CHAPITRE
Cwjmnee h rUninortallié d« l'Ane.
Cbotanck des BOMiiKS INSTRUITS. ~ Négatioti de l'immortalité de Tàme par Pline 1* Ancien. — Les Épicuriens. — Épitaphes matérialistes. — Négation de l'immortalité dans d'autres systèmes. — Foi dans Timmortalité et preuve de celle-ci. — Pythagorisme et platonisme. — Les sceptiques |)armi les gens instruits. — Galien, Quintilien et Tacite. — Gicéron comme représentant des croyants parmi les Romains instruits. — Les stoïciens. Sénèque. — Les platoniciens. Plutarque. — Apulée et Pausanias. — Allusions à la vie de l'autre monde sur des sarcophages et d'autres monuments funèbres.
Groyaftck DBS GENS SANS ihstrvction. — Persistance de l'idée mythologique des enfers. — La croyance au nocher des enfers. — Témoignages relatifs à l'empire des idées qui avaient cours chez le peuple. — La foi populaire altérée par le mélange d'éléments orientaux. — Conception de l'existence d'âmes matérielles. — Idée matérielle des récompenses et des châtiments de l'autre monde.
Groyakcb aux esprits. — On y trouve la preuve que la croyance à l'immortalité de l'âme était généralement répandue. — L'évocation des morts. — La dévotion. «
CovCLUSiOM. — Différences entre la foi des païens de l'antiquité et celle des chrétiens à l'immortalité de l'âme.— La première est tournée du côté de la vie terrestre. — Désir de vivre dans la mémoire de la postérité. — Lacroyance à l'immorti^ité de l'âme n'est pas, dans l'antiquité, une consolation indispensable comme dans le christianisme, ni aussi fortement eu opposition
avec l'incrédulité que daus celui-ci. — La mélancolie et la résignation sont des traits' dominants de la manière dont on considérait la vie, dans l'antiquité.
Partout et dans tous les temps où la croyance à Timmortalité de l'âme n'a pas été déterminée, dans la foi, par une révélation, on a vu le doute, Tincrédulité et la négation de l'immortalité accompagner les différentes formes de cette croyance. Probablement, il y a toujours eu des hommes auxquels la vie ne paraissait supportable qu'autant qu'elle aurait une fin, et qui frissonnaient même à ridée de sa durée éternelle. Il est très-curietu que précisément une des natures les plus énergiques que nous connaissions de la période impériale du monde romain, Pline l'Ancien, repousse, presque avec l'emportement de la passion, la croyance à l'immortalité de Tàme : lui qui jouissait pourtant des avantages d'une existence privilégiée , qui s'appliquait, avec une constance infatigable, à faire de chaque minute de sa^ vie un usage profitable à TÉtat, à l'humanité et à la science, par la recherche de la vérité, et qui trouva, dans la poursuite de ces ten-
dancesf une fin noble et digne de sa vie.
« Pour nous tous, » dit Pline, ce la dernière heure remet les choses absolument dans l'état où elles se trouvaient avant la première ; car il n'y a des sensations et une conscience, pour le corps et pour l'âme, pas plus après la mort qu'avant la naissance. La vanité humaine imagine une continuation de l'existence, dans l'avenir, et invente une vie mensongère après la mort,' tantôt en attribuant à l'âme l'immortalité, tantôt en admettant qu'elle se transforme, en prêtant la conscience aux infernaux, en révérant les mânes et en déifiant des hommes