LIVRE XII. — LA raiLOSOPHIE ÉTHIQUE
cisément à laver le corps dû défunt, qui, fidèle aux principes de l'école à laquelle il appartenait, n'avait ni esclaves, ni famille. Galien fonda, en Fan 162 \ sa réputation à Rome, par le rétablissement du péripatéticien Eudème, ftgé de 63 ans *. Presque tous les hommes éminents par le rang et l'éducation se firent un devoir de visiter ce philosophe, pendant sa maladie : notamment Serge Paul, consul pour la seconde fois en 168, et plus tard préfet de la ville ', homme aussi distingué par l'excellence de ses procédés que par son instruction philosophique ^, et le consulaire Flavius Boéthus, qui se livrait avec ardeur à l'étude de la philosophie d'Âristote. Ce personnage, ainsi que l'oncle de Lucius Vérus, Givica Barbarus, consul en 1S7^ et Sévère, consul en l'an 162, de l'école d'Âristote aussi ', se fit donner par Galien des leçons d'anatomie, auxquelles assistaient également, avec d'autres philosophes encore, le péripatéticien Alexandre de Damas et Démétrius d'Alexandrie. Le premier, sectateur d'Aristote plus que de Platon, avait été le professeur de Boéthus en 162, et commença vers 17S à professer publiquement à Athènes*; le second, ami de Favorin, avait pris, comme son maître, l'habitude de parler tous les jours en public, sur des thèmes proposés ^ Favorin lui-même, qui était sceptique, avait les bonnes grâces d'Adrien et réunit autour de lui, sous le règne de ce prince et celui de son successeur, un grand nombre de disciples et d'admirateurs,
' ClintoD, jP. B.y ad a. 162.
' Galien, J>« prxnoLj c. ii, etc.; éd. K, XIV, p. 605, etc.
> Clinton! F. A., ad a. 175.
« Galien, éd. K., Il, 218.
s Galien, XIV, 612, etc.; voir aussi XIX, 13.
• ainton, I. c.
' Galien, XIV, 627.
en partie de haute condition \ Aulu-Gelle, qui s'attacha principalement à lui, mentionne comme ses amis un péripatéticien et un stoïcien, deux philosophes trèsconsidérés à Rome, Tun et l'autre*. Dans la société des savants où il lui arriva, une fois, de passer le temps des grandes chaleurs de Tété à Tibur, il y avait aussi un péripatéticien, appliqué avec ardeur à Tétude d'Aristote '.
Ces fréquentes mentions d'études philosophiques, à Rome, très-nombreuses relativement à la pénurie générale, dans les données sur lesquelles repose notre connaissance des rapports du mouvement intellectuel de Tépoque, et d'autres renseignements d'occasion \ comme par exemple la mention du fait qu'au temps de Trajan on y faisait servir à l'entretien des convives, dans les festins, des dialogues de Platon % amènent à penser que, depuis la fin du premier siècle, un intérêt vif et multiple pour la philosophie avait dû se répandre dans les hautes classes, à Rome, et les rapports de Porphyre % sur le succès que Plotin y eut, montrent que cet intérêt était encore trèsvivant, même à une époque très-avancée du troisième.
Le cours de philosophie ne commençait, pour la plupart des jeunes hommes, qu'après la fin de l'enseignement de la grammaire et de la rhétorique''. Aulu- Gelle, qui resta très - longtemps fidèle à ces études.
* Philoetrate, Vies de$ sophistes, I, 8 ; Aulu-Gelle, XU, l» 1 à 3. ' Aulu-Gelle, XVIU, I.
> IMdem, XIX, 5.
* Voir Teuffd, Histoire de la lUtéraiure des Romains, 336 (en allemand)."
* Voir tome I, p. 319.
« Vie de Plotin, 7 à 9.
^ Quintilien, XII, procBm., 3 : Oratpr adicendi magistris dimissus.... majora sibi auxilia ex ipùs sapienti» penetralibus petit.