^ La grande majorité des élèves ne continuaient, probablement, à visiter les cours de philosophie d'une manière régulière que jusqu'à leur établissement matrimonial ou leur placement, bien que Plutarque ne crût pas devoir admettre le souci des affaires et les soins du ménage comme un motif d'excuse suffisant pour faire négliger une chose d'une bien plus grande importance ^ Effectivement, il n'était pas insolite que des hommes mariés et des hommes d'&ge visitassent également les écoles des phi-

* Vie de Marc-Ânioniny ch. n.

^ Sénèque, Lettres, 4, 2.

' Capsule d'or, con tenant des amalettes, que portaient au cou les jeunes patriciens.

* Vie de Perse^ ainsi que 5a/., V, 30, etc.

* Sénèque» Lettres, 49, 2 (puer), 108, 17 (juvenis). *^ Plutarqiie, Cupid. divU.j c' tu.

losopbes. Sénëque avait une soixantaine d'années quand il suivit, à Naples, les cours du philosophe Métronax. Il écrit à Lucilius : Voilà déjà cinq jours que je vais à l'école, dans Taprès-midi, pour entendre Métronax, à partir de huit heures. Cette école, dit-il, admet des élèves de tout âge; pourquoi rougirais-je d'aller chez un philosophe? Elle est très-peu visitée, il est vrai, tandis que le théâtre, où se tiennent en même temps des concoui's de musique, regorge de monde, et que Ton rit des disciples de Métronax comme de fous et de fainéants ^

L'enseignement philosophique portait sur trois divisions de la philosophie, reconnues par toutes les écoles : la logique, la physique et l'éthique ou morale. Les platoniciens seuls avaient, comme il paraît, conservé l'habitude d'y joindre encore l'étude des mathématiques; dans leurs cabinets de travail, on voyait des tableaux pour tra* cer les figures, des globes et d'autres objets de l'espèce* ; dans leurs salles de cours, les disciples manifestaient leur désir d'apprendre par des questions de hautes mathématiques', et l'origine des réminiscences mathématiques, dans Aulu-GelleS date probablement du temps où il faisait ses études sous la direction du platonicien Taurus.

 l'école stoïcienne, celle de toutes sur laquelle nous avons le plus de renseignements de l'époque', on commençait, en général, par la logique et la dialectique, bien que les autorités de cette école ne s'accordent pas sur

1 Séaèque, Lettres^ 76, 1 à 4.

* Lucien, iVi^rin^, 2.

3 Pluiarque, De audiendo, c. x; voir aossi Cof^. prœc.j c. xtiil

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